CLXXVI DIRECTOIRE
qu'aux longs entretiens il se glisse facilement des superfluilez et oisivetez de paroles.
Il ne leur sera jamais loisible d'ynianger, et tant qu'on pourra, on les exemptera d'y aller la matinée des festes, au temps de caresme et de l'advent, et pendant les retraites; mais neantmoins la supérieure le permettra quand elle le jugera h propos.
La supérieure, pour quelque grande et signalée occasion d'affliction publique ou particulière, pourra faire faire des oraisons, jeusnes, pénitences, et communions extraordinaires , pour quelques jours, prenant l'avis toutefois de ses coadjulrices.
Elles feront demie heure d'oraison pour les pécheurs aux trois jours de caresme-prenant, devant ou après la lecture. Les sœurs porteront un grand respect à la parole de Dieu, de quelque part qu'elle leur soit annoncée, l'écoutant avec attention et révérence, et feront le mesme de toutes les choses saintes , et des vertus, desquelles elles parleront avec honneur et révérence, sans les tourner en récréation. Tant qu'il se pourra bonnement, la supérieure fera qu'il y ait prédication toutes les festes solemnelles de l'année, tous les premiers dimanches du mois, les dimanches du caresme, et une ou deux fois la semaine.
Les sœurs auront un jour tous les mois pour s'entretenir toutes ensemble, et pour se recréer saintement par forme de conférences spirituelles, environ une heure du silence de l'après-disnée, ou autre heure que la supérieure jugera à propos.
C'est aussi à sa discrétion de les mettre deux à deux , ou plusieurs ensemble, ou de les laisser en liberté de se choisir elles mesmes, ou bien la supérieure avec les professes, et les novices ensemble; mais non point dans les cellules, ny les aides, quand elles s'entretiennent à la fin du mois , sinon qu'elles ayent congé.
DIRECTOIRE. CLICXVII
Des menues licences.
APtTIGLE XYl.
Les sœurs sont en liberté d'aller visiter le tres-saîntSa* crement, pour faire courtement quelque acte d'adoration* De faire quelque prière vocale, allant ou venant par la maison, et pour qui elles veulent.
De demeurer les jours de festes environ demie heure aU chœur, entre prime et tierce.
D'y faire la lecture , ou dans le jardin. De se promener ou retirer en solitude, faisant leurs ou* vrages es heures qui ne sont point de communauté,* en sorte que cette liberté ne nuise point au recueillement»
De lire à toutes heures commodes quelque chapitre des réglés et constitutions, ou quelque peu de leurs livres, pour se distraire des tentations, ou recueillir l'esprit de dévotion.
De chanter des cantiques spirituels aux récréations, et mesme au silence, sans interrompre les autres.
De parler bassement et courtement durant le silence^ pour choses nécessaires.
De se retirer un peu en solitude, lorsque plusieurs travaillent en mesme ouvrage pendant le silence, ne quittant jamais les exercices communs pour quelque ouvrage , sans nécessité extraordinaire.
De se promener ensemblement pendant la récréation, et es jours de festes après le rapport des lectures , s'entrelenant dévotement.
Elles peuvent faire des récréations extraordinaires par intervalle, mais rarement»