V' PARTIE, CHAPITRE XII
au prix de la vengeance ! de la douceur, au prix de Tire et du chagrin! de l'humilité, au prix de l'arrogance et amhi* tion ! de la libéralité , au prix de l'avarice ! de la charité , au prix de l'envie ! de la sobriété , au prix des desordres ! Les vertus ont cela d'admirable qu'elles délectent l'ame d'une douceur et suavité nonpareille après qu'on les a exercées, où les vices la laissent infiniment recreuë et malmenée. Or sus donc, pourquoy n'entreprendrons-nous pas d'acquérir ces suavités ?
Des vices, qui n'en a qu'un peu n'est pas content, et qui en a beaucoup est mécontent; mays des vertuz, qui n'en a qu'un peu , encor a-il desja du contentement, et puis tousjours plus en advançant. 0 vie dévote ! que vous estes belle, douce , aggreable et soùefve ! Yous adoucisses les tribulations, et rendes soûefves les consolations; sans vous, le bien est mal, et les playsirs pleins d'inquiétudes, troubles et defailances : ha ! qui vous connoistroit pourroit bien dire avec la Samaritaine : (.(Domine, da mibi hanc aquam: Seigneur, donnés-moy cette eau , » aspiration fort fréquente à la Mère Terese et à sainte Catherine de Gennes, quoy que pour differens sujetz.