‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 13 sur 312 · PREFACE. XXXIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXIII

anciens evesqiies et Pères de l'Eglise estoient pour le moins autant affectionnés à leurs charges que nous , et ne laissoient pourtant pas d'avoir soin de la conduite particulière de plusieurs âmes qui recouroient à leur assistance , comme il appert par leurs epistres, imitans en cela les apostres, qui, 6mmy la moisson générale de l'univers , recueillnlent neantmoins certains espics plus remarquables avec une spéciale et particulière affection. Qui ne sçait que Timothée, Tite, Philemon, Onesime, sainte Tecle, Appia, estoient les cliers enfiins du grand saint Paul , comme saint Marc et sainte Petronille de saint Pierre? sainte Petronille, dis-je, laquelle, comme preuvent doctement Baronius et Galonius , ne fut pas fille charnelle, mays seulement spirituelle de saint Pierre. Et saint Jean n'escrit-il pas une de ses epistres canoniques à la dévote dame Electa ?

C'est une peyne, je le confesse, de conduire les âmes en particulier, mais une peyne qui soulage, pareille à celle des moissonneurs et vendangeurs, qui ne sont jamais plus contens que d'estre fort emhesoignés et chargés. C'est un travail qui délasse et avive le cœur par la suavité qui en revient à ceux qui l'entreprennent, comme fait le cinamome ceux qui le portent parmy l'Arabie heureuse. On dit que la tygresse ayant retreuvé l'un de ses petitz , que le chasseur luy laisse sur le chemin pour Famuser tandis qu'il emporte le reste de la httée, elle s'en charge, pour gros qu'il soit , et pour cela n'en est point plus pesante, ains plus légère à la course qu'elle fait pour le sauver dans sa tanière , l'amour naturel l'allégeant par ce fardeau. Combien plus un cœur paternel prendra-il voloiUier en charge une ame qu'il aura rencontrée au désir delà sainte perfection, la portant en son sein, comme une

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