Éditeur, Th. Foisset
2. M. de Ruffey venait de résigner sa présidence à la chambre des cona° +, dont il demeura président honoraire.
deux retraites, quelques bouteilles de vin de M. Le Bault, votre compatriote, et de temps en temps bonne compagnie, voilà de quoi ne pas regretter Paris.
Omitto mirari beatæ Fumum et opes strepitumque Romæ.
Ces retraites surtout conviennent à un malade qui ne peut guère sortir de chez lui. Si j'avais de la santé, je viendrais vous voir à Dijon. Mais vous, qui vous portez bien, vous devriez bien venir faire un pèlerinage chez nos bons Suisses,
Adieu, monsieur ; il n’y a point de Suisse qui vous soit plus sincèrement attaché que l’ermite V.
Lausanne, 12 janvier.
Tout ce qui me viendra de vous, monsieur, me sera toujours très-précieux, et j'attends avec impatience les Lettres! que vous m'annoncez. Si vous revenez chez les hérétiques, après vous être muni d’indulgences à Avignon, je vous ferai les honneurs de Lausanne, mieux que je ne vous fis ceux de Genève. Vous y verrez une plus belle situation. J'y possède une maison charmante. Mes retraites sont un peu épicuriennes. Mon ermitage des Délices, auprès de Genève, est un peu mieux qu’il n’était. Celui de Lausanne est pour l’hiver, les Délices pour les belles saisons; et en tout temps je serai charmé de vous recevoir.
Je suis bien fâché que votre aimable compagnon? de voyage nous ait été enlevé. Nous le regretterons ensemble, et vous me consolerez de sa perte. Ma mauvaise santé me laissera assez de sensibilité pour être bien vivement touché des agréments de votre commerce. Je parle souvent de vous avec M. Vernes. Vous avez en nous deux vrais amis. V.
352%. — A M. SÉNAC DE MEILHAN3, CHEZ M. SÉNAC, PREMIER MÉDECIN DU ROI, A VERSAILLES. À Lausanne, 12 janvier.
Mes yeux ne sont pas trop bons, monsieur, mais ils ont grand plaisir à lire vos lettres. Vous jugez très-bien ; il y a des vers un
1. Petites Lettres sur les grands philosophes, par Palissot, 1757, in-12. &. Patu; voyez tome XXAVIII, page 501.
3. Cette lettre est dans Beuchot; M. de Lescure, dans son volume les Aulo-
peu durs dans l’ouvrage‘ que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Quand vous vous amusez à en faire, les vôtres ont plus de douceur, de facilité et de grâce. Mais je sens aussi l’horrible difficulté de faire une pièce telle que celle-ci; et cette difficulté me rend bien indulgent. D'ailleurs on ne doit sentir que les beautés d’un auteur qui commence ; le public même a besoin de l’encourager. Probablement l’auteur est sans fortune ; c'est encore une raison de plus pour disposer en sa faveur. On peut même dire de lui:
Spirat tragicum satis, et feliciter audet.
(Hor., Lib. II, ep. 1, v. 166.)
Il m'a toujours paru qu’au théâtre le public était moins flatté de l'élégance continue d’une belle poésie qu’il n’était frappé de la beauté des situations. Enfin je me fais un plaisir de chercher toutes les raisons qui peuvent justifier le succès d’un jeune homme qui a besoin d'encouragement. Nous allons jouer des pièces de théâtre dans ma retraite de Lausanne, où je passe mes hivers, et nous sentons tout le prix de l’indulgence.
Je me vanterai à Mwe la marquise de Gentil?, qui est une de nos actrices, que vous voulez bien me conserver un peu de souvenir. Pour moi, je ne vous oublierai jamais.
Je vous prie de vouloir bien présenter mes obéissances à monsieur votre père et à monsieur votre frère, et d’être persuadé de mes sentiments, qui vous attachent pour jamais le Suisse V.
Mvwe Denis vous fait ses compliments.
Lausanne, 13 janvier.
Voici la réponse à Son Éminence. Ce n’est pas sans peine que les lettres arrivent. Madame la margrave m'apprend * qu’une lettre de son frère à moi et une de moi à lui ont été prises par les housards du prince Hildbourghausen, qui saisissent tout ce qu'ils trouvent. Heureusement, je n’écris rien que la cour de Vienne et celle de Versailles ne puissent lire avec édification.
graphes, Paris, Gay, 1865, l’a reproduite d’après l'original, que lui avait communiqué M. le comte Lo Coulteux de Canteleu; il nous a fourni quelques corructivns et additions.