‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 96 sur 336 · LA TISBE, GABOARDO, ORFEO, UN PAGE NOIR. CATARINA · texte numérisé non relu

LA TISBE, GABOARDO, ORFEO, UN PAGE NOIR. CATARINA

enveloppée d'un linceul, est posée sur le lit. On distingue sur sa poitrine le crucifix de cuivre.

La Tisbe prend un miroir et découvre le visage pâle de Caurina.

LA TISBE, au page noir.

Approche avec ton flambeau. (Elle place le miroir devant les lèvres de Caurina.) — Je suis tranquille ! (Elle referme les rideaux de Talcôvc. — Aux deux guetteurs de

nuit.) — Vous êtes sûrs que personne ne vous a vus dans le trajet du palais ici ?

GABOARDO.

La nuit est très noire. La ville est déserte à cette heure. Vous savez bien que nous n'avons rencontre personne, madame. Vous nous avez vus mettre

le cercueil dans la fosse, et le recouvrir avec la dalle. Ne craignez rien. Nous ne savons pas si cette femme est morte, mais, ce qui est certain, c'est que pour le monde entier elle est scellée dans la tombe. Vous pouvez en faire ce que vous voudrez.

< LA TISBE.

C'est bien. (Au page noir.) — Où sont les habits d'homme que je t'ai dit de tenir prêts?

L£ PAGE NOIR^ montrant un paquet dans Tombre.

Les voici, madame.

LA TISBE.

Et les deux chevaux que je t'ai demandes, sont-ils dans la cour ?

LE PAGE NOIR

Sellés et bridés.

LA TlSBE.

De bons chevaux ?

LE PAGE NOIR

J'en réponds, madame.

LA TISBE.

C'est bien. (Aux guetteurs de nuit.) — Ditcs-moi, VOUS, combien faut-il de temps, avec de bons chevaux, pour sortir de l'état de Venise.'^

GABOARDO.

C'est selon. Le plus court, c'est d'aller tout de suite à Montebacco qui est au pape. Il faut trois heures. Beau chemin.

LA TISBE.

Cela suffit. Allez maintenant. Le silence sur tout ceci! et revenez demain matin chercher la récompense promise.

Les deux guetteurs de nuit sortent.

(Au page noir.) — Toi, va fermer la porte de la maison. Sous quelque prétexte que ce soit, ne laisse entrer personne.

LE PAGE NOIR

Le seigneur Rodolfo a son entrée particulière, madame. Faut-il la fermer aussi? V

LA TISBE.

Non, laisse-la libre. S'il vient, qu'il entre. Mais lui seul, et personne autre. Aie. soin que qui que ce soit au monde ne puisse pénétrer ici, surtout

si Rodolfo venait. Toi-même, fais attention à n'entrer que si je t'appelle. A présent, laisse-moi.

Sort le page noir.

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