‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 240 sur 312 · CHAPITRE YIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIIL

Combien Dieu désire que nous Vaymiom,

Bien que la rédemption du Sauveur nous soit appliquée en autant de différentes façons comme il y a d'ames , si estce neantmoins que l'amour est le moyen universel de nostre salut, qui se mesle partout , et sans lequel rien n'est salutaire, ainsy que nous dirons ailleurs. Aussi le chérubin fut mis à la porte du paradis terrestre avec son espée flamboyante, pour nous apprendre que nul n'entrera au paradis céleste qu'il ne soit transpercé du glaive de l'amour. Pour cela, Theotime , le doux Jésus, qui nous a rachetés par son sang , désire infiniment que nous l'aymions , aiïin que nous soyons éternellement sauvés ; et désire que nous soyons sauvés, aOin que nous l'aymions éternellement, son amour tendant à nostre salut, et nostre salut à son amour. Hé ! dit-il , « je suis venu pour mettre le feu au monde : que pretens-je sinon qu'il arde? * » Mais pour déclarer plus vivement l'ardeur de ce désir, il nous commande cet amour en termes admirables : a Tu aymeras, dit-il, le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton ame, de toutes tes forces : c'est le premier et le plus grand commandement.*» Yray Dieu! Theotime, que le cœur divin est amoureux de nostre amour ! Ne suffisoit-i^ pas qu'il eut publié une permission par laquelle il nous eut donné congé de l'aymer, comme Laban permit à Jacob d'aymer sa belle Rachel, et de la gaigner par ses services? Mays non , il déclare plus avant sa passion amoureuse envers nous, et nous commande de l'aymer de tout nostre pouvoir, affin que la considération de sa Majesté et de nostre misère, qui font une tant infinie disparité et inégalité de luy'à nous, ni autre prétexte quelconque , ne nous divertit de l'aymer. En quoy il tesmoigne bien , Theotime , qu'il ne nous a pas

1 Luc, XII, 49. — 8 Matlh. XXII, 37.

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