Coll. Colbet't, t. VI, p. i
SUR Théophile. 1xxx.v
ce procès fui une des grosses affaires du temps. En mai 1620 eut lieu la fameuse ambassade de Buckingham. Il intercéda pour le poëte. Enfin , malgré les efforts de ses ennemis, un arrêt du i«'" septembre 1626 * mil à néant les défauts, contumaces et jugements donnés contre Théophile, et, pour réparation des cas mentionnés au procès, le bannit à perpétuité du royaume , lui enjoignit de garder son ban à peine d'être pendu et étranglé, et déclara tous ses biens confisqués Le 1 0 septembre, quinze jours de répit lui furent accordés. Quant à l'argent, aux deux chevaux et à l équipage que réclamoil le poëte, il n'en fut pas question. Ce bannissement prouve deux choses : le désir qu avoient les jésuites d'étouffer l'injure du P. Voisin , et aussi, il faut bien le dire, la mauvaise opinion que Messieurs gardèrent de Théophile. Quant à la durée de ce procès, elle nous semble s'expliquer par la confrontation de Sajot. C'est alors que Théonhile fut épié dans son cachot, et sollicité à pécher contre DicK l'ironire sa majesté. ExnccU'lvnnm hominem mort pro populo.
A l'époque de l'arrêt définitif, le duc de Montmorency faisoil le siège de l'île de Hé. La guerre avoit recommencé entre les réformés et les troupes royales. Paul, le frère du poëte, resté fidèle à sa religion, avoit été pris dans un combat contre le duc d'Elbeuf par des personnes qui connoissoient Théophile. Paul do Viau avoit été trouvé au milieu des cadavres, couvert de sang et de poussière, dépouillé de ses armes. Il fut mis en liberté moyennant rançon. Son frère lui écrivit pour l'exhorter à quitter le parti. Les chefs n'avoient d'autre religion que celle de leurs intérêts, et il subissoit la croyance de sa nourrice et de ses précepteurs. Paul de Viau s'étoit montré dévoué à son frère pendant sa captivité,
11 s'agissoit de ruiner La Rochelle, et Théophile suivit le duc de Montmorency, qui, sans doute, étoit re-