Vers d’Alceste, opéra de Quinault, acte I, scène 1v
2. Jacob Vernet, en 1738, avait publié des Anecdotes ecclésiastiques tirees de l'Histoire de Naples de Giannone.
3. Instruction chrétienne, ou Catéchisme familier pour les enfants, 1341, in-12.
Quelque chose qu’il arrive, il demeurera consigné dans un livre immortel qu’il y a eu des prêtres, ou soi-disant tels, qui ont osé ne croire qu’un dieu, et encore un dieu qui pardonne, un dieu pardonneur, comme disent les Turcs.
Vous me donnez Particle Historiographe à traiter, mes chers maîtres. Je n’ai point ici la minute de l’article Histoire. Il me semble que je le fis bien vite, et que je le corrigeai encore plus vite et plus mal. Il serait nécessaire que je le revisse, afin que je ne placasse point au mot Historiographe ce que j'aurais mis au mot Histoire, et que je pusse mieux mesurer ces deux articles,
Si donc vous avez quinze jours devant vous, renvoyez-moi Histoire. Gela est ridicule, je le sais bien; mais je serais plus ridicule de donner un mauvais article. Je vous renverrai le manuscrit trois jours après l'avoir reçu. Ayez la bonté de l’envoyer contre-signé à Lausanne.
Je cherche, dans les articles dont vous me chargez, à ne rien dire que de nécessaire, et je crains de n’en pas dire assez; d’un autre côté, je crains de tomber dans la déclamation.
Il me paraît qu’on vous a donné plusieurs articles remplis de ce défaut ; il me revient toujours qu’on s’en plaint beaucoup. Le lecteur ne veut qu'être instruit, et il ne l’est point du tout par ces dissertations vagues et puériles, qui, pour la plupart, renferment des paradoxes, des idées hasardées, dont le contraire est souvent vrai; des phrases ampoulées, des exclamations qu’on sifflerait dans une académie de province, qui sont bien indignes de figurer avec tant d'articles admirables.
M. le ministre Vernes vous a, je crois, donné l’article Humeur; mais si vous ne l’aviez pas de sa main, je me serais proposé. Il me semble, par exemple, qu’on doit d'abord définir ce qu'on entend par ce mot; ensuite rechercher la cause de l'humeur, faire voir qu’elle ne vient que d’un mécontentement secret, d’une tristesse dans les hommes les plus heureux, en montrer les inconvénients; cela ne demande, à mon avis, qu’une demi-page ; mais chacun veut étendre ses articles. On oublie, comme dit Pascal, qu’on est ligne, et on se fait centre. On veut occuper une grande niche dans votre panthéon; on ose dire je et moi dans votre Dictionnaire, Ah! que je suis fâché de voir tant de stras avec vos beaux diamants! Mais vous répandez votre éclat sur les stras. J'attends avec impatience le Père de famille. Je salue et j'embrasse l'illustre auteur.
1. Ce drame de Diderot, imprimé en 1758, ne fut joué au Théâtre-Français qu'en février 1761.
Le 2 janvier, car, grâce au ciel, nous avons fini la plus funeste des années.
Vous me dites tant de choses obligeantes sur celle qui court, que c'est un sujet de reconnaissance de plus pour moi. Je vous souhaite tout ce qui peut vous rendre parfaitement heureux. Pour ce qui me regarde, j’abandonne mon sort à la destinée. On forme souvent des vœux qui nous seraient préjudiciables s'ils s’accomplissaient; aussi n’en fais-je plus. Si quelque chose au monde peut contenter mes désirs, c’est la paix. Je pense comme vous sur la guerre; nous avons un tiers qui pense certainement comme nous, mais peut-on toujours suivre sa façon de penser ? Ne faut-il pas se soumettre à bien des préjugés établis depuis que le monde existe ? L'homme court après le clinquant de la réputation, chacun la cherche dans son métier et dans ses talents ; on veut s’immortaliser. Ne faut-il pas chercher cette gloire chimérique dans les idées, vraies ou fausses, que l'esprit de l’homme s’en fait? Démocrite avait bien raison de rire de la folie humaine.
Je vois une hypocrite 1, d’un côté, courant les processions et implorant les saints, occupée à brouiller toute l’Europe, et à la priver de ses habitants. Je vois, de l’autre côté, un philosophe faire couler (quoique avec regret) des flots de sang humain. Je vois un peuple avare * conjuré à la perte des mortels, pour accumuler ses richesses. Mais baste ! je pourrais trop voir, et cela n’est pas nécessaire. 11 faut vous contenter, pour cette fois, de mon verbiage et de mes réflexions, car je n'ai point de nouvelles depuis la dernière lettre que vous avez reçue de moi.
Ce que vous me proposez est un peu scabreux; je m'explique sur cæ sujet dans la lettre { que je vous adresse. J'en reviens à ma vieille phrase. que l’on est sourd dans votre patrie. Si je pouvais vous parler, vous jugeriez peut-être différemment que vous ne faites. Le roi est dans le cas d'Orphée, si sa bonne fortune ne le tire d'affaire. 11 souhaite la paix, mais il x a bien des #ais. Si elle ne so fait avant le printemps, toute l’Allemasre sera ruinée et désolée. L'état où elle se trouve déjà est affreux. Quelque conduite sage qu’on tienne, on ne peut se mettre à l’abri des violences e: du pillage. Je ne finirais point si je vous faisais un détail des malbeurs qu l'accablent. C’est une honte que, dans un siècle policé, on en agisse avec