‹ Œuvres complètesChapitre 355 sur 475 · Mme de Montmorency · texte numérisé non relu

Mme de Montmorency

&. Louise-Henriette de Bourbon, mariée, en décembre 1743, à LouisPhii-.e d'Orléans, alors duc de Chartres; morte le 9 février 1759. L'énigme que ce: princesse avait donnée à deviner à l'auteur d'OEdipe est dans le tome À (Puwn:s mélées), avec les douze vers ci-dessus.

ANNÉE 1758. Eu

Est ou d'un docteur ou d'un sot :

L'un et l’autre est assez semblable.

Mais si l’on donne à deviner Quelle est la princesse adorable Qui sur les cœurs sait dominer Sans chercher cet empire aimable, Pleine de goût sans raisonner,

Et d'esprit sans faire l’habile, Cette énigme peut étonner,

Mais le mot n’est pas difficile.

Je serai fort aise que Marmontel, qui a certainement de l'esprit et du talent, et qu’on a dégoûté fort mal à propos, ait au moins le bénéfice du Mercure’. Ce sera un antidote contre les poisons de Fréron.

Je doute fort que ceux qui vous ont dit que Fréret a mis Newton en poudre soient des connaisseurs. J’ai lu autrefois le manuscrit de Fréret ; il fut composé avant que le système de Newton fût imprimé. Fréret et le jésuite Souciet?, autre savantasse, écrivirent tous deux contre Newton, sur un faux exposé de son système, qui parut alors dans un de ces journaux dont l'Europe est accablée. Fréret ne savait ce qu’il disait : j'ignore s’il l'a mieux su depuis. Je ferai venir ce livre’ pour le joindre à tout ce que j'ai sur cette matière.

Il y a une excellente histoire* des finances, depuis 1595 jusqu’en 1721. Si vous rencontrez l’auteur, qui est un M. de Forbonnais, directeur des monnaies, dites-lui que je le fais contrôleur général des finances.

Pourriez-vous à votre loisir me faire un petit catalogue des bons livres qui ont paru depuis dix ans? Je crois qu'il sera court ; mais je veux avoir tout ce qui peut être utile, et même les livres médiocres dans lesquels il y a du bon : car on peut toujours tirer aurum ex stercore Ennii.

Interim vale, et mihi scribe.

1. Le brevet de ce journal venait d'être accordé (fin d'avril) à Marmontel, à la prière de M®° de Pompadour.

2. Étienne Souciet, mort en 17##; frère aîné de deux autres jésuites.

3. Défense de la Chronologie, etc. (par Nic. Fréret, mort en 1749); Paris, 4758, in 4°.

4. Recherches et Considérations sur les finances de France, etc.; Bâle, 1758, deux volumes in-4°.

Aux Délices, 8 mai.

Mon cher ange, il doit y avoir une petite caisse plate, qui contient quelque chose d'assez plat, à votre adresse, au bureau des coches de Dijon. Cette platitude est mon portrait. Un gros et gras Suisse, barbouïiKeur en pastel, qu'on m'avait vanté comme un Raphaël, me vint peindre à Lausanne, il y a six semaines, en bonnet de nuit et en robe de chambre. Je fis partir ma maigre effigie par le coche de Dijon, ou par les voitariers. Une madame Rameau, commissionnaire de Dijon, s’est chargée de vous faire tenir ce barbouillage. Je vous demande pardon pour ma face de carême : mais non-seulement vous l'avez permis, vous l'avez ordonné, et j'obéis toujours tôt ou tard à mon cher ange. Est-il vrai que la Fille d'Aristide le Juste aït été aussi maltraitée par le parterre parisien que son père le fut par les Athéniens? Cela n’est pas poli ; heureusement vous aurez bientôt M= du Boccage, qui revient, dit-on, avec une tragédie. M. Geoffrin ne nous donnera-t-elle rien ?

J'ignore ce qu’on fait sur mer et sur terre. Il paraît que les chiens de la guerre, comme dit Shakespeare, cessent de mordre et même d’aboyer ; les Anglais admirent cette expression. Je suis toujours émerveillé de ce qui se passe ; celui que vous appeliez tous Mandrin?, il y a deux ans, il y a un an, devient un homme supérieur à Gustave-Adolphe et à Charles XIE, par les événements. On sera réduit à faire la paix. Dieu nous doit cette douce humiliation ! Cependant nous avons une assez bonne troupe aux portes de Genève. La nièce et l’oncle vous baisent les ailes.

Aux Délices, 9 mai.

Vraiment, mon cher philosophe, il vous est venu là une trèsbonne idée. Vous pouvez donner aisément une cinquantaine d'articles d'histoire naturelle, et surtout l'article Tremblement de lerre vous est dévolu de droit. Je vais sur-le-champ écrire aux encyclopédistes, et leur donner part du service que vous voulez

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