I .'v moindre corridors ont leurs nQagniflcenC( s et. leur
iiô : quant à la salle à manger, clic est <\'uw luxe
oit; huit cariatides colossales do sexe alterné vous
lent prendre i roua intimident de leurs
i bl m''. I Iles Bupportenl un plafond î ,t d'une richesse folle al que restons,
i iitls imitation de pierres pi< :
île do. lire plus brillantes que ne le serait la réalité. Ces peintures, dont on n'a aucune idée en France, ont été faites par un certain décorateur nommé Alfonso, mort depuis deux ans à peu près. C'est tout ce que nous avons pu savoir sur lui. Nous avons décrit cet hôtel avec détail. Il pourra donner une idée du i^xe de Milan. Nous y sommes resté deux jours, admirablement logé, nourri et servi pour un prix fort raisonnable.
Il est tellement dans l'usagvj des voyageur? de médire de leurs hôtes et des hôtelleries où ils s'arrêtent, que nous rendons ici à ce suoerbe k4 ablissement la justice qu'il mérite. Nous aurons assez de descriptions d'un genre tout différent pour faire contrasta
MILAN, LE DOME, LE THEATRE DIUhNi
L° Dôme es! la préoccupation naturelle de tout voyageur qui arrive à Milan. Il domine la ville, il en est le centre, l'attraction el la merveille. C'est là qu'on court tout de suite, même la nuit quand il ne fait pas de lune, pour en saisir au moins quelques profils.
La piaxza <l<-l Duomo, assez irrégulière dans sa forme, esl bordée de maisons don! il est d'usage de dire du mal; pas de guide du voyageur qui ne demande qu'elles soient i pour m faire une grande place symétrique dans le
goût Rivoli. Nous ne sommes pas de cet avis. Ces maisons, avec leurs piliers massifs, leurs bannes couleur de safran foisanl face à des bâtisses sans ordreet d'inégales hauteurs, foi nient un très bon repoussoir pour la cathédrale. Les êdi- : I erdent souvent plus qu'ils i il à être désob-
. <)n a pu s'en convaincre par plusieurs monuments gothiques auxquels 1rs échoppes el les masures qui s'y étaient agglutinées ne nuisaient pas comme on avait pu le tpas, d'ailleurs, le cas du Dôme, qui est I tement isolé : mai- nous pensons que rien n'est plus i ble .1 mi palais, à \iw>' église el à tout édifice i
ie d'eu ■• entouré de constructions in< olicrcntesquj
i la noble oul>\\\i.iu<:c.
Quand on regarde le Dôme de la place, le premier effet est éblouissant : la blancheur du marbre, tranchant sur le bleu du ciel, vous frappe tout d'abord; on dirait une 'mmense guipure d'argent posée sur un fond de lapis laiuli. C'est la première impression, et c'est aussi le dernier souvenir. Lorsque nous pensons au Dôme de Milan, c'est ainsi qu'il nous apparaît. Le Dôme est une des rares églises gothiques de l'Italie, mais ce gothique ne ressemble guère au nôtre. Ce n'est pas cette foi sombre, ce mystère inquiétant, cette profondeur ténébreuse, ces formes émaciées, cet élancement de la terre vers le ciel, ce caractère d'austérité qui répudie la beauté comme trop sensuelle et ne prend de la matière que ce qu'il en faut pour faire un pas au-devant de Dieu; c'est un gothique plein d'élégance, de grâce et d'éclat, qu'on rêverait pour les palais féeriques, et avec lequel on pourrait bâtir des alcazars et des mosquées aussi bien qu'un temple catholique. La délicatesse dans l'énormité et la blancheur lui donnent l'air d'un glacier avec ses mille aiguilles ou d'une gigantesque concrétion de stalactites ; on a peine à croire que ce soit un ouvrage fait de main d'homme.
Le dessin de la façade est des plus simples : c'est un angle aigu comme le pignon d'une maison ordinaire, et bordé d'une dentelle de marbre, portant sur un mur, sans avant-corps, sans ordre d'architecture, percé de cinq portes et de huit fenêtres et rayé de six groupes de colonnes fuselées, ou plutôt de nervures se terminant en pointes évidées surmontées de statues, et remûlis. dans leurs interstices de consoles et de niches supportant et abritant des figures d'anges, de saints et de patriarches. Par derrière jaillissent en innombrables fusées, comme les tuyaux d'une grotte basaltique, des forêts de clochetons, de pinacles, de minarets, d'aiguilles en marbre blanc et la flèche centrale, qui semble une congélation cristallisée en l'air, s'élance dans l'azur à une hauteur effroyable, et met à deux pas du ciel la Vierge qui se tient debout à sa pointe, le
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pied sur un croissant. Au milieu de cette façade sont incrits ces mots : Mariœ ruucenh', qui forment la dédicace de h cathédrale.
Commencée par Jean Galéas Visconti, continuée par Ludovic le More, la basilique de Milan a été terminée par
Napoléon. C'est la plus grande église connue après Saint- Pierre de Home : l'intérieur en est d'une simplicité majestueuse et noble. Des rangées de colonnes couplées y forment cinq nefs. Ces groupes de colonnes, malgré leur masse réelle, ont de la légèreté à cause de la sveltesse des fûts. Au-dessus du chapiteau des piliers, ils portent une espèce de tribune fenestrée et découpée où sont logées des statues de saints; puis les nervures continuent et vont se rejoindre au sommet de la voûte, ornée de trèfles et d'entrelacs gothiques peints avec une si grande perfection, qu'ils tromperaient tous les yeux si le crépi tombé par place ne laissait pas voir la pierre nue.
Au centre de la croix, une ouverture entourée d'une balustrade permet au regard de plonger dans la chapelle cryptique où repose saint Charles Borromée dans un cercueil de cristal recouvert de lames d'argent. Saint Charles Borromée est le saint le plus révéré du pays. Ses vertus, sa conduite pendant la peste de Milan, l'ont rendu populaire, et son souvenir est toujours vivant.
A l'entrée du chœur, sur une travée qui supporte un crucifix accompagné d'anges en adoration, on lit dans un cadre de bois l'inscription suivante: Attcndite ad petratn undc cicisi estis. De chaque côté s'élèvent deux magnifiques chaires de même métal, soutenues par de superbes bronza et plaquées de bas-reliefs d'argent dont itière fait la moindre valeur. Les orgues, placées non loin des chaires, ont pour volets de grands tableaux de i i, s! notre ne moire n'est pal en défaut; autour
du chœur régne unCfontn de la C ulplé par André
! quelques autres Statuaires milanais eomine lui. Lel
qui marOUenl les stations, oui um> grande
variété d'attitudes, et sont charmants, quoique d'une grâce un peu efféminée.
L'impression générale est simple et religieuse ; une lumière douce invite au recueillement ; les grands piliers montent jusqu'à la voûte avec un jet plein d'élan et de foi; aucun détail apparent ne vient détruire la majesté de l'ensemble. Point de surcharge, point d'empâtement de luxe : les lignes se suivent d'un bout à l'autre, et le dessin de l'édifice se comprend d'un seul coup d'œil. L'élégance superbe du dehors semble se voiler de mystère et se faire plus humble ; le bruyant hymne de marbre abaisse un peu la voix et modère ses éclats : l'extérieur, à force de légèreté et de blancheur, est peut-être païen ; l'intérieur est chrétien à coup sûr.
La sacristie renferme un trésor qui ne peut pas nous étonner, nous qui avons vu la garde-robe de Notre-Dame de Tolède, dont une seule robe, entièrement couverte de perles blanches et noires, vaut sept millions, mais qui n'en contient pas moins des richesses inouïes. Nous citerons d'abord, parce que l'art passe toujours avant l'or et l'argent, un beau Christ à la colonne, de Cristoforo Gobi, Milanais, et un tableau de Daniel Grespi représentant un miracle de saint Charles Borromée, œuvre d'une violence toute magistrale et d'une grande férocité de tournure ; puis nous mentionnerons les bustes d'argent des évêques, de saint Sébastien et de sainte Thècle, patronne de la paroisse, tout constellés de rubis et de topazes; une croix d'or étoilée de saphirs, de grenats, de topazes brûlées et de cristal de roche ; un magnifique Évangile datant de 1018, donné par l'archevêque Ribertus, tout en or et portant sur sa couverture, ciselé en style byzantin, un Christ à jupon accompagné de quatre figures symboliques, le lion, le bœufL l'aigle et l'ange; un seau pour puiser l'eau bénite, en ivoire travaillé de la façon la plus délicate et garni d'anses de vermeil figurant des chimères ; un ciboire de Benvenuto Cellini, prodige d'élégance et de fmesse; la mitre en
plume de saint Charles Borromèe, et des tableaux de soie »le Ludovico Pellegrini.
Dans le coin d'une nef, avanl de mouler au dôme, nous Jetâmes un coup d'oeil sur un tombeau historié de figures illégoriques coulées en bronze par le cavalier Aretin, sur les destins de .Michel-Ange, d'un style violent et Buperbe. Du arrive d'abord sur le toit de l'église en gravissant un escalier garni à tous ses angles d'inscriptions préventives lu comminatoires, qui ne prouvent pas beaucoup en ia- Ntiir de la pieté et de la propreté italiennes.
Ce toit, tout hérissé de clochetons et côtoyé d'arcs-boutants qui loi nient des corridors en perspective, est fait de grandes dalles de marbre, comme le reste de l'édifice. 11 s'élève déjà bien au-dessus des plus hauts monuments de la ville. Un bas-relief de la plus fine exécution s'enclave dans chaque arc-boutanl ; chaque clocheton est peuplé de cinq statues. .Nous ne croyons pas qu'aucun autre endroit du monde renferme dans le même espace un si grand nombre de figures sculptées. Ou ferait à une ville importante une population de marbre avec les statues du I)ôme; on en compte Bil mille sept cent seize. Nous avions entendu parler d'une église de Morée, peinte à l;i manière byzantine, par les moines du mont Athos, et qui ne conti'ii :it pas moins de trois mille figures, grandes ou petites, (.'est peu de chose à côté de la cathédrale de Milan. A propos de personnages peints ou sculptés, nous avons eu souvent cette chin. aurais nous étions investis d'un pouvoir magique, d'animer toutes !es figures créé l'.iri dans le granit, dans la pierre, sur le bois et sur la
toile, et d'en remplir un pays dont les site- seraient des
de lableaui n Les multitudes sculptées du
remirent celte fantaisie en télé. Parmi ces statues, il yen a une de Canova, un Saint Sébastien logé dans une aiguille, et mir Evet de Cristoforo Gobi, d'une grâce ( bai mante et sensuelle, qui étonne un peu dans nu pareil i Ile est fort belle, et iuz du ciel
ne paraissent nullement scandalisés de son vêtement paradisiaque.
De celte plate-forme l'on découvre un panorama immense : on voit en même temps les Alpes et les Apennins, les vastes plaines de la Lombardie, et l'on peut avec une lunette régler sa montre sur le cadran de l'église de Monza, dont on distingue les assises blanches et noires. C'est à Monza qu'on garde la fameuse couronne de fer que Napoléon posa sur sa tête lorsqu'il se fit sacrer, roi d'Italie, en disant : « Dieu me la donne ; gare à qui la touche! » Cette couronne est en or et en pierres précieuses, comme toutes les couronnes, et doit son nom à un petit cercle de fer qui la ferme, et qu'on prétend forgé avec un clou de la vraie croix, ce qui en fait un joyau et une relique. Il faut une permission spéciale pour la voir, depuis qu'elle a pris une nouvelle valeur en touchant ce front auguste; mais on en montre une copie parfaitement exacte. Le guide nous racontait tout cela au pied d'un clocheton et dans un français qui nous faisait préférer son italien. Il nous disait à chaque instant : « Monsieur le chevalier, » à cause d'un petit bout de ruban rouge noué à notre boutonnière, espérant sans doute nous attendrir à l'endroit du zwantzigpar cette qualification flatteuse. C'est la première fois qu'on nous a décerné ce titre honorifique, à quatre cents marches au-dessus du pavé. Quel honneur!
L'ascension dans la flèche découpée et trouée à jour n'a rien de périlleux, quoiqu'elle puisse alarmer les gens sujets au vertige. De frêles escaliers tournent dans les tourelles, et vous amènent à un balcon au delà duquel il n'y a plus que le pyramidion de la flèche et la statue qui couronne l'édifice.
Nous n'essayerons pas de décrire plus en détail cette gigantesque basilique. Il faudrait un volume pour sa monographie. Simple artiste, nous devons nous contenter d'un aspect général et d'une impression personnelle. Quand on est redescendu dans la rue et qu'on fa>! le lou? de l'é-
55 VOYAGE r,\ ITALIE.
glise, on retrouve sur les façades latérales et l*abside la même foule de Btatues, la même cohue de bas-reliefs : c'est une débauche effrénée de sculptures, un entassemeat incroyable de merveill
Alentour de la cathédrale prospèrent toutes sortes de petites industries, des étalages de bouquinistes, d'opti- Ciens en plein vent, et même un théâtre de marionnettes dont nous nous promîmes bien de ne pas manquer les tentations. La rie humaine avec ses trivialités s'agite et fourmille au pied du majestueux édifice, feu d'artifice pétrifié qui éclate en blanches fusées dans le ciel; toujours le même contraste de la sublimité de l'idée et de la grossièreté du fait. Le temple du Seigneur donne de l'ombre à la baraque de Polichinelle.
Noire méthode, en voyage, est d'errer au hasard à tral ues, comptant sur le bonheur des rencontres. Dans la rue des Omenoni, notre bonne étoile nous fit tomber sur une façade qui aurait charmé notre ami Auguste Préauit: l'entablen eut écrase de son poids six cariatides énormes le Btyle de Michel-Ange et de Puget, rendu plus flamboyant encore par les exagérations de la décadence. Imaginez les musculatures les plus ronflantes, les entrelacements de nerfs les plus herculéens, les torses les plus noueux. Ie> pectoraux les plus athlétiques, et vous n'atteindrez pas encore à la réalité; quant aux têtes, elles sont incultes, hérissées, sauvages, roulant des yeux sinis- I . dei sourcils en broussaille et semblant grom-
I de révolte dans leurs barbes désordonnées : Chacune de ces figures porte le nom d'un peuple barbare vaincu : Suevns,Ouadus, Kduaniis, Parlhus, Sarmata, Mar-
comanus. .Nous engageons les statuaires romantiques qui
it Milan à l'aire une visite au n I 723 de la rue
i Omenoni.
a Milan, presque toutes les boutiques portent sur leur mmandation : i Àncii nne maison de..., ne hôtellerie de*..., incien café de.... i Gués nous
VOYAGE EN ITALIE. ti
Ton mettrait : « Nouveau magasin, nouveau café. » Les débits devin, au lieu d'èlre barbouillés de rouge, comme en France, sont indiqués par des couronnes de pampre et de raisins d'un joli effet; les marcbands de pastèques arrangent aussi fort agréablement leur étalage. Les pastèques entamées laissent voir leur pulpe rose sur laquelle oruine un petit jet d'eau m;nce comme un cheveu, ou bien la chair du fruit, dégagée de sa peau, est taillée en colonne surmontée d'un morceau de glace pour chapiteau ; rien n'est plus frais à l'œil que ce mélange d ecorces vertes et de tranches vermeilles ; la pastèque ne ressemble en rien à nos melons ; l'intérieur en est rempli par une espèce de moelle neigeuse d'un ton rose, d'où jaillit une eau sucrée et fraîche. Quoique assez agréable lorsqu'il fait chaud, la pastèque se mange autant avec les yeux qu'avec la bouche ; elle séduit le goût par la vue. La tranche se vend quelques centimes et fait le régal du petit peuple.
Tout en flânant, nous lisions les affiches des libraires, et nous regardions les titres des ouvrages exposés. Nous fûmes très-étonné d'y voir les œuvres politiques de Lamartine, de Louis Blanc, les Mémoires de Caussidière, les 52 petits livres de M. Emile de Girardin, et une foule de traités sur des matières dont nous aurions cru la discussion interdite ici. Nous ferons aussi la remarque que les ouvrages sur le droit, l'économie politique, la statistique et autres sujets analogues l'emportent en nombre sur la littérature et la poésie proprement dites. Pourtant l'on trouve partout les Alexandre Dumas, et, ce qui est plus étrange, les romans socialistes d'Eugène Sue, les Mystères de Paris et le Juif-Errant. Pour ne laisser aucun doute sur la tolérance de la police à cet égard, une grande pancarte annonçait à tous les angles de carrefour au théâtre de jour du jardin public, une représentation extraordinaire : la Punition et la mort de Rodin par le choléra, épisode du Juif-Errant. Un tableau dans le style des portraits
M TOTAGE IN ITALIE.
de femmes sauvages et de serpents boas montrait le misérable en proie aux convulsions de l'agonie, el faisant, comme moyen d'attraction, desgrimaces effroyables. Nous ne pouvions manquer un pareil spectacle, crantant que la Se ila était fermée, et que les théâtres secondaires ne jouaient pas ce jour-là*