‹ Œuvres complètesChapitre 101 sur 475 · Le duc de Villars était gouverneur de Provence · texte numérisé non relu

Le duc de Villars était gouverneur de Provence

2. La capitulation de l'armée saxonne, du 15 octobre 1756. 3. Le baron de Kniphausen.

&. Le marquis de Florian; voyez la lettre du 31 mai 1751.

tante, et n’imaginant pas qu’il pôt sortir de ma tête un avis dont on püût faire usage dans ce beau métier de détruire l'espèce humaine. Il a pris la chose sérieusement. Il m’a demandé un modèle; il l’a porté à M. d’Argenson. On l’exécute à présent en petit; ce sera un fort joli engin. On le montrera au roi. Si cela réussit, il y aura de quoi étouffer de rire que ce soit moi qui sois l’auteur de cette machine destructive. Je voudrais que vous commandassiez l’armée, et que vous tuassiez force Prussiens avec mon petit secret.

J'ai eu la vanité de souhaiter qu’on sût mes nobles refus à votre cour. J'aurais celle d'aller à Vienne, si j'étais jeune et ingambe, et si je n'étais pas dans mes Délices avec votre servante; mais je suis un rêveur paralytique, et je mourrai de douleur de ne pouvoir vous faire ma cour avant de mourir. Je n'ai de libre que la main droite ; je m’en sers comme je peux pour renouveler mon très-tendre respect à mon héros, qui daignera me conserver son souvenir.

Aux Délices, 1° novembre.

Mon très-cher ange, il y a longtemps que je ne vous ai parlé du fripot ‘, M. le duc de Villars est venu de Provence dans mon ermitage, et il a insisté sur Zulime comme vous-même. Je l'avais engagé à venir se faire guérir, par le grand Tronchin, d’un petit rhumatisme que le soleil de Marseille et d’Aix n'avait pu fondre. À peine est-il arrivé que j'ai été pris d'un rhumatisme général sur tout mon pauvre corps, et notre Tronchin n’y peut rien. II me reste une main pour vous écrire ; mais il n’y a pas chez moi une goutte de sang poétique qui ne soit figée. Heureusement nous avons du temps devant nous. Vous savez comment s’est terminée la pièce de Pirna?, par des sifflets. Il a rendu enfin le livre de Poësie? ; le voilà libre, sans armée et sans argent. On est désespéré à Vienne. Le diable de Salomon l'emporte et l’'emportera. S'il est toujours heureux et plein de gloire, je serai justifié de mon ancien goût pour lui; s’il est battu, je serai vengé.

1. Voltaire désignait ainsi la Comédie française en particulier, et quelquefois aussi ce qui concernait le théâtre en général.

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