‹ Œuvres complétes Volume 10Chapitre 36 sur 79 · ADRESSÉ A LA MÊME · texte numérisé non relu

ADRESSÉ A LA MÊME

Ma très chère Fille , Je VOUS dorme le bonjour, et peut-estre iray-je vous don^ ner le bon soir en personne ; cependant si je puis, et mesme parce que Madame Lancienne * est venue, laquelle (on m'asseure) ira vers vous avec intention d'avoir plus de commodités de me parler, bien que je voy qu'elle en aura peu, où que ce soit ^ a rayson de nostre synode, duquel les abors commencent demain. Bonjour, ma très chère Fille, et priés pour moy.

1 L'original eu est conservé chez S. G. Monseigaeur i'Evêque d'Annecy. C'est la 30-2e inédite de Biaise.

2 Au lieu de lire ici à, no feroit-on oas mieux de supposer plutôt une vii^ gule, et de lire ainsi : Et pourquoi non moy, ma mère ?

5 Cet autre billet, sans date comme les précédents, et conservé à l'Evôciié d'Annecy, fait également partie du n» 302 des letties inédites de Biaise. * Pour rAn:!cnn: sans duuie.

380 LEllKliS SFlillTfJELLES

LETTRE

A UNE DAME MARIÉE

Il faut rendre sa conversation utile au prochain. Moyens d'attirer en nous notre Seigneur.

Après le 3 avril 1611.

Ma très chère Seiir,

Escrivant a Monsieur vostre mary en recommandation d'un mien amy Chanoine de Lyon, je vous fay ce petit billet pour tout simplement vous saluer de tout mon cœur , mais de la part encor de la chère et bonne seur Madame de Chantai , laquelle va de bien en mieux pour sa santé , et pour le dire encor entre nous deux, pour la sainteté a laquelle les tribulations '^t maladies sont fort propres pour donner Fadvancement, a cause de tant de solides résignations qu'il faut faire es mains de nostre Seigneur.

Vives toute pour Dieu, ma chère Fille : et puis qu'il faut que vous vous exposiés a la conversation, rendés-vousy utile au prochain par les moyens que souvent je vous ay escritz. Ne pensés pas que nostre Seigneur soit plus esloigné de vous tandis que Tous estes parmi le tracas auquel vostre vocation vous portû , qu'il ne seroit si vous estiés dans les deiices ae la vie tranquille. Non, ma très chère Fille, ce n'est pas la tranquillité qui l'approche de nos cœurs, c'est la fidélité de nostre amour; ce n'est pas le sentiment que nous avons de sa douceur, mais le consentement que nous donnons a sa sainte volonté, laquelle il est plus désirable qu'elle soit

« C'est la 228e de la collection-Biaise, et la 14^ du livre lll des anciennes lécUtions.

execatée en nous, que si nous exécutions nostre voLiiiè en luy.

Bon jour, ma très chère Seur, ma Fille : je prie cette souveraine bonté qu'elle nous face la grâce de la bien chercher par amour; et suis en elle tout entièrement, Madame, vostn^ très humble serviteur, etc.

GXLIX.

LETTRE'

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