‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 6 sur 312 · DU PÈRE DE TOURNEMINE. XIX · texte numérisé non relu

DU PÈRE DE TOURNEMINE. XIX

rait dans sa traduction; par malheur, il est aussi mauvais poète qu'habile prosateur, si j'ose parler ainsi.

Intimidons encore les dévots délicats sur le vieux langage de saint François de Sales, qui souhaitent qu'on le corrige. Que jugeraient-ils de l'entreprise audacieuse d'un écrivain ridiculement précieux , qui s'occuperait à mettre en beau latin l'Imitation et l'Évangile ? Un pareil dessein a exposé l'hérétique Castalion à la dérision de sa secte même. Rendons, je le souhaite plus que personne, rendons communs, et très-communs, les ouvrages de saint François de Sales ; gardons-nous cependant de les altérer ^

* Le même père de Tournemine, renvoyant à la feue mère Catherine- Angélique du Tillet, alors supérieure du premier monastère de la Visitation de Paris , quelques écrits de la bienheureuse Mère de Chantai , lui disait dans une lettre :

« La vénérable avoit pris de son saint directeur jusqu'au style, aussi propre à toucher qu'à instruire... Ses lettres méritent assurément d'être rendues plus communes par une nouvelle édition, mais sans toucher au langage. Il est bon ; et sûrement, en. voulant le mettre à la mode, on lui ôteroit sa forcb ET son onction. Je vois avec indignation paraître une Introduction à la vie dévote, mise, dit-on, en meilleur français. » (J&c/. Biaise.)

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