DE MADAME DENIS A LEKAIN
Février 1751.
Votre lettre, monsieur, m'a fait un plaisir extrême : l'éloignement ne me jait oublier ni vos grands talents, ni mon ancienne amitié pour vous. On nous mande de toute part que vous vous surpassez encore dans Sémiramis ; on dit aussi que M"° Dumesnil y fait des merveilles.
Mon oncle écrira certainement à M. le maréchal de Richelieu pour le congé que vous demandez : il n’a pu le faire jusqu’à présent, n’ayant pas cru convenable de lui parler de comédie dans un moment où le roi a donné de si justes alarmes à toute la France. 11 me charge de vous dire qu'il lui écrira incessamment. Si vous passez par Lyon, vous seriez bien aimable de venir nous voir quelques jours aux Délices. Vous les trouveriez bien mieux nommés actuellement qu'ils n'étaient autrefois, et vous y trouveriez deux. personnes qui vous aiment toujours. Nous nous arrangerions pour que votre voyage ne vous coûtât rien, et nous pourrions jouer ensemble devant mon