LXXXVIII CONSTITUTIONS
et de la vie spirituelle : manifestant encore leurs tentations et peines intérieures, et non seulement pour se consoler, mais aussi pour se fortifier et humilier. Bien-heureuses seront celles qui pratiqueront naïfvement et dévotement cet article, qui enseigne une partie de la sacrée enfance spirituelle, que nostre Seigneur a tant recommandée, de laquelle provient, et par laquelle est conservée la vraye tranquillité de l'esprit. Le premier jour de communion de chaque mois, une chacune fera à part soy le renouvellement de sa profession, à la fin de l'oraison du matin : et à cet effet chaque sœur aura en écrit la forme de sa profession, signée de sa main qu'elle lira alors.
La veille du renouvellement de chaque mois, l'on avertira les sœurs en donnant l'obédience à midy, de se préparer pour faire cette action avec le plus de soin et de dévotion que faire se pourra, comme aussi une chacune lira les constitutions et directoires particuliers qui regardent son office ou condition tous les mois, avec pareille dévotion que si alors ils leur estoient donnez nouvellement. Et Dieu leur donnera tousjours des nouvelles lumières par la lecture d'icelles.
CONSTITUTION XXY.
De la correctiou.
Quand quelqu'une fera quelque faute légère, les autres ne la reprendront point ; mais en cas qu'elle continuât, elles en avertiront la supérieure, afin qu'elle y mette ordre. Que sija faute estoit d'importance et secrette, celle qui l'aura apperçu^fera doucement et amiablement la correction fraternelle, selon l'Evangile, jusque à trois fois; après quoy, si la défaillante persévère à ses fautes, elle sera déférée à la seule supérieure, afin que par tous les moyens possibles, elle y remédie ; mais si la faute n'est pas secrette, elle en avertira la supérieure d'abord.