Voyez plus bas la lettre
218 CORRESPON E.
est-il à Paris, comme on le 4 mort, c'est ce qui pourra m'’ar-
suis bien curieux. Je vou:
finis parce que la poste
nous rendons service, M
et nous allons jouer €” 11C I, ROI DE PRUSSE!. Mille tendres resr
WILHELMINE
(Buttstedt) 9 octobre 1751.
3499. — DE sfit, et né pour la souffrance; | stia j'oppose ma constance.
ets, je suis bien loin de condamner Catou et
Vos lettres . “y de beau moment en sa vie que celui de sa mort.
si fort accabl: s surprise qu' yes que si j'étais Voltaire, soient bier £. particulier comme lui, dans le” Me contentant du nécessair®—, chaîner #3 voltiger la fortune légère, ferai « Et m'en moquerais aujourd'hui.
. Je connais l’ennui des honneurs, siens seau des devoirs, le jargon des flatteurs, dre Ces misères de toute espèce,
p' | Et ces détails de petitesse 3 sat il faut s'occuper dans le sein des grandeurs.
Je méprise la vaine gloire, Quoique poëte et souverain.
Quand du ciseau fatal, en tranchant mon destin, Atropos m'aura vu plongé dans la nuit noire, Qu'importe l’honneur incertain De vivre après ma mort au temple de Mémoire ? Un instant de bonheur vaut mille ans dans l’histoire. Nos destins sont-ils donc si beaux?
Le doux plaisir et la mollesse, La vive et naive allégresse, Ont toujours fui des grands la pompe et les travaux. Ainsi la fortune volage N'a jamais causé mes ennuis, Soit qu’elle me flatte ou m'outrage, Je dormirai toutes les nuits En lui refusant mon hommage.
Mais notre état fait notre loi; Il nous oblige, il nous engage À mesurer notre courage Sur ce qu'exige notre emploi.
Voltaire dans son ermitage, Dans un pays dont l'héritage Est son antique bonne foi, Peut s'adonner en paix à la vertu du sage,
4. 11 parait que cette lettre fut longtemps en route; Voltaire n'y répondit que le 13 novembre, voyezW° 3449.
nt Platon nous marqua la loi.
r moi, menacé du naufrage, - dois, en affrontant l'orage, Penser, vivre, et mourir en roi.
Fénénici.
Le 16 octobre.
ACcablée par les maux de l'esprit et du corps, je ne puis vous écrire . une petite lettre. Vous en trouverez une ci-jointe? qui vous récompen- “era au centuple de ma brièveté. Notre situation est toujours la même : un tombeau fait notre point de vue. Quoique tout semble perdu, il nous reste des choses qu’on ne pourra nous enlever : c’est la fermeté et les sentiments du cœur. Soyez persuadé de notre reconnaissance, et de tous les sentiments que vous méritez par votre attachement et votre façon de penser, digne d'un vrai philosophe.
WIiLHELMINE.
PASTEUR À BERNE
Aux Délices, 16 octobre.
Mon cher ami, votre paquet doit être à Lausanne, avec celui de M. Polier de Bottens. Je lui écris pour qu’il vous le fasse tenir. Vos occupations sont tranquilles et agréables, tandis que le mal moral et le mal physique inondent la terre. On croyait le 7, à Strasbourg, qu’il y avait eu une bataille, et on craignait beaucoup, parce que le courrier ordinaire avait manqué. Travaillez, mon cher ami, sur les productions merveilleuses de la terre. Les philosophes examinent avec peine ce que les rois détruisent si aisément. Sondez la nature des métaux, qu’ils ravissent ou qu’ils emploient à la destruction. Leur cœur et ceux de leurs importants esclaves est plus dur que tous les minéraux dont vous parlerez. Mes tendres respects à M. et à M de Freudenreich, qui ont, ainsi que vous, un cœur si différent de celui des princes.
4. Le 8 octobre, Frédéric écrivait À la margrave de Baireuth : « J’ai ri des exhortations du patriarche Voltaire; je prends la liberté de vous euvoyer ma réponse. »