Auguste-Guillaume, mort en juin
prince de Prusse. 11 prit Gabel, où étaient quatre bataillons prussiens, et marcba à Zittau. Le prince décampa pour aller au secours de cette ville. Il perdit les équipages et les pontons, les voitures étant trop larges et ne pouvant passer par les cheminsétroits des montagnes. Il arrivaà temps pour sauver la garnison, et une partie du magasin. Le roi fut obligé de rentrer en Saxe. Les deux armées combinées campèrent à Bautzen et Bernstadt; celle des Autrichiens, entre Gorlitz et Schonaw, dans un poste inattaquable. Le 147 de septembre, le roi marcha à l'ennemi pour tâcher de s'emparer de Gorlitz. Les deux armées en présence se canonnèrent sans effet; mais les Prussiens parvinrent à leur but, et prirent Gorlitz. Ils se campèrent alors depuis Bernstadt, sur les hauteurs de Jauernick, jusqu’à la Neiss, où le corps du général Winterfeld commençait, s'étendant jusqu’à Radomeritz. L'armée du prince de Soubise, combinée avec celle de l'empire, s'était avancée jusqu’à Erfurt. Elle pouvait couper l’Elbe, en se postant à Leipsick, ce qui aurait rendu la position du roi fort dangereuse. ]1 quitta donc l’armée, dont il donna le commandement au prince de Bevern, et marcha avec beaucoup de précipitation et de secret sur Erfurt'. Il faillit à surprendre l’armée de l'empire; mais ces troupes craintives s’enfuirent en désordre dans les défilés impénétrables de la Thuringe, derrière Eisenach. Le prince de Soubise, trop faible pour s’opposer aux Prussiens, s’y était déjà retiré. Ce fut à Erfurt, et ensuite à Naumbourg, où le destin déchatna ses flèches empoisonnées contre le roi Il apprit l’indigne traité? conclu par le duc de Cumberland, la marche du duc de Richelieu, la mort et la défaite de Winterfeld®, qui fut attaqué par tout le corps de Nadasti, consistant en vingt-quatre mille hommes, et n’en ayant que six mille pour se défendre; l’entrée des Autrichiens en Silésie, et celle des Suédois dans l’Ucker-Marck #, où ils semblaient prendre la route de Berlin. Joignez à cela la Prusse, depuis Memmel jusqu'a Kœænigsberg, réduite en un vaste désert : voilà un échantillon de nos infortunes. Depuis, les Autrichiens se sont avancés jusqu’à Breslau L’habile conduite du prince de Bevern les a empêchés d’y mettre le siége. Ils sont présentement occupés à celui de Schweidnitz. Un de leurs partis, de quatre mille hommes, a tiré des contributions de Berlin même. L'arrivée du prince Maurice 5 leur a fait vider le pays du roi. Dans ce moment, on vient me dire que Leipsick 6 est bloqué; mon frère de Prusse y est fort malade: le roi est à Torgau; jugez de mes inquiétudes et de mes douleurs; à peine suis-je en état de finir cette lettre. Je tremble pour le roi, et qu’il ne prenne quelque
1. Ce fut à Erfurt que Frédéric composa son Épftre au marquis d’Argens, citée plus haut.