NOUVELLE ÉDITION
Nous offrons, aux chrétiens et aux lettrés, une nouvelle édition, la dix-septième à notre connaissance, des Œuvres du V. P. Claude de la Colombière, né à Saint-Symphorien-d'Ozon, près de Lyon, le 2 février 1641, mort à Paray-le-Monial, en odeur de sainteté, le 15 février 1682 (1).
Divers motifs nous ont excité à présenter de nouveau aux âmes chrétiennes, dans les temps troublés que nous traversons, les Sermons, les Méditations, les Retraites spirituelles et les Lettres spirituelles de ce grand Serviteur
de Dieu.
Le premier motif est que ces ouvrages, lus avec
(1) La première édition comprenait quatre volumes de Sermons, in-8° un volume de Réflexions chrétiennes, in-8° ; une Retraite spirituelle en un volume in-12°. Les éditeurs furent Anisson, Posuel et Rigaud, de Lyon. L’impression s’acheva le 26 mars 1684. Une autre édition s’imprimait en même temps, à Paris, chez François Muguet.
De nouvelles éditions parurent en 1687, 1689, 1692, 1694, 1697, 1702, 17161739:
En 1715, Jacques Lions et Louys Bruyset, de Lyon, donnèrent un premier, puis un second volume de Lettres spirituelles, in-12, ils renouvelèrent cette édition en 1725.
Les dix premières éditions des Œuvres n'étaient que de nouveaux tirages de l'édition de 1684 : les changements de l’une à l’autre se
enthousiasme et grand fruit à leur apparition, étaient en danger de périr, au moins en partie. Le texte de l'auteur, conservé intégralement, de 1684 à 1739, fut modifié en 1757. Sous l'empire du goût du jour, on retoucha, disons-le, on altéra ces écrits. Ils étaient sortis pourtant de la plume de l’un des hommes qui, au jugement de Patru, « saisissait le mieux les finesses de notre langue ». On les publia dans cette forme altérée, avec la bonne intention d'empêcher que « dans le christianisme et parmi les personnes pieuses, on ne lût plus les ouvrages du Père de la Colombière ». « Cette nouvelle édition des Sermons du P. de la Colombière, disait-on dans la préface, n’est pas une simple réimpression; ce n’est pas, néanmoins, une refonte entière de tout l'ouvrage, moins encore une augmentation de nouveaux discours ajoutés aux anciens. On reverra dans le même ordre le même nombre de Sermons, de Méditations et de
bornent à la correction de fautes d’orthographe ou d'impression. Aussi, les exemplaires vendus se composent-ils souvent de volumes imprimés à des dates différentes.
En 1757 s'ouvre une série de nouvelles éditions, au texte remanié et considérablement altéré. La première comprenait 6 volumes, in-12e.
Après la Révolution française, quand on revint aux Œuvres du V. P. de la Colombière, ce fut cette déplorable édition de 1757 que l’on reproduisit. (Seguin, Avignon 1832, 7 vol. in-12° ; Thibaud, Clermont-Ferrand, 183%, 7 vol:, in-12°; — Périsse, Lyon, 1864, 7 vol., in-12% ; — Migne, Oraieurs sacrés, t. VID.
‘Il y a eu, en outre, dass les trente dernières années, plusieurs éditions des Retraites, des Lettres et des Méditations.
A part quatre lettres autographes et un fragment d’une cinquième, les manuscrits du V. P. de la Colombière sont inconnus. Il y a donc eu nécessité pour nous de prendre l'édition de 1684 et l'édition des Lettres de 1715 comme texte original. Toutefois, pour les Retraites, nous avons suivi une copie manuscrite faite, pensons-nous, sur le manuscrit autographe.
Se
Réflexions chrétiennes qu’on a vu dans les éditions précédentes ; et partout on reconnaitra les mêmes plans, la même manière de penser, le même style même qui a été conservé autant qu’il a été possible dans les corrections qui y ont été faites de quelques façons de parler qui ont paru surannées en plusieurs endroits. » On aurait su gré à l'éditeur de corriger çà et là une expression vieillie, triviale ou trop familière. Mais s’il a conservé le même nombre de discours et les mêmes plans de ces discours, il n’a su garder, ni la manière de penser, ni le style de l’auteur dans ses corrections. Il a gâté le style et profondément altéré l'esprit de ces ouvrages.
Après la Révolution française, on revint à l’étude des Œuvres du Serviteur de Dieu et-on les réimprima. Mais on ne rechercha pas les éditions primitives et l'on reproduisit celle de 1757.
Nous avons signalé cinq éditions de cette contrefaçon des écrits du V. P. de la Colombière. C’est surtout par elles qu'ils sont connus aujourd’hui. En outre ces éditions, sauf celle des Orateurs sacrés, sont imprimées d’une manière qui en rend la lecture difficile. Aussi, peu de personnes y vont-elles chercher actuellement l'aliment spirituel élevé et fortifiant qu'elles y trouveraient.
Un second motif nous a guidé. L'auteur de ces Œuvres ne tardera pas, on l'espère, à prendre rang parmi les bienheureux. Déjà le Souverain Pontife a publié le décret (1) proclamant qu'il a pratiqué jusqu’à
(1) Le 11 août 1901.