DIRECTOIRE. CLXXV
et ne refusez rien ; mais qu'elles se tiennent disposées pour faire et souffrir tout ce qui leur arrivera de la part de Dieu, et de la sainte obéissance. Gela nourrira en elles la sainte paix et tranquillit»^ de cœur, qui leur a esté si souvent recommandée. A quoy servira encore, qu'elles ne se plaignent point les unes parmy les autres de leurs tentations, dégoûts, aversions, et dilïicultez, ni mesme des incommoditez corporelles, sinon à la supérieure.
Qu'elles fassent grande profession de ne se point excuser, non seulement sur les avertissemens, mais encore es fautes légères.
S'il arrive à une sœur de dire à une autre des paroles seclies, ou tant soit peu contraires à l'humilité, elle doit incontinent luy demander pardon, se mettant à genoux et baisant terre; ce que l'autre sœur fera pareillement, usant de quelque trait de cordialité en son endroit.
Quand les sœurs parleront de leurs défauts, et de ce qui touche à leur personne, elles useront du terme singulier; comme par exemple : J'ai rompu le silence; je suis imparfaite; j'ay mal à la teste, et semblables ; mais en tout le reste elles parleront en plurier, comme : Nous avons des cellules; nostre robbe est gastée; nous avons fait telle et telle chose.
Les sœurs ne pourront donner en leur nom aucune chose, et ne leur sera pas seulement loisible de se prester ou donner les unes aux autres sans licence.
Mais quand il sera requis de faire quelque présent, la supérieure le donnera, ou fera donner au nom de toute la communauté; et se tiendra-t'un en cela mesme dans les bornes de l'humilité, simplicité, et pauvreté religieuse, qui sont vertus particulièrement recommandées auxfillos delà Visitation,
Les sœurs s'essayeront d'estre courtes et retenues au parloir, mesmes avec des personnes spirituelles; parce