‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 14 sur 312 · XXXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXXIV PREFACE

mère fait son petit enfant, sans se ressentir de ce faix bien» aymél

Mays il faut sans cloute que ce soit un cœur paternel : et c'est pourquoy les apostres et hommes apostoliques appellent leurs disciples, non seulement leurs enfans, mais encor plus tendrement, leurs petitz enfans.

Au demeurant, mon clier lecteur, il est vray que j'escris de la vie dévote sans estre dévot , mais non pas certes sans désir de le devenir ; et c'est encor cette affection qui me donne courage à t'en instruire. Car, comme disoit un grand homme de lettres, la bonne façon d'apprendre, c'est d'estudier; la meilleure, c'est d'escouter; et la très-bonne, c'est d'enseigner. n advient souvent , dit saint Augustin , escrivant à sa dévote r Florentine , que l'office de distribuer sert de mérite pour recevoir, et l'office d'enseigner, de fondement pour apprendre^

Alexandre fit peindre la belle Compaspé , qui luy estoit si chère, par la main de l'unique Apelles. Apelles, forcé de considérer longuement Compaspé , à mesure qu'il en exprimoit les traitz sur le tableau, en imprima l'amour en son cœur, et en devint tellement passionné qu'Alexandre l'ayant reconneu, et en ayant pitié , la luy donna en mariage , se privant pour l'amour de luy de la plus chère amie qu'il eust au monde : en quoy, dit Pline , il monstra la grandeur de son cœur autant qu'il eust fait par une bien grande victoire. Or il m'est advis , mon lecteur, mon amy, qu'estant evesque,»Bieu veut ' que je peigne sur les cœurs des personnes, non seulement les vertus communes, mais encor sa tres-chere et bien aymée dévotion; et moy, je l'entreprens volontier, tant pour obeïr et faire mon devoir que pour Tesperance que j'ay qu'en la grajvant dans l'esprit des autres, le mien à Tadventure en devien-

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