‹ Œuvres complétes Volume 11Chapitre 58 sur 106 · A UNE COUSINE · texte numérisé non relu

A UNE COUSINE

Le Saint la console sur la mort de son père.

24 juillet 1621.

Mon cœur ayme trop le vostre, Madame ma très chère cousine, ma Fille, pour ne voir pas et ne sentir pas sa douleur en cette si récente et véritablement grande perte que nous venons tous de faire ; mais, ma très chère Fille, de mettre la main a vostre cœur, et d'entreprendre de le guérir, il ne m'appartient pas, et sur tout le mien estant certes des plus affligés de toute nostre parenté, comme celuy qui cherissoit passionnément ce cher oncle, quim'honnoroit réciproquement, avec beaucoup d'affection, de sa digne et aymable bienveuillance.

Je prie Dieu, ma chère Cousine, qu'il vous soulage luymesme de sa sainte consolation, et qu'il vous face ramentevoir, en cette occasion, de toutes les resolutions qu'il vous a jamais données d'aquiescer en toutes occurrences a sa très

i C'est la 578e de Biaise, et la 89e du liv. V des anciennes éditions.

sainte volonté, et de Festime que sa divine Majesté vous a donnée de sa très sainte Trinité, a laquelle nous devons espérer que la chère ame de celuy de qui nous ressentons la séparation est arrivée : car, helas ! ma très chère Cousine, nous n'avons de vie en ce monde que pour aller a celle de Paradis, a laquelle nous nous advançons de jour en jour, et ne sçavons pas quand ce sera le jour de nostre arrivée.

Or sus, vostre père est hors du pèlerinage plein de tant de travaux; il estarrivé au lieu de son asseurance ; ets'ilne possède pas encor la vie éternelle, il en possède lacertitude, et nous contribuerons nos prières aTacceptation de son bonheur perdurable. Ma très chère Cousine, je vous escrisainsy sans art, plein de désir que vous m'aymiés tous-jours, et que vous croyiésque je seray toute ma vie vostre très humble Cousin et serviteur, etc.

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LETTRE '

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