‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 7 sur 336 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

L'HOMME, seul.

La chose est bien arrangée ainsi. J'avais besoin de quelqu'un de jeune et de fort qui pût me prêter secours, s'il est nécessaire. Ce Gilbert est ce qu'il me faut. — Il me semble que j'entends un bruit de rames et de guitare

sur l'eau. — Oui. (Il va au parapet.)

On entend une guture et une voix éloignée qui chante.

Quand tu chantes, bcrç^c

Le soir entre mes bras ,

Entends-tu ma pensée

Qui te repond tout bas?

Ton doux chant me rappelle

Les plus beaux de mes jours. . . —

Chantez, ma belle.

Chantez toujours!

C'est mon homme.

L»HQMME.

LA VOIX

Elle s'approche k chaque couplet.

Quand tu rïs, sur ta bouche

L'amour s'épanouit,

Et le soupçon farouche

Soudain s'évanouit.

Ah ! le rire fidèle ^

Prouve un cœur sans détours. . .

Riez, ma belle,

Riez toujours !

Quand tu dors, calme et pure.

Dans l'ombre , sous mes yeux , Ton haleine murmure Des mots harmonieux.

Ton beau corps se révèle Sans voile et sans atours. . . — -

Dormez, ma belle.

Dormez toujours!

Quand tu me dis : Je t'aime !

O ma beauté! |e croi. . .

Je crois que le ciel même S*ouvrc* au-dessus de moi !

Ton regard étincelle Du beau feu des amours. . . —

Aimez, ma belle.

Aimez toujours !

Vois-tu ? toute la vie Tient dans ces quatre mots , Tous les biens qu'on envie , Tous les biens sans les maux !

Tout ce qui peut séduire.

Tout ce qui peut charmer : —

Chanter et rire ,

Dormir, aimer !

L'HOMME

Il débarque. Bien. Il congédie le batelier. A merveille! (Revenant sur le devant du th^tre.) — Le voici qui vient.

Entre Fabîmo Fabiani dans son manteau. Il se dirige vers la porte de la maison.

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