‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 60 sur 312 · II* PARTIE, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

II* PARTIE, CHAPITRE XI

pareray des paroles de douceur pour la prévenir, ou l'assistance de quelque personne qui la puisse contenir. Si je prevoy de pouvoir visiter un malade, je disposeray l'heure, et les consolations et secours que j'ay à luy faire ; et ainsy des autres.

4. Cela fait , humiliés-vous devant Dieu , reconnoissant que de vous mesme vous ne sçauriés rien faire de ce que vous avés délibéré , soit pour fuir le mal , soit pour exécuter le bien. Et comme si vous teniés vostre cœur en vos mains, offrés-le avec tous vos bons desseins à la divine Majesté , la suppliant de le prendre en sa protection et le fortifier pour bien reuscir en son service ; et ce par telles ou semblables paroles intérieures : 0 Seigneur ! voylà ce pauvre et misérable cœur, qui par vostre bonté a conceu plusieurs bonnes affections ; mais helas ! il est trop foible et chetif pour effectuer le bien qu'il désire, si vous ne luy départes vostre céleste bénédiction, laquelle à cette intention je vous requiers, ô père débonnaire î par le mérite de la passion de vostre Filz, à l'honneur duquel je consacre cette journée et le reste de ma vie. Invoqués nostreDame, vostre bon ange et les saintz, affin qu'ils vous assistent à cet effet.

Mays toutes ces actions spirituelles se doivent faire briefvement et vivement , devant que Ton sorte de la chambre , s'il est possible , affin que par le moven de cet exercice tout ce que vous ferés le long de la journée soit arrousé de la bénédiction de Dieu ; mays je vous prie , Philothée , de n'y manquer jamais.

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