Éditeurs, de Cayrol et François
#18 CORRESPONDANCF..
est-il à Paris, comme on le dit? Per” .nort, c'est ce qui pourra m'ar-
suis bien curieux. Je voudrais vo’
finis parce que la poste part. N
nous rendons service, M*° Denis
et nous allons jouer en trois ‘ IH, ROI DE PRUSSE!. Mille tendres respects.
WILHELMINE
(Buttstedt) 9 octobre 1757.
3499. — DE MADA' ‘ suffit, et né pour la souffrance; ° u destin j'oppose ma constance.
stiments, je suis bien loin de condamner Caton et Vos lettres me s° :, eu de beau moment en sa vie que celui de sa mont. si fort accablé mo
surprise que vo' Croyez que si j'étais Voltaire, soient bien r° Et particulier comme lui, dans le mo: Me contentant du nécessaire, chatneme L verrais voltiger la fortune légère,
Et m'en moquerais aujourd'hui.
ferai qr Je connais l'ennui des honneurs,
siens Le fardeau des devoirs, le jargon des flatteurs, dro Ces misères de toute espèce,
p' Et ces détails de petitesse
’ Dont il faut s’occuper dans le sein des grandeurs.
Je méprise la vaine gloire, Quoique poëte et souverain.
Quand du ciseau fatal, en tranchant mon destin, Atropos m'aura vu plongé dans la nuit noire, Qu'importe l’honneur incertain De vivre après ma mort au temple de Mémoire ? Un instant de bonheur vaut mille ans dans l’histoire. Nos destins sont-ils donc si beaux?
Le doux plaisir et la mollesse, La vive et naive allèégresse, Ont toujours fui des grands la pompe et les travaux. Ainsi la fortune volage N’a jamais causé mes ennuis, Soit qu’elle me flatte ou m'outrage, Je dormirai toutes les nuits En lui refusant mon hommage.
Mais notre état fait notre loi; 11 nous oblige, il nous engage À mesurer notre courage Sur ce qu'exige notre emploi.
Voltaire dans son ermitage, Dans un pays dont l'héritage Est son antique bonne foi, Pout s’adonner en paix à la vertu du sage,
1. 11 paraît que cette lettre fut longtemps en route; Voltaire n'y répondit ÿ-t le 13 novembre, voyeztu° 3449.
Dont Platon nous marqua la loi.
our moi, menacé du naufrage, lois, en affrontant l'orage, + vivre, et mourir en roi.
FÉDÉRIC!
Le 16 octobre.
par les maux de l'esprit et du corps, je ne puis vous écrire
ute lettre. Vous en trouverez une ci-jointe? qui vous récompen-
À centuple de ma briéveté. Notre situation est toujours la même : un
veau fait notre point de vue. Quoique tout semble perdu, il nous reste 468 choses qu’on ne pourra nous enlever: c’est la fermeté et les sentiments du cœur. Soyez persuadé de notre reconnaissance, et de tous les sentiments que vous méritez par votre attachement et votre façon de penser, digne
d'un vrai philosophe.
WILHRELMINE.
PASTEUR A BERNE
Aux Délices, 16 octobre.
Mon cher ami, votre paquet doit être à Lausanne, avec celui de M. Polier de Bottens. Je lui écris pour qu’il vous le fasse tenir. Vos occupations sont tranquilles et agréables, tandis que le mal moral et le mal physique inondent la terre. On croyait le 7, à Strasbourg, qu’il y avait eu une bataille, et on craignait beaucoup, parce que le courrier ordinaire avait manqué. Travaillez, mon cher ami, sur les productions merveilleuses de la terre. Les philosophes examinent avec peine ce que les rois détruisent si aisément. Sondez la nature des métaux, qu'ils ravissent ou qu’ils emploient à la destruction. Leur cœur et ceux de leurs importants esclaves est plus dur que tous les minéraux dont vous parlerez. Mes tendres respects à M. et à M de Freudenreich, qui ont, ainsi que vous, un cœur si différent de celui des princes.
4. Le 8 octobre, Frédéric écrivait à la margrave de Baireuth : « J'ai ri des exhortations du patriarche Voltaire; je prends la liberté de vous envoyer ma réponse. »