‹ Œuvres Completes Volume 16Chapitre 116 sur 188 · CXXVIII ADDITIONS · texte numérisé non relu

CXXVIII ADDITIONS

nourrir des âmes humbles, les vierges seront humbles, parce qu'elles sont vierges, d'autant que la virginité sans humilité n'est rien que vanité : Les veuves seront humbles, parce qu'elles ne sont pas vierges; les viero-es honoreront les veuves, à cause de leur humilité et dévotion ; les veuves honoreront les vierges, à cause de leur humble virginité: ainsi toutes respireront l'humilité, et la suavité de la charité qui les rend saintement égales : doncques les vierges, les veuves, les vieilles et les maladives seront reçues en ces maisons, qui pour cela ne professeront pas une austère austérité, et faut que la ferveur de la charité, et la force d'une tres-intime dévotion supplée à tout cela.

De la conslitulion de la clôture.

Quand quelques dames secuheres entreront dans le monastère, la supérieure et detix sœurs les iront recevoir à la porte avec tant de douce cordialité et. de religiosité , qu'elles ayent sujet de dire qu'elles entrent en la maison du Seigneur, pleinede douceur et de paix : il ne faut point qu'aucune des autres sœurs s'aille présenter d'elle-même à telle réception ; au contraire l'on sonnera une clochette, afin que chacune se retire, et que lesdiles dames qui se ront entrées sçachent que c'est au rebours des maisons du monde, oii chacun s'empresse à voir qui est 15. En cela elles s'édifieront delà recoUcction des servantes de Dieu; si toutes-fois une sœur est nécessitée de passer es lieux ou seront les dames, il luy sera loisible de les saluer, pour ob = server la cordialité en Thospitalité chrétienne, et cela tresbrievement; que si toutes-fois il est silence, qu'elle passe sans dire mot, sinon que la supérieure l'appelle; alors elle saluera librement sans se faire presser on faire la honteuse, mais dans la franchise des enfans de Dieu, qui doit exclure de la congrégation de la Visitation toutes gesncs et petites niaiseries.

ADDITIONS. CXXrx

Il est tolerable que quelque dame entre quelquefois pour certaine grande, rare et extraordinaire occasion dans les monastères, mais que le monde n'y vienne point avec elle; ce qui arriveroit si les religieuses par leurs saintes contenances, modestie et devis n'attiroient telles dames h parler chrétiennement et spirituellement, sans mélange de murmuration, curiosité, où autre entretien superflu.

De la constitution de l'obéissance.

L'ame ayant à combattre tant d'ennemis visibles et invisibles, si elle veut demeurer victorieuse; il faut sur toutes choses avoir l'obéissance. Or cette congrégation étant une petite armée dressée contre le péché et la vanité du monde, afin qu'elle puisse tres-heureusement vaincre en terre, pour triompher glorieusement au Ciel, et rendre compte à nostre Seigneur et à nostreDamedeses victoires, elle doit en toutes choses et sur toutes choses vivre en une tres-absoluë obéissance, demeurant pleinement et perpétuellement sous l'autorité de l'évêque, sans qu'elle se puisse mettre sous aucun supérieur régulier; ains l'évêque donnera une personne ecclésiastique dépendante de son clergé et autorité, pour père spirituel, lequel sera respecté de la supérieure, et de toutes ses sœurs qui luy obéiront selon la règle.

De la constitution de la pauvreté.

Ayant tiré les billets des Saints, tout se fera avec révérence et dévotion, pour l'amour du Saint qu'on aura tiré, et pour imiter en quelque sorte par cette circoncision des affections que l'on pourroit avoir celle de nostre Seigneur. Enfin si ce n'estoit qu'à cause de la diversité des tailles, on ne se peut pas servir des robes ; il seroit expédient que Von les changeât aussi-bien que les chapelets et croix, nean-

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