‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 82 sur 336 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

ORFEO, GABOARDO, HOMODEI.

ORFEO, examinant Homodei.

Tiens! c'est celui de tout à l'heure.

GABOARDO.

C'est un jeune gentilhomme qui l'a tue, et qui s'en est allé à grands pas quand je suis arrivé. Un beau jeune homme, ma foi.

ORFEO

Est-il tout à fait mort.^

GABOARDO.

11 en a l'air.

ORFEO

Secoue-le donc un peu. — Mais il n'a presque pas coulé de sang de la blessure.

GABOARDO.

Elle n'en est pas meilleure.

HOMODEI, ouvrant les yeux.

Oh! — Où suis-je.»^ Ah! j'étouffe! C'est toi, Orfeo! C'est ton compagnon, cela.^ — Ah! — Prenez ma bourse, là, dans ma poche. Elle est pour vous.

Orfeo le fouille.

GABOARDO, k Orfco.

Ne te donne pas la peine. Je l'ai déjà prise.

HOMODEI.

J'entends que tu Tas déjà prise. C'est bien. Tu parais intelligent. Je vais t'cxpliquer, à toi, ce qu'il faut faire. Il y a une clef aussi dans ma poche. — Oh! tu me fais mal. — C'est égal, prends-la. Bien. C'est la clef de ce tiroir. Va l'ouvrir. Comment t'appeUes-tu ?

GABOARDO.

Gaboardo.

Gaboardo. Bien. Ouvre le tiroir. Il y a un papier. Apporte-le. Bien. Il faudra l'aller porter au podesta, ce papier. En tends- tu .'^ comprends-tu? Au podesta. Ce papier. Oh! je suis mon! Quelque chose pour écrire.

ORFEO

Écrire! qu'est-ce que c'est que cela.»^

GABOARDO.

Nous n'avons rien.

HOMODEI.

Rien pour écrire! Soyez maudits! (11 retombe, puis se relève.) Eh bien, écoutez. Écoute, Gaboardo. Vous irez trouver le podesta, monseigneur Malipieri, avec ce papier, qui est une lettre. Vous entendez.'^ Il vous donnera cent sequins dor. Vous entendez? Vous lui direz, au podesta, que cette lettre est adressée à sa femme, par un amant de sa femme. . . oh! j'étouffe!. . . nommé Rodolfo. Qui s'appelle Rodolfo. Dont 'le nom est Rodolfo. Retenez bien cela. Oh! je vais mourir, mais ma vengeance reste dehors. Oh! si c'est vous qui m'enterrez, vous laisserez mon bras hors de terre, droit et levé, pour figurer ma vengeance. Rodolfo! vous comprenez.^ Allons! qu'est-ce que je vous ai dit.'^ Répétez-le-moi.

GABOARDO.

Vous avez dit qu'on nous donnerait cent sequins d'or.

HOMODEI.

Damnation! Ce n'est pas cela. Tenez-moi la tête, que je vous parle encore. Ecoutez bien. Les cent sequins d'or, le podesta ne vous les donnera que si vous lui dites bien... Ah! — Écoutez. Lui porter la lettre. Au podesta. Sa femme a un amant. Le lui dire. Qui a écrit la lettre. Le lui dire. Qui

s'appelle Rodolfo. Le lui dire. Lui dire tout. Allons! je sens que j'étouffe. Le sang est là. Levez-moi encore la tête. O misère! mourir, et ne pouvoir confier sa vengeance qu'à ces imbéciles! Vous entendez.^ Rod... Rodo...

olfo! (Sa tctc retombe.)

GABOARDO.

Mort. Vite chez le podesta. Cent sequins d'or. Diable! J'ai la lettre .> Oui. Te souviens-tu bien de tout, Orfeo? Dire au podesta que sa femme a un amant, qui a écrit cette lettre, et qui s'appelle?... Comment a-t-il dit.'*

Il a dit Roder igo.

Non , il a dit Pandolfo.

ORFEO

GABOARDO.

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