A UN AMI QU'IL APPELOIT SON FRÈRE
la vieillesse et la caducité, une longue maladie, la nécessité de mourir, H ia bnnne vie des personnes que l'on regrette, sont autant de motifs de con- -snJatJcn après leur mort.
Annecy, 13 juillet 1616.
Monsieur mon cher Frère ,
La longueur du tems que M. voslre père a vescu , et les dernières langueurs qui vous ont, il y a quelque tems, annoncé son^trespas et menacé de son absence future, vous auront donné sujet de vous résoudre en la perte du bonheur que vous aviés de le sentir encor en ce monde ; car, en somme, puis que nul n'est exempt de la mort, la plus favorable condition que nous puissions avoir d'elle , c'est quand elle nous laisse longuement jouyr de ceux a qui nous appartenons.
Il faut donq louer Dieu , et le bénir de la faveur qu'il vous a faite de vous avoir longuement maintenu ce père, et acquiescer a sa volonté , par laquelle il vous Fa oste maintenant. Pour moy, je ne veux point icy user des termes ordinaires avec vous : le lien qui me tient attaché a vostre amitié et service vous servira de gage et d'asseurance que je rendray bien mon devoir a prier pour le défunt et honnorer sa mémoire ; et^ quant au reste, je suis, Monsieur mon fiere, vostre, etc.
1 C'est la 376e de la collection-Biaise, et la 69« (o/. 67^) du livre V dei anciennes éditions.
* iî y a apparence que c'étoit son beau-frère.
546 LETTRES SFIBITIJELLES
GCXLIX.
LETTRE
A LA SŒUR JEANNP:-MARIE DE LA CROIX, SA NIÈCE, ALORS ÂGÉE DE SEIZE ANS.
Il l'engage à se comporter si bien, qu'elle soit le niodèle de ses compagnes, surtout de celles de son âge.
Après lo 8 août 161£»
Vous estes employée bien jeune a de grandes œuvres; ^eîa doit vous faire humilier profondément, et vous faire résoudre a fidèlement obeyr aux règles et a vostre Supérieure : car c'est pour vostre service qu'on vous a choisie , aifm que, comme d'autres serviront de bons exemples aux filles plus advancées en eage qui se rangeront a la Congrégation , vous servies aussi de patron aux plus jeunes, ce qui est extresmement important; car Dieu ayme très particulièrement les prémices des années , et désire qu'elles luy soyent consacrées. Allés donc bien sagement , ma chère Fille ; faites que vostre humilité , obeyssance , douceur et modestie, servent de mirouer aux jeunes, et de consolation aux autres. Dieu soit a jamais avec vous, et vous veuille bénir de sa dexlre ! Amen. Vive .lesus î
1 Tirée du second monastère de la Visitation d'Annecy. C'est la 377e de la Coileciion-Blaise.
DE S. FRANÇOIS DE SALES. a 47
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