Le cardinal de Tencin
3. Circassienne morte en 1733, que Voltaire avait connue chez M. de Fc:T.x, et à laquelle il adressa des vers en 1732; voyez, tome X, les Poésies mélées.
4. Ces lettres ont été imprimées, pour la première fois, en 1787, in-18, arec des notes de Voltaire.
de concert les articles dont on m’envoyait la liste; je suis trèsfàaché que ces deux hommes, nécessaires l’un à l’autre, soient désunis, et qu’ils ne s'entendent pas pour mettre le public à leurs pieds.
Pour moi, je me suis amusé à jouer Fanime et Alzire. Mademoiselle Clairon, je vous demande pardon, mais vous n’avez jamais bien joué la tirade du troisième acte :
De l’hymen, de l’amour, venge ici tous les droits, Punis une coupable, et sois juste une fois.
(Alzire, acte 111, some v.)
Pourquoi cela, mademoiselle ? C’est que vous n’avez jamais lié les quatre vers de la fin, et appuyé sur le dernier : c’est le secret. Vous n’avez jamais bien joué l'endroit où Alzire demande grâce à son mari pour son amant, et cela par la même raison. Vous êtes une actrice admirable, j'en conviens ; mais M”* Denis a joué ces deux endroits mieux que vous. Et vous, vieux débagouleur de Sarrazin, vous n'avez jamais joué Alvarès comme moi, entendezvous ?
Mon divin ange, depuis cette maudite affaire de Rosbach, tout a été en décadence dans nos armées, comme dans les beaux-arts à Paris. Je ne vois de tous côtés que sujets d’affliction et de honte. On dit pourtant que M. Colardeau est remonté sur son Astarbe; je ne sais pas sur quoi nos généraux remonteront. Dieu nous soit en aide!
Comment se porte M=* d’Argental ? Quelles nouvelles sottises a-t-on faites ? quel nouveau mauvaislivre avez-vous ? quelle nouvelle misère? Si vous voyez ce bon Diderot, dites à ce pauvre esclave que je lui pardonne d’aussi bon cœur que je le plains.
3581. — A M. LINANTI!.
À Lausanne, 12 mars.
Quand je lis vos vers séduisants,
Je ressemble aux vieilles coquettes, Qui, n’osant plus avoir d'amants, Baissent leurs yeux et leurs cornettes; Mais si quelque jeune galant
4. Ce M. Linant n'est point de la famille d’un autre Linant, élève de M. de Voltaire. (K.) — C'est celui dont il est question dans les Mémoires de M°®°+ d’Épinai, et ci-dessus, lettre 3565.
Parle d'amour en leur présence, Adieu sagesse, adieu prudence:
La rage d'aimer leur reprend.
La rage des vers ne me reprend pas tout à fait, monsieur : je me contente de sentir le mérite des vôtres. Il est plus aisé que vous ne le dites de faire entendre raison à mes Suisses de Laursanne : il y a Suisses et Suisses : ceux de Lausanne diffèrent plus des Petits-Cantons que Paris des Bas-Bretons.
Je reviendrai aux Délices le plus tôt que je pourrai, pour faire ma cour à M“ d’Épinai. Ne m’oubliez pas auprès du grand philosophe, votre pupille, etc.