Voyez le post-scriptum de la lettre
fais partir, sous l'enveloppe de M. de Chauvelin, 7?magination et Idolätrie; ce sont deux morceaux qui m’ont coûté bien de la peine. C’est une entreprise hardie de prouver qu’il n’y a point eu d’idolâtres. Je crois la chose prouvée, et je crains de l'avoir trop démontrée. C’est à vous à protéger les vérités délicates que j'ai dites dans les articles Zdolätrie et Imagination. Elles pourront passer au tribunal des examinateurs, si elles ne sont pas annoncées sous mon nom. Ce nom est dangereux et met tout bon théologien en garde.
Enfin,
nostrorum sermonum candide judex, (Hor., lib. I, ép. 1v.)
voyez si vous pouvez avoir la bonté de donner ces articles à Diderot. Je vous ai déjà envoyé celui d'Histoire par M. de Chauvelin ; tout cela composerait un livre. J'ai sacrifié mon temps à PEncyclopédie; je ne plaindrai pas mes peines si le livre devient meilleur de jour en jour, et je souhaite que mes articles soient les moins bons.
Peut-être est-ce prendre bien mal son temps de vous parler de ce qui ne peut occuper que des philosophes, tandis qu’il se passe tant de choses qui doivent intéresser tout le monde.
Je me flatte au moins que vous n’avez de maison ni à Saint- Malo: ni sur les bords du Rhin.
Puisse M. le comte de Clermont battre les Hanovriens! Puissent les Anglais, qui sont descendus près de Saint-Malo, ne pas retourner chez eux! Et puissiez-vous approuver et faire approuver Histoire, Idolâtrie, Imagination! Je n’en ai plus, de cette imagination ; mais les sentiments qui m'’attachent à vous sont plus vifs que jamais.
J'ajoute encore un petit mot sur ma triste figure. Je vous jure que je suis aussi laid que mon portrait; croyez-moi. Le peintre n’est pas bon, je l'avoue ; mais il n’est pas flatteur. Faites-en faire, mon cher ange, une copie pour l'Académie. Qu'importe, après tout, que l’image d’un pauvre diable, qui sera bientôt poussière, soit ressemblante ou non ? Les portraits sont une chimère comme tout le reste. L’original vous aimera bien tendrement tant qu'il vivra.
4. Le 5 juin, les Anglais mouillèrent à Cancale près de Saint-Malo, et débarquèrent le lendemain quatorze à quinze mille hommes pour assièger cette ville: mais ils 56 rembarquérent les 12, 13 et 14 du mëme mois.
Aux Délices, 21 jain.
Premièrement, mon divin ange, le confident Tronchin fer sa principale occupation de ménager mon bonheur, c'estédir: de vous attirer à Lyon; et je veux absolument croire qu'il envier. dra à bout,
Quant à la négociation d'un très-aimable ambassadeur. je n’en connais pas de plus facile, et je vous aurai la plus granit obligation, à vous et à lui, du petit mot, en général, qu'il veu bien avoir la bonté de dire de lui-même. Il peut très-aisémen! et sans se compromettre, encourager les sentiments favorable qu'on? me conserve; il peut faire regarder comme une chix honnête, et même honorable, de recevoir un ancien camaradee poésie, en Académie, et non pas en visage. Il y a du mérite, ilf a de la gloire à faire certaines actions, et tout cela peut étre re présenté sans être mendié, et sans autre dessein que de vouloir échauffer, dans le cœur d’un homme qui se pique de sentiments. les bontés dont votre aimable ambassadeur lui donne l'exemple. Cest d’ailleurs un plaisir de dire à un auteur que je suis un de plus ardents partisans de sa pièce ?, et que je la prône partout. Je ne veux point qu'on me donne un éloge. Je ne veux rien, Mais je désire ardemment que votre ancien ami parle à votre antiti ami comme vous parleriez vous-même, et je vous prie de remercier d'avance votre ambassadeur.
11 faut que je vous confie, mon cher ange, que je vais quelques jours à la campagne, chez monseigneur l'électeur Pr latin. Je laisserai mes nièces se réjouir et apprendre des rôles d comédie pendant ma petite absence. Je ne peux remettre @ voyage; il faut que, pour mon excuse, vous sachiez que € prince m'a donné les marques les plus essentielles de sa bonle qu’il a daigné faire un arrangement pour ma petite fortune * pe m d de fe.
vous en réponds, en faire un pour venir remercier M Ja princesse de Robecq de la bonté qu’elle a de m’accorder son suffrage. Elle a bien senti que rien ne devait être plus glorieux et plus consolant pour moi. C’est à vous que je dois l’honneur de son souvenir, et c’est par vous que mes remerciements doivent passer. Adieu, mon cher et respectable ami ; je pars dans quelques jours, et, à mon retour, je ne manquerai pas de vous écrire.