‹ Œuvres complètesChapitre 84 sur 475 · Le marquis de Florian · texte numérisé non relu

Le marquis de Florian

2. Voyez la lettre à Richelieu, du 4 février 1757. 3. L'abbé de Bernis.

Aux Délices, 10 septembre.

Mon ancien ami, je vous assure que Tronchin est un grand homme ; il vient encore de ressusciter Mr: de Fontaine. Esculape ne ressuscitait les gens qu’une fois ; et ceux qui se sont mêlés de rendre la vie aux morts ne se sont jamais avisés de donner une seconde représentation sur le même sujet. Tronchin en sait plus qu'eux ; je voudrais qu’il pôt un peu gouverner Ms de La Popelinière, car je sais qu’elle a besoin de lui, et plus qu’elle ne pense; mais je ne voudrais pas qu’elle nous enlevât notre Esculape ; je voudrais qu’elle le vint trouver. Vous seriez du voyage; comptez que c'est une chose à faire.

Vous devez savoir à présent, vous autres Parisiens, que le Salomon du Nord s’est emparé de Leiïipsick. Je ne sais si c’est là un chapitre de Machiavel ou de l’Anti- Machiavel, si c’est d’accord avec la cour de Dresde, ou malgré elle ;

se ea cura quielumn Von me sollicitat !.

Je songe à faire müûrir des muscats et des pêches ; je me promène dans des allées de fleurs de mon invention, etje prends peu d’intérêt aux affaires des Vandales et des Misniens.

Je vous suis très-obligé des rogatons du Pont-Neuf, et des belles pièces suédoises. Il y a un mois que j'avais ce monument suédois de liberté? et de fermeté.

Ce n’est pas là une brochure ordinaire. Seriez-vous homme à procurer à ma très-petite bibliothèque quelques livres dont je vous enverrai la note? Vous seriez bien aimable. Je crois que Lambert se mordra les pouces de m’avoir réimprimé ; dix volumes sont durs à la vente. Dieu le bénisse, et ceux qui liront mes sottises! Pour moi, je voudrais les oublier.

Farewell, my old friend; I am sick.

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