‹ Œuvres complétes Volume 10Chapitre 34 sur 79 · FRAGMENT DUE LETTRE · texte numérisé non relu

FRAGMENT DUE LETTRE

A LA MÊME

Sur le nom de Sœurs Oblates qu'il avoit d'abord adopté pour sa Gongrégatioc naissante. Sainte Françoise, Patronne de la Visitation.

9 mars 1611.

Ooy , ma chère Fille, ouy sans opiniastreté , nous changerons le nom de Seurs Oblates, puis que cette expression desplaît si fort a ces messieurs ; mais nous ne changerons jamais le dessein et le vœu éternel d'estre a jamais les très humbles servantes de la mère de Dieu. Renouvellés-en la promesse en vostre communion; j'en feray de mesme au sacrifice de la Messe. Helas! il y aaujourd'huydouze ansaue j'eus la grâce de célébrer dans le monastère de cette sain\t! vefve Romaine, avec mille désirs de luy estre dévot toute ma vie. Comme elle est nostre sainte Patronne, il faut qu'elle soitnostre modèle. Elle aymoit bien autant son petit Batiste que vous ay« mes vostre Gelse B^3nine ; mais elle laissa a Dieu l'entière disposition d'en faire a sa volonté, et il en fit un enfant de salut : ainsi je Fespere du très cher enfant de ma ties cneri Mere^

* Tiré de V Année sainte de la Visitation, tome I^i", page 294. puisque ceiw lettre a été écrite par son auteur juste 12 ans après la messe qu'il avoit célébrée à Rome dans le monastère de Sainte-Françoise, et qu'il étoit à Rome en mars 1599, nous inférons avec vraisemblance de ce double fait que cette lettre doit avoir pour date l'an 1611, et le 9 mars, qui est le jour où tombe la fête de la sainte de ce nom.

Xrn LETTRES SPIRITUELLES

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cxur.

LETTRE

A UNE DAME MARIÉE

Il l'exhorte au mépris du monde.

22 mars 16il.

Helas ! ma très chère Fille , que ce misérable monde est puissant a nous traisner après ses niaiseries et amusemens l Or, je suis un peu bien ayse que nous nous soyons un peu apprivoisés, M. vostre mary et moy , a cette intention. Je luy parlay bien amplement de mes affaires et des occurrences qui me resardoyent, et ne sçavois bonnement comment faire pour luy ^eler l'extrême mespris que Dieu m'a donné de toutes ces advenlures qu'on appelle de fortune et d'establis- ■>ement; car il ne veut pas que cela soit mesprisé d'un !-i ^rand mespris, comme est celuy que, grâces a nostre Seigneur, j'en ressens en mon ame.

0 Dieu! ma chère Fille, que ce monde est estrange en ses fantasies, et a quelle sorte de prix est-il servy ! Si le Créateur ordonnoit des choses si difficiles comme le monde, combien peu treuveroit-il de serviteurs! Or sus, demeurés en paix auprès de la très sainte croix , eslevée en ce tems * pour enîseigne de salut a nos âmes.

» C'est la 22Ge de la collection- Biaise, et la 72© {al. 64^) du livre Vi des «iiciennes éditions.

> ï^ mardi de la semaine de la Passion.

DE S. FRANÇOIS DE SALES^ ?''i

LETTRE

A SAINTE JEANNE-FRANÇOISE DE CHANTAL

Saint François n'ayant pu la visiter la prie de lui envoyer de ses nouvelles.

Tyrannisé de visites et entretiens importuns, me voyci à la fin du jour sans vous avoir veuë, ma tendre Fille : jV^xcepte pourtant la visite de la petite seur qui vient de me Jaisser maintenant, et laquelle m'a laissé avec bon gousr» i/arce que nous avons parlé de bonnes choses; mais ne laissés

pas, ma chère Fille de me faire sçavoir comme vous vous

portés cett* après disner, et après souper, en peu de lignes, de peur de vous travailler. 0! Dieu me donnera demain quelqu'heure pour vous voir. Croyés que ce ne sera pas si tost que je le souhaite. Vive Jésus, Maria.

CXLÏV.

LETTRE

A LA MÊME

Saint François lui envoie des Psaumes.

Voyia donq, ma très chère Mère, ma Fille, les psalmes; Vous en pourrés prendre ou les troys derniers, pour tous les

1 L'original en appartenoit autrefois à M. Tabhé Chuit, chanoine à Cham- ;éry. C'est la 299e inédite de la collection-Biaise. Quoique sans date, elle a su être écrite à une époque où la sainte fondatrice de la Visitation oe trou* voit malade, ayant près d'elle sa fille Françoise, depuis comtesse de Toulonjon, que saint François avoit coutume d'appeler la petite seur.

2 L'original en appartenoit autrefois à M. ReveL doyen de îa mtHrci:oV> Ij Chambéry. C'est la 300e inédite de la collGction-Blaise.

troys jours, ou varier de troys en troys pour chasque jour. Cependant quel contentement a ma pauvre ame ae vous saluer encor un peu par cett' occasion, vous, dis-je, ma très chère Mère, que mon ame chérit comm' elle-mesme ! Dieu soit à jamais l'unique ame de nostr' unique vie, et l'unique vie de nostr' unique ame.

GXLV.

A LA MÊME

Saint François la prie de se pourvoir d'un prêtre pour une messe à dire dans sa communauté.

Pensés, ma très chère Mère, si je fus hier bien mortifié, que je n'eus pas seulement le loysir de vous envoyer un petit bon soir. Au moins bon jour pour ce matin, ma très chère Mère, et je vous demande si vous pourrés avoir un Père Barnabite, car monsieur Roland est a compter de l'argent. Que s'il ne le peut, bonnement renvoyés-moy, et je vous pourvoiray bravement, et, tout au fin pis, ce sera d'un pauvre Evesque que vous aymés comme vous mesme , aussi est- il tout a voue..

' L'original en est conservé dans le monastère de la Visitation d'XizsoiSp près de Bergame. C'est la 301"= inédite de la collection-Biaise.

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CXLYI.

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