‹ Œuvres Completes Volume 16Chapitre 147 sur 188 · CLXXII DIRECTOIRE · texte numérisé non relu

CLXXII DIRECTOIRE

Les novices professes ne seront pas obligées à demeurer dans le noviciat, sinon tandis qu'on y pratique les exercices. Elles s'addresseront h la directrice pour toutes leurs nécessitez, hormis quand elles seront en la présence de la supérieure , et luy rendront compte seulement une fois la semaine.

Toutes rendront une obéissance très-simple à la directrice en tout ce qu'elle leur commandera, sans répliques ny excuses, et ne parleront point de ce qui se fait au noviciat, tant des coulpes, qu'autres choses.

Pour apprendre à se bien confesser, elles iront le matin, tant qu'il se pourra, parler à la directrice, pour estre instruites à se confesser, clairement, courtement, avec contrition, et aller comme il faut à ce saint sacrement, sans y compter des histoires qui ne servent de rien.

Les novices ne laisseront pas de faire leurs ouvrages au noviciat en tout temps, excepté lorsque la directrice leur parlera h toutes en commun le mercredy au matin après les coulpes. Et doivent, selon la signification de leur nom, se tenir pour les moindres et dernières de toutes; et par conséquent estre grandement humbles, servant et respectant un chacun avec une soumission remarquable. Du devoir tics sœurs envers la supérieure.

ARTICLE XIY.

Les sœurs rendront un grand respect à la supérieure, regardant Dieu en elle, et l'honorant comme l'organe du Saint-Esprit. Eu suite de quoy, lors qu'elles luy rendront compte de leurs consciences, elles se mettront 5 genoux, s'humiliant non seulement de corps, mais aussi d'esprit, pour recevoir les avis,remonslrances,et corrections qu'elle leur fera, tout ainsi que de la propre bouche de Dieu. Mais si la supérieure leur commande de se lever, elles le feront simplement.

DIRJiCTOIRE. CLXXIll

Que si par rencontre elle mortifie quelque sœur, elle se mettra soudain à genoux, demeurant ainsi les yeux bas, et les mainsjointes,jiisques à ce que la supérieure cesse de parler à elle. Puis elle Laisera terre, et si la supérieure est encore présente, elle luy fera un grand enclin en se relevant. Il leur sera très-utile de recevoir en cette sorte les mortifications et humiliations, comme remèdes convenables et nécessaires à leurs maladies, s'imaginant qu'elles sont ainsi que des petits enfants, ausquels la douce et charitable mère donne l'absynthe et le chicotin, drogues tres-ameres, l'une pour les garantir des vers, l'autre pour les sevrer de lamamnielle, et les accoutumer aux viandes solides. Qu'elles se gardent donc bien de croire, quand on les corrigera, ou qu'on leur fera des avertissemens, que cela se fasse par passion, ou mauvaise volonté ; ains qu'elles tiennent pour asseuré que c'est une vraye marque de l'amour qu'on leur porte, et du désir que l'on a de les voir persévérer en leur vocation, et parvenir à une très-haute perfection.

Recevant quelque obéissance un peu extraordinaire, elles se mettront h genoux, et baiseront terre. Lors qu'elles donneront ou prendront quelque chose de la main de la supérieure, soit lettres, livres, ouvrages, et choses semblables, elles mettront un genoiiil en terre, et baiseront sa main, sauf dans le chœur.

En quelque part qu'elles soient, si la supérieure passe près d'elles, elles se lèveront, et feront un enclin, excepté quand elles sont à genoux au chœur, qu'elles s'inclineront seulement,

Docamens fort ailles*

ARTICLE Xy.

Toutes les sœurs doivent estre fort attentives à se perfectionner selon leur institut, par une ponctuelle observa-

CLXXir DIRECTOIRE.

tiofl,rapporlant à cela toutes les lumières qu'elles recevront, tant aux lectures, conférences, oraisons, confessions, et prédications, qu'aulrement ; ne prenant jamais de tout cela chose aucune qui soit contraire à leur institut. Pour bon qu'il semble estre, et qu'en effet il le fût, si ne le seroit-il pas pour elles, je les en asscure. Chacun se doit perfectionner selon sa vocation, d'autant plus que les préceptes de toutes les vertus et perfections sont enclos dans les règles et constitutions, et les sœurs ne doivent rien tant craindre, sinon que l'on vienne h les négliger, et par ce moyen à se relascher de cette exactitude tant nécessaire. Que la supérieure de chaque monastère prenne soigneusement garde qu'on n'introduise aucune nouveauté, retranchant toutes prétentions de faire plus ou moins que ce qui est compris dans l'institut. Et sur-tout, il est requis que les sœurs continuent à se découvrir à la supérieure, avec l'entière simplicité et sincérité que la constitution marque, et que réciproquement les supérieures ayent un très-grand soin de conserver cette confiance filiale des sœurs en leur endroit par un amour tout cordial et suave. Cet avis est de si grande importance pour maintenir l'esprit de l'institut en sa perfection, que quand il manquera, l'esprit de la congrégation defaudra, lequel estant conservé, enrichira le paradis d'ames.

Les sœurs doivent continuellement aspirer à la véritable et sincère huinilité de cœur, se tenant petites et basses à leurs yeux. Et quand le monde les tiendra pour telles, et les méprisera, qu'elles reçoivent ce mépris, comme chose tresconvenableh leur petitesse, et un gage précieux de Famour de Dieu envers elles,* car Dieu voit volontiers ce qui est méprisé, et la bassesse agréée iuy est tousjours fort agréable. Qu'elles se monstrent très affectionnées, autant que la constitution seiziesme le permet, h la pratique de ce document, qui est d'un prix inestimable. Ne demandez rien,

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