A MADAME FRANÇOISE-ANGÉLIQUE DE SAINT-HERMAND
11 marque son inquiétude sur la santé de madame de Chantai, alors dangereusement malade.
Grenoble, 4 décembre 1617.
S dirois-je, ma très chère Fille? Certes, je me porte bien, mais tous-jours en peyne de nostre mère, que je laissay un peu mieux qu'elle n'estoit il y a dix ou douze jours, mais tous-jours, en danger. Et pensés si, ayant demeuré depuis la veille de S. André sans sçavoir en sorte que ce soit de ses nouvelles, je dois estre peyné I La volonté de Dieu soit a jamais l'unique refuge de la nostre, et son accomplissement nostre consolation.
Je suis icy receu avec joye, et ne nous manque que nostre seur Barbe-Marie, laquelle sachant vers vous, je ne vous requiers point. Ma très chère Fille, je vous salue de tout mon cœur, et suis très parfaitement vostre. Nostre père se porte bien ; le frère et la seur vont a Metz, trop heureux que sera ce peuple de les voir. Je salue nos chères seurs et ma seur Marie-Aymée très parfaitement, avec ma seur Jeanne-Françoise, et ma seur Marie-Catherine, et ma seur Françoise-Hieronyme, en somme, toutes sans reserve, et ma seur Colin. Dieu soit a jamais au milieu de leurs âmes. Amen.
1 Tirée du monastère de la Visitation de Ghaillot. C'est la 4i6« delà collection-Biaise.