CHAPITRE XL
De l'exercice du soir, et de l'examen de conscience.
Comme devant vostre disner temporel vous ferés le disner spirituel par le moyen de la méditation , ainsy av ant vostre souper il vous faut faire un petit souper, au moins une coUa- I. 5
tion dévote et spirituelle. Gaignés donq quelque loysîr un peu devant rheure du souper, et, prosternée devant Dieu,, ramassant vostre esprit auprès de Jesus-Christ crucifié (que vous vous representerés par une simple considération et œillade intérieure) , rallumés le feu de vostre méditation du. matin en vostre cœur par une douzayne de vives aspirations, humiliations et eslancemens amoureux, que vous ferés sur ce divin Sauveur de vostre ame; ou bien en répétant les pointz que vous aurés plus savourés en la méditation du matin; ou bien vous excitant par quelque autre nouveau: sujet , selon que vous aymerés mieux.
Quant àTexamen de conscience, qui se doit tous-jours faire avant qu'aller coucher, chacun sçait comme il le faut pratiquer.
1. On remercie Dieu de la conservation qu'il a faite de nous en la journée passée.
2. On examine comme on s'est comporté en toutes les heures du jour; et pour faire cela plus ay sèment, on considérera oii , avec qui , et en quelles occupations on a esté.
3. Si l'on trouve d'avoir fait quelque bien, on en fait action de grâces à Dieu ; si au contraire l'on a fait quelque^ mal en pensées, en paroles, ou en œuvres, on en demande pardon à sa divine Majesté, avec resolution de s'en confesser à la première occasion et de s'en amender soigneusement.
4. Apres cela, on recommande à la providence divine son corps, son ame, l'Eglise, les parens, les amis; on prie nostre Dame , le bon ange et les saintz de veiller sur nous et pour nous ; et avec la bénédiction de Dieu, on va prendre le repos qu'il a voulu nous estre requis.
Cet exercice icy ne doit jamais estre oublié , non plus que celuy du matin; car par celuy du matin vous ouvrés les fenestres de vostre ame au soleil de justice , et par celuy du soir vous les fermés aux ténèbres de l'enfer.
Il* PARTIE, CHAPITRE XII. Ù7