‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 33 sur 312 · Considérés la majesté avec laquelle le souverain juge · texte numérisé non relu

Considérés la majesté avec laquelle le souverain juge

f* PARTIE, CHAPITRE XIV. 29

comparoistra environné de tous les anges et saintz, ayant devant soy sa croix plus reluisante que le soleil, enseigne de grâce pour les bons et de rigueur pour les mauvais.

4. Ce souverain juge, par son commandement redoutable, et qui sera soudain exécuté , séparera les bons des mauvais, mettant les uns à sa droite, les autres à sa gauche ; séparation éternelle, et après laquelle jamais plus ces deux bandes ne se trouveront ensemble.

5. La séparation faite, et les livres des consciences ouvertz,* on verra clairement la malice des mauvais et le mespris dont ilz ont usé contre Dieu , et d'ailleurs la pénitence des bons et les effects de la grâce de Dieu qu'ilz ont receuë, et rien ne sera caché. 0 Dieu ! quelle confusion pour les uns ! quelle consolation pour les autres !

6. Considérés la dernière sentence des mauvais : ce Allés, mauditz , au feu éternel , qui est préparé au diable et à ses compaignons.» Pesés ces paroles si pesantes, a Allés,» dit-il: c'est un mot d'abandonnement perpétuel que Dieu fait de telz malheureux, les bannissant pour jamais de sa face. Il les appelle ce mauditz. » 0 mon ame! quelle malédiction! malédiction générale , qui comprend tous les maux ; malédiction irrévocable, qui comprend tous les tems et Teternité. Il adj ouste ; a au feu éternel. » Regarde , ô mon cœur ! cette grande éternité. 0 éternelle éternité des peynes! que tu es effroyable !

7. Considérés la sentence contraire des bons. « Venés, wdit le Juge. Ah ! c'est le mot aggreable du salut, par lequel Dieu nous tire à soy, et nous reçoit dans le giron de sa bonté. c( Benitz de mon Père. » 0 chère bénédiction, qui comprend toute bénédiction 1 « Possédés le royaume qui vous est préparé dés la constitution du monde. » 0 Dieu ! quçUe grâce l car ce royaume n'aura jamais fi».

AFFECTIONS ET RESOLUTIONS

1 . Tremble , ô mon ame ! à ce souvenir. 0 Dieu ! qui me peut asseurer pour cette journée, en laquelle les colomnes du ciel trembleront de frayeur ?

2. Détestés vos péchés, qui seulz vous peuvent perdre en cette journée espouvantable.

Ah! je me veux juger moy-mesme maintenant, affin que je ne sois pas jugé; je veux examiner ma conscience et me condamner , m'accuser et me corriger, affin que le Juge ne me condamne en ce jour redoutable. Je me confesseray donc, j'accepteray les advis nécessaires , etc.

CONCLUSION

Remerciés Dieu , qui vous a donné moyen de vous asseurer pour ce jour-là , et le tems de faire pénitence. Olfrés-luy vostre cœur pour la faire.

Priés-le qu'il vous face la grâce de vous en bien acquitter. Pater noster, Ave, Faites un bouquet.

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