‹ Œuvres complétes Volume 11Chapitre 56 sur 106 · A MA.DAME LA. COMTESSE DE DALET · texte numérisé non relu

A MA.DAME LA. COMTESSE DE DALET

Le Saint l'exhorte à secourir sa mère ; en même temps il lui inculque que l'amour des parents exige beaucoup des enfants. Dieu souffre qu'on les aime avec lui, pourvu que ce soit pour lui.

25 avril 1621.

Madame,

Je serois bien en peyne de vous escrire sur le sujet qui m'y convie, si je n'estois authorisé de Madame vostre mère : car a quel propos oserois-je mettre la main aux affaires qui se passent entre vous deux, et vous parler de vostre conscience, moy qui sçai que vous estes l'unique digne fille d'une si digne mere,pleyne d'esprit, de prudence et de pieté ? Mais puisqu'il le faut, sous cette si favorable condition^ je vous diray donq, Madame, que Madame vostre mère m'escrit tout ce qu'elle vous a dit et fait dire par plusieurs excellens personnages, en comparayson desquelz je ne suis rien, pour vous ranger au désir qu'elle a que vous ne l'abandonniés de vostre assistance filiale en cette grande presse d'afi'aires temporelles en laquelle les occurrences que vous sçavés ont poussé sa mayson, qu'elle ne peut supporter de voir tomber sous le faix, et sur tout faute de vostre secours, qu'elle tient y estre seul et uniquement nécessaire.

Elle propose troys partis pour cela ; ou que vous vous retiriés tout a fait en Religion, affin que les créanciers ne vous désirent plus pour caution, et que la disposition des biens de vos enfans luy soit libre; ou que vous vous re-

i C'est la 570e de la collection-Biaise, et la 30e {al. 27e) du livre III des anciennes éditions.

mariés avec les advantages qui vous sont ofTertz; ou que vous demeuriés avec elle avec une seule bourse. Elle met dans sa lettre vos excuses pour les deux premiers partis ; car elle dit que vous avés voué a Dieu vostre chasteté, et que vous avés quatre bien petitz enfans,desquelzdeux sont des filles: mais pour le troisième je ne voy rien dans sa lettre.

Quant au premier, je ne suis pas pour interposer mon jugement, si le vœu que vous avés fait vous oblige a ne point désirer dispense, bien qu'elle allègue une grande précipitation qui peut prévenir la juste considération ; car véritablement la pureté de la chasteté est de si haut prix, que quiconque l'a vouée est très heureux de la garder, et n'y a rien a préférer que la nécessité de la charité publique.

Quant au second, je ne sçai si vous vous pourries légitimement descharger du soin que Dieu vous a imposé de vos enfans en vous rendant leur mère, et eux estans si petitz.

Mais pour le troysieme, Madame, je vous dis que vostre bourse doit estre commune a Madame vostre mère en cas de si grande nécessité. 0 Dieu ! c'est la moindre communication qu'on doive aux pères et aux mères. Je cuide bien entrevoir quelque rayson pour laquelle il semble qu'une telle fille chargée d'enfans puisse garder sa bourse ; mais je ne sçai pas si vous l'avés ; et si,je pense qu^il faut que cette rayson soit grande et grosse, pour le faire voir et considérer tout a fait. Entre les ennemys, l'extrême nécessité rend toutes choses communes ; mais entre les amys, et de telz amys comme sont les filles et les mères, il ne faut pas attendre l'extrême nécessité, car le commandement de Dieu nous presse trop. Il faut en ce cas relever le cœur et les yeux en la providence de Dieu, qui rend abondamment tout ce que l'on donne sur sa sainte ordonnance.

Je dis trop, Madame ; car Je n'avois rien a dire sur cela, que de renvoyer vostre chère conscience, pour ce regard, a ceux ausquelz vous vous en confiés.

Au reste, pour vos exercices spirituelz, Madame vostre mère se contente que vous les faciès a vostre accoustumée, hormis pour vos retraittes a sainte Marie, qu'elle désire d'estre liaiitées aux grosses festes de l'année, et cela a troys jours sur chaque quarantaine. Vous pouvés aussi vous en contenter, et suppléer par des retraittes spirituelles dans vostre mayson, la longueur de celles que vous pouvés faire en celle de sainte Marie.

0 mon Dieu ! ma chère Dame, qu'il faut faire de choses pour les pères et mères! et comme il faut supporter amoureusement l'excès, le zèle et l'ardeur, a peu que je die encor l'importunité de leur amour! ces mères, elles sont admirables tout a fait : elles voudroyent, je pense, porter tousjours leurs enfans,sur tout l'unique, entre leurs mammelles. Elles ont souvent delà jalousie ; si on s'amuse un peu hors de leur présence, il leur est advis qu'on ne les ayme jamais assés, et que l'amour qu'on leur doit ne peut estre sans mesure que par le desmesurement. Quel remède a cela? Il faut avoir patience, et faire au plus près que l'on peut tout ce qui est requis pour y correspondre. Dieu ne requiert que certains jours, que certaines heures, et sa présence veut bien que nous soyons encore presens a nos pères et a nos mères; mais ceux-cy sont plus passionnés ; ilz veulent bien plus de jours, plus d'heures, et une présence non divisée. Hé ! Dieu est si bon que, condescendant a cela, il estime les accommodemens de nostre volonté a celle de nos mères, comme faitz pour la sienne, pourveu que nous ayons son bon playsir pour fm principale de nos actions.

Or sus, vous avés la Moyse et les Prophètes, c'est a dire tant d'excellens serviteurs de Dieu : escoutés-les. Et moy, j'ay tort de vous entretenir si longuement, mais j'ay un peu de complaysance de parler avec une ame pure et chaste, et de laquelle il n'y a aucune sorte de plainte que pour l'excès de dévotion ; tare si rare et si aymable, que je ne puis

n'aymer pas, el n'honnorer pas celle qui en est accusée, et n'estre pas a jamais, Madame, vostre très humble et très obéissant serviteur, etc.

LETTRE

A LA MÊME

Le vœu de chasteté doit être gardé, au préjudice même de la conservation de sa postérité. Quelle sorte d'assistance les enfants qui sont mariés et qui ont famille doivent à leurs parents. La retraite est nécessaire aux personnes dévotes pour conserver leur pureté, et elle contribue à leur union avec les personnes du monde qui ne s'accommodent pas volontiers des exercices de la vie dévote.

11 mai 162L

Madame, C'est en la présence de Dieu que je vous dois particulièrement escrire cette lettre, puisque c'est pour vous dire ce que vous devés faire pour sa plus grande gloire es choses que vous m'avés marquées. Apres donq avoir invoqué son saint Esprit, je vous dis que je ne voy nulle juste occasion en tout ce que vous me dites, et que Madame vostre mère me dit, pour laquelle vous déviés violer le vœu que vous avés fait de vostre chasteté a Dieu : car la conservation des maysons n'est pas considérable, sinon pour les Princes, quand leur postérité est requise pour le bien public ; et si vous estiés Princesse, ou celuy qui vous souhaitte Prince, on vous devroit dire : Contentés-vous de la postérité que vous avés; et a luy : Faites de la postérité d'une autre Princesse. En somme, le saint Esprit a fait dire clairement qu'il n'y a rien d'estimable en comparayson d'une ame continente ^ Demeurés donc la, puisque Dieu vous a inspiré

1 C'est la 573^ de Biaise, et la 40e du livre III des anciennes éditions*

2 Omnis ponderatio non est digna continentisanimœ. Eccl.,XXVI, 20.

de le vouloir, et vous donne la grâce de le pouvoir. Ce grand Dieu bénira vostre vœu, vostre ame et vostre corps, consacrés a sou nom.

2. Il est tout vray que vous n'estes nullement obligée par droit de justice d'assister de vos moyens laMayson de Mon" sieur vostre père, puisque vos moyens et ceux de vos enfans, par l'ordre estably en la republique, sont séparés et independans de la mayson de Monsieur vostre père, et qu'il n'est point en nécessité effective ; et d'autant plus qu'en effect vous n'avés rien receu de vostre dot promis seulement, et non payé.

3. Au contraire, s'il est véritable que vous ruyneriés vos enfans et ce qui est a eux, et que vous vous ruineriés vous-mesme, si vous vous chargiés des affaires de vostre Mayson paternelle, sans pour cela l'empescher de se ruyner, vous estes obligée, du moins par charité, de ne le faire pas : car a quel propos ruyner une mayson pour en laisser encor ruyner une autre, et donner des remèdes contre un mal irrémédiable, aux despens de vos enfans? Si donq vous sçavés que vostre secours sera inutile au soulagement de Monsieur vostre père, vous estes obligée de ne l'y point employer au préjudice des affaires de vos enfans.

4. Mais, Madame, si vous pouvés l'aydersans endommager vos enfans, comme il semble apparemment que vous le puissiés faire, puisque vous estes unique ; et que tout ce que vous pourrés empescher d'estre vendu demeurera en fin a vos enfans, Monsieur vostre père et Madame vostre mère ne pouvant avoir d'autres héritiers, il m'est advis que vous le devés faire : car ce ne seroit qu'abandonner vos moyens d'une main, et les reprendre de l'autre.

5. Et quand mesme vous incommoderiés vos affaires pour contenter Madame vostre mère, pourveu que ce ne fut pas avec trop de perte de vos enfans, encor me sembleroit-il

que vous le devriés faire, pour le respect et l'amour que vous estes obligée de luy porter.

6. Et quant au reste, je pense qu'il seroit plus a propos, pour vostre repos et pour la suitte de l'eslection que vous avés faite d'une perpétuelle pureté, que vous demeurassiés a part en vostre petit train, a la charge que vous vissiés souvent Madame vostre mère, laquelle, si j'entens bien sa lettre, ne seroit point marrie que mesme vous fussiés Religieuse, pourveu que vous luy communiquassiés vos moyens pour la retenir en possession des biens de la mayson.

Et véritablement, ne vous voulant point ranger a un second mariage,ni ne pouvant pas seconder le courage que je voy en cette Dame a tenir grand train et portes ouvertes a toutes sortes d'honnestes conversations, je ne voy comme ce ne seroit pas plus a propos que vous demeurassiés a part, n'y ayant rien d'esgal a la séparation des séjours pour conserver l'union des cœurs entre ceux qui sont de contraires^ quoy que bonnes humeurs et prétentions.

Voyla mon opinion. Madame, sur la connoissance que j'ay de Testât de vos affaires. 0 ! s'il eust pieu a Dieu que je vous eusse veuë a Lyon, que de consolation pour moy, et combien plus certainement et plus clairement j'eusse peu vous expliquer mon sentiment ! Mais puisque cela n'a pas esté, je m'attendray a recevoir vos répliques, s'il vous semble quej'aye manqué a comprendre le fait que vous m'avés proposé, et je m'essayeray a en reparer les manquemens. Et je vous supplie. Madame, de ne point vous mettre en aucune considération qui vous puisse oster la liberté de m'escrire, puisque je suis et seray désormais tout a fait et sans reserve vostre très humble et très affectionné serviteur, qui vous souhaitte le comble des grâces de nostre Seigneur, et sur tout un progrès continuel en la très sainte douceur de charité, et la sacrée humilité de la très aymable simplicité chrestienne; ne me pouvant empescher de

VOQS dire que j'ay treuvé parfaitement douce la parole que Yous mettes en vostre lettre,disant que vostre mayson est des communes, et rien plus : car cela est cherissable en un eage où les enfans du siècle font de si gros broùas de leurs maysons, de leurs noms et de leurs extractions. Vives tous-jours ainsy, ma très chère Fille, et ne vous glorifiés qu'en la croix de nostre Seigneur % par laquelle le monde vous est crucifié, et vous au monde. Amen. Je me dis de rechef de tout mon cœur, Madame, vostre serviteur très humble, etc.

LETTRE

A LA MÊME

En quelle nécessité doit être unefamille pour empêcher une personne de prendre le parti du cloître. La tentation est dangereuse dans ces circonstances.

Après le 11 mai 1621.

Ma très chère Fille,

Je vous diray franchement que quant a l'obligation de vostre conscience, je ne varie nullement, et persévère a ce que je vous ay dit il y a longtems, qui est en un mot, que si la nécessité de la personne de ce bon Seigneur est telle que vous soyés requise en présence pour la secourir,vous devés arrester. Si ce n'est que la nécessité du meilleur estât des biens, vous n'y estes pas voirement obligée ;mais pourtant,si cette nécessité estoit extrême et grande, et qu'elle ne peust estre remédiée que par vous, c'est a dire, que vous ne peussiés suppléer par autruy aux affaires ; vous pourries

* Mihi absit gloriari, nisiin cruceDomininostri JesuChristi,per quem mihi mundus crucifîxus est, et ego mundo. Galat., VI, 14.

2 C'est la 574« de Biaise, et la 99e du livre IV des anciennes éditions.

librement arrester le tems requis a cela,que je remetz a vostre discrétion et prudence, ne pouvant dissimuler avec TOUS qu'en cette occasion je ne voye quelque sorte de tentation.

Car, sans doute, si vous vous fussiés remariée a quelque chevalier du fond de Gascoigne ou de Bretaigne,vous eussiés tout abandonné, et on n'eust rien dit : maintenant que vous n'avés pas fait a beaucoup près un si grand abandonnement^ et que vous avés réservé assés de liberté pour avoir un soin modéré de vostre mayson et de vos enfans, parce que ce peu de retraitte que vous avés fait est pour Dieu, il se treuve des gens qui taschent de le faire estimer mauvais et contre le devoir.

Ce queje ne dis pas pour ce bon Chevalier qui vous souhaitte aapres de soy, car vrayement il a rayson de désirer le bien de vostre conversation, qui ne peut que luy estre aggreable ; mais pour ceux qui en parlent par manière de conscience et de scrupule, qui, a mon advis, ne sont pas bien fondés en cela, bien qu'en la lettre do Monsieur N. je les voye fort doctes et de grand esprit. Mais je reviens a vous dire que vostre discrétion vous doit régler, selon ce queje vous en ay dit autrefois, et que maintenant je répète. Au demeurant, pendant vostre séjour, ces bonnes filles font au mieux qu'elles peuvent, affm qu'a vostre retour vous ne treuviés point de décadence en cette heureuse vie en laquelle Dieu les a mises sous vostre conduite.

Je vous souhaitte mille et mille bénédictions célestes pour l'advancement de vostre cœur au très saint amour du Crucifix, auquel il est voué et consacré éternellement. Je suis, comme vous sçavés, de toute mon ame, ma très chère Fille, tout parfaitement vostre, en celuy qui pour nous rendre siens s'est fait tout nostre, Jesus-Christ, qui vit et règne es siècles des siècles. Amen.

GLVII

LETTRE

A UNE DAME

Remèdes à la calomnie.

La veille de Saint-Jean, 23 juin 1621.

Madame,

Je respons a vostre dernière demande, en peu de paroles, que je n'ay pas changé d'advis depuis que j'escrivis Vintroduction a la vie dévoie : au contraire, je me voy tous les jours affermir en mon sentiment. Pour ce qui regarde le support des injures^ la passion a l'abord nous fait tous-jours désirer des vengeances; mais quand nous avons un peu de crainte de Dieu, nous n'osons pas les appeler vengeances, ains nous les nommons réparations.

Que cette bonne Dame me croye, et qu'elle n'entre point en terme de procès pour ces chansons ; car ce ne seroit que multiplier le mal, en lieu de l'estouffer. Jamais une femme qui a le vray fondement de l'honneur ne le peut perdre. Nul ne croit ces infâmes diffamateurs, ni ces chansonneurs; on les tient pour des meschans.

Le meilleur moyen de reparer les ruynes qu'ilz font, c'est de mépriser leurs langues qui en sont les instrumens, et de leur respondre par une sainte modestie et compassion. Mais sur tout, certes, il n'y a point d'apparence que ce pauvre diffamateur se soumettant a reparer, autant qu'en luy est, l'injure, au jugement des parens, on aille prendre cet autre biais de plaidoyeries, c'est a dire, des labyrinthes et abysmes de conscience et de moyens.

* C'est la 577e de la collection-Biaise, et la 18e du livre III desano. edit.

Or, je ne desappreuverois pas qu'il confessast sa faute, declarast son animosité, et demandast Foubly ; car, encor qu'il soit de peu d'authorité, ayant commis cet acte, si estce pourtant que c'est tous-jours quelque sorte de lumière pour l'innocence, de voir ses ennemysluy faire hommage. Mais plustost que de venir par procès, elle devroit faire toute autre chose.

J'ay une récente expérience de la vanité, ou plustost du dommage que les procès apportent en ces occasions, d'une des plus vertueuses Dames que je connoisse, qui s'est infiniment mal trouvée d'avoir quitté mon advis, pour suivre l'impétuosité de la passion de sesparens. Groyés-moy, ma très chère Fille, l'honneur des gens de bien est en la protection de Dieu, qui permet bien quelquefois qu'on l'esbranle, pour nous faire exercer la patience; mais jamais il ne le laisse atterrer, et le relevé soudain. Vives toute a Dieu, pour lequel je suis. Madame, vostre très humble serviteur, etc.

GLVIII

LETTRE '

A UNE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION

La prudence, humaine est fort à craindre dans les choses spirituelles ; elle est opposée à la charité, à la confiance en Dieu, à l'établissement des maisons religieuses.

24 juillet 1621.

0 ma très chère Fille ! quelle pitié de considérer les effectz

de la providence humaine en ces âmes dont vous m'escrivés,

1 C'est la 577e de la collection-Biaise, et la27e {al. 22^) du livre VI des anciennes éditions.

le mien et lien régner d'autant plus puissamment es choses spirituelles, qu'il semble estre un mien et tien spirituel; et cependant il estoit tout a fait, non seulement naturel, mais charnel. 0 combien tout cela est esloigné de cette pure charité^ qui n'a pas de jalousie ni d émulation, et qui ne cherche point ce qui luy appartient^ ! Ma Fille, cette prudence est opposée a ce doux repos que les enfans de Dieu doivent en la providence céleste.

On dirait que l'érection des Maysons religieuses et la vo cation des âmes se fait par les artifices de la sagesse naturelle : etjecroy certes que, quant aux murailles et a la charpenterie, l'artifice en peut estre naturel : mais lavocation, l'union des âmes appelées, la multiplication d'icelles, ou elle est surnaturelle, ou elle ne vaut rien tout a fait. Nous avons trop de considérations d'estat et trop de finesse mondaine en ces choses que Dieu fait par une spéciale grâce. Tous-jours les pauvres rejettées ont eu la bénédiction et la multiplication, comme Lia, Anne et les autres.

Mais^ ma très chère Fille, il faut demeurer en paix, en douceur, en humilité, en dilectionnon feinte, sans se plaindre, sans remuer les lèvres. 0 si nous pouvons avoir un esprit d'une entière dépendance du son paternel de nostre Dieu en nostre Congrégation, nous verrons multiplier avec suavité les fleurs des autres jardins, et en bénirons Dieu, somme sic'estoit es nostres. Qu'importe-il a uneame véritablement amante, que le céleste Espoux soit servi par ce moyen ou par un autre ? Qui ne cherche que le contentement du bienaymé, il est content de tout ce qui le contente.

Groyés-moy, le bien qui est vray bien ne craint point d'estre diminué par le surcroist d'un autre vray bien. Servons bien Dieu, et ne disons point : Que mangerons-nous y que boirons-nous ^ ? D'où nousviendront des Seurs ?G'est au

^ Caritus non8emulatur....nonquaeritquaesuasuiit. I. Cor., XIII, 4et5. 2 Quid rranrUicabimus, aut quid bibemus? Matth., VI, 31.

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