‹ Œuvres complètesChapitre 375 sur 475 · Conazsronxnance. VII · texte numérisé non relu

Conazsronxnance. VII

rideaux, s'était emparé de moi et me rendait digne de la couronne de laurier dont cet Homère m'a, hier à table, galamment coiffée. Il joint à l'élégance d’un homme de cour toutes les grâcos et l’à-propos que l'esprit répand sur la politesse; et me paraît plus jeune, plus content, en meilleure sante qu'avant son départ en Prusse. Sa conversation n’a rien perdu de ses agréments, et son âme plus libre y mêle encore plus de gaieté. J'en ai moin: joui que je ne le désirais. Il a fallu voir Genève et les jolis lieux de plaisance qui l’environnent, répondre aux prévenances qu'on a bien voulu mr faire en faveur de mon hôte, et voir deux de ses pièces! sur un théätre hors d’un faubourg?, n'étant pas permis d'en avoir dans la ville. Je ne vox dirai point si le spectacle était bon : la nouveauté des acteurs, la célébr:tde l’auteur, sa présence, tout me fit illusion, tout me plut et me prit des heures que j'aurais voulu passer à causer avec lui. Ajoutez que pendant k-< cinq jours que je l'ai vu, sa bonne crème et ses truites trop séduisantes me donnèrent une indigestion. Il fait bonne chère et a toujours chez lui la meilleure compagnie de Genève, lieu où, proportion gardée, il y a plus de gens d'esprit qu'ailleurs. M®° Denis y vit fort aimée, et le mérite. Je l'ai revue avec un grand plaisir, et la trouve heureuse d'être la consolation d'un once admiré de toute l'Europe, qui, vainqueur de l'envie, jouit de son vivant de Papprobation que les génies rares n'obtiennent guère que de la posterite. Je vous plais et je me complais en vous parlant longuement de cet homme fameux. Je l'ai quitté à regret, d'autant plus que si nous n'avions pas laisse nos malles ici, nous l’aurions accompagné sur le chemin de Manbeim (comme il eut la politesse de nous le proposer), et serions revenus par la Lorraine, pour y admirer les merveilles du sage qui y règne. Au lieu de prendre cette agréable route, il a fallu retourner à la capitale des Gaules en balconnant sans cesse : j'appelle ainsi voyager sur un chemin fort étroit, aw bord des précipices.

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