‹ Œuvres Completes Volume 16Chapitre 80 sur 188 · XCIV CONSTITUTIONS · texte numérisé non relu

XCIV CONSTITUTIONS

Qu'elle ne concède point aisément à pas une l'usage des sacremeus , plus fréquent que celui qui est porté par les constitutions, de peur qu'en lieu d'une amoureuse et respectueuse communion, il ne s'en fasse plusieurs par imitation, jalousie, propre estime et vanité.

Qu'elle ait un grand soin de faire continuer toute congrégation à dire l'office tres-de vêtement, et à faire le offices spirituels de l'oraison, méditation , examen de conscience , préparation du matin, oraisons jaculatoires , lectures , et continuelle présence de Dieu. Comme aussi elle tienne la main que toutes les officieres ayent un directoire

Ï particulier de toutes les choses qu'elles doivent observer en eurs charges.

Elle aura un soin très-particulier, que les fdleset femmes ne soient jamais reçeuësen la congrégation, que leur vocation ne soit Lien éprouvée : et qu'aucun respect humain n'entre point en la considération de leur réception , ains la seule inspiration. Et partant que l'on les fasse arrester quelques semaines en la maison avant que de leur donner l'habit du noviciat, afin qu'elles soient considérées à loisir, en leurs humeurs , inclinations et deportemens.

Qu'elle procure que le père spiriti^ allant dehors, laisse sa charge entre les mains d'un autre Dien quahfié.

Qu'elle ait un grand soin d'empêcher que rien ne soit en la maison, et ne s'y fasse, qui ne soit conforme h la sainte pudicité et pureté, à la parfaite pauvreté et à l'exacte obéissance; et partant si quelque sœur avoit un peu trop d'inclination h converser avec les séculiers, quoy qu'ils fussent de profession ecclésiastique ou religieuse , ou proches parens , qu'elle luy en retranche toutes les commoditez. Et quant aux conseils spirituels , ou communication de conscience , comme la supérieure les doit librement permettre: aussi doit-elle faire que ce soit avec des personnes dignes d'estre employées h cet office angelique , avec Iq soiu cy-dessus mentionné»

COSfSTITtTIONS. XCV

Que jamais on ne fasse aucun procès» sans premièrement faire rechercher la partie d'en venir à la voye amiable, dont on puisse prendre acte ; et que l'on prenne l'avis du père spirituel , et de quelques uns des principaux amis de la maison , et des mieux entendus , lesquels conseillans d'entrer en procès, la congrégation se tiendra grandement sur ses gardes, à ce que rien ne se passe de son costé avec injustice, par animosité , contention et passion , ny en paroles , ny en écritures , ny en œuvres. Et en cas de perte de procès , que la supérieure et toute la congrégation s'abstienne de toutes murmurations , jugemens téméraires , et paroles picquantes , soit contre le juge , soit contre les par* ties.

Qu'elle ne change ny innove rien. Que si elle a besoin elle-mesme d'estre dispensée de la règle, elle le pourra faire de sa propre autorité, après en avoir conféré avec sa coadjutrice: sinon en chose de conséquence qu'elle recourra au père spirituel , ou à l'evesque.

Qu'au demeurant elle reçoive si humblement et doucement les avis et remonstrances qui lui seront données, que les sœurs puissent avoir une juste confiance et liberté de l'avertir, ou faire avertir es occurrences, selon qu'il sera dit après.

En somme, la supérieure se doit tenir si bien auprès de Dieu , qu'elle soit le miroir et le patron de toute vertu parmy les sœurs , et qu'elle puisse puiser dans le sein du Sauveur la force et la lumière dont elle a besoin.

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