‹ Œuvres complètesChapitre 62 sur 65 · LES NAUTONNIERS · texte numérisé non relu

LES NAUTONNIERS

les Amours plus mignars à nos rames se lient, Les Tritons à l'eûvy nous viennent caresser, Les vents sont modérez, les vagues s'humi-

[lient Par tous les lieux de l'onde où nous voulons passer.

Avec nostre dessein va le cours des estoilles, L'orage ne faict point blesmir nos matelots, Et jamais Alcion sans regarder nos voiles Ne commit sa nichée à la mercy des flots.

Nostre Océan est doux comme les eaux d'Euphrate ; Le Pactole, le Tage, est moins riche que luy, Icy jamais nocher ne craignit le pirate, Ny d'un calme trop long ne ressentit Tennuy.

Sous un climat heureux, loin du bruit du tonnerre, Nous passons à loisir nos jours délicieux , Et là jamais nostre œil ne désira la terre , Ny sans quelque desdain ne regarda les cieux.

Agréables beautez pour qui l'amour souspire, Esprouvez avec nous un si joyeux destin. Et nous dirons par tout qu'un si rare navire Ne fut jamais chargé d'un si rare butin.

28o Les princes de Cvpre.

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