IV* PARTIE, CHAPITRE VII
délectation qui suit immédiatement la tentation , devant que bonnement on s'en soit pris garde; et cela ne peut estre pour le plus qu'un bien léger péché véniel , lequel se rend plus ^rand si, après que Ton s'est apperceu du mal où l'on est, on demeure par négligence quelque tems à marchander avec la délectation, si l'on doit l'accepter ou la refuser ; et encor plus grand si en s'en appercevant on demeure en icelle quelque tems par vraye négligence , sans nulle sorte de propos de la rejetter ; mays lors que volontairement et de propos délibéré nous sommes résolus de nous plaire en telles délectations, ce propos mesme délibéré est un grand péché, si l'objet pour lequel nous avons délectation est notablement mauvais* C'est un grand vice à une femme de vouloir entretenir des mauvaises amours, quoy qu'elle ne veuille jamaiss'addonner réellement à l'amoureux.