QUE
sa mort toutes les vertus chrétiennes au degré héroïque. Ce décret assure sa béatification pour le jour où les défenseurs de sa cause, en prouvant la réalité de quatre miracles opérés par l’intercession du Serviteur de Dieu, auront montré la volonté du ciel de l’élever à cette sublimité de gloire. N'est-ce pas le moment d'offrir à cette homme, qui fut si parfaitement humble ici-bas, quelque hommage public, en signe de joie à l'approche de son triomphe, d’admiration pour sa sainteté, de désir de répandre l'esprit qui l’a porté à une si haute perfection ? Nul hommage ne paraissait lui devoir être plus agréable que la conservation intégrale et la diffusion de ses écrits. Ils ont été les instruments de son zèle pour éclairer et pour embraser d'amour divin les âmes qui se sont élevées, sous sa conduite, à la pratique des plus hautes vertus. Mais comment lui offrir cet hommage ? Nous avons entrepris de reproduire, en une forme plus parfaite qu’on ne l'avait fait jusqu'ici, le texte des éditions originales de toutes (1) ses Œuvres. Nous avons la joie de voir cette entreprise réalisée, grâce à des concours de sympathie et de générosité pour lesquels nous exprimons ici notre vive reconnaissance à tous ceux qui nous les ont accordés.
(1) Nous laissons cependant de côté une œuvre de polémique qui ne pourrait être publiée qu’accompagnée du libelle auquel elle répond, libelle misérable qu'il vaut mieux laisser dans l’ombre, par égard pour le haut personnage dont il engage la responsabilité. Une indication manuscrite, datée de 1694, attribue cette réponse au V. P. de la Colombière. Le style et la mention du Sacré-Cœur dans l’opuscule confirment l'indication manuscrite.
Le R. P. Barthélemy Roy, S. J., a su découvrir la réponse et le nom de son auteur.
NV
Mais voici notre motif principal. En rétablissant dans leur forme primitive les écrits du V. P. de la Colombière, nous désirons contribuer à remettre dans la lumière où nous estimons qu'elles doivent être, les Œuvres d'un homme qui fut, nous allons le montrer, un grand saint et un grand orateur, jugé digne d'occuper un rang distingué parmi les écrivains du xvire siècle.
Claude de la Colombière a été un grand saint. Il fut, durant sa vie, en réputation de sainteté auprès de tous ceux qui le connurent. Désigné communément par le terme de «saint religieux », il était appelé encore, à Paray, & saint directeur », & séraphin embrasé de l'amour de Dieu. » La cour de Charles II, si rebelle pourtant à la vie chrétienne, le nommait absolument « le saint ». |
Dix mois après son décès, son premier historien écrivait, au sujet de ses funérailles : « La grande idée qu’on avait conçue de sa vertu éclata à sa mort par des témoignages singuliers de vénération. Le magistrat demanda son corps pour lui consacrer un monument dans l'église de la paroisse... On lui rendit avec empressement ces honneurs qui distinguent la sainteté; et aujourd’hui son tombeau est comme le dépositaire des vœux et de la piété des fidèles d’alentour. »