XCVI CONSTITUTIONS
ferera pour l'ordinaire de quinze jours en quinze jours des affaires tant spirituelles, que temporelles de la maison, sans toutefois leur communiquer aucunement l'état des âmes, qu'elle aura appris par la reddition des comptes qu'en font les sœurs tous les mois.
Outre cela , comme la supérieure doit avec une modeste et prudente liberté, ordonner, commander et disposer selon la règle et les constitutions, et selon qu'elle jugera estre expédient es occurrences communes et ordinaires, aussi es difficiles et importantes, elle doit prendre l'avis des dites sœurs; et si la chose le mérite , elle en doit encore conférer avec le père spirituel , ou mesme avec Tevesque.
Or, il ne s'ensuit pas pourtant que la supérieure doive tousjours suivre le conseil desdites sœurs; ains suffit qu'elle l'entende , pour mieux se résoudre elle-mesme à ce que , selon Dieu , elle estimera estre plus convenable , après avoir bien considéré et pesé, ce que lesdltes sœurs auront allégué et remontré. Etneantmoinsbien qu'elle no soit pas obligée de suivre le conseil ; si est-ce qu'elle doit l'écouter avec tranquillité et suavité , sans tepaoigner aucun mépris ny dédain, afin de laisser la liberté et confiance aux sœurs de dire ce qui leur semblera bon.
Mais il y a des occurrences, esquelles selon les canons et coutumes générales des monastères des filles et femmes, il faut ouïr et suivre la pluralité des voix de tout le chapitre des sœurs; comme s'il faut pour quelque raison aliéner et changer, ou abréger les biens du monastère, recevoir une fille au noviciat, ou à la profession; élire la supérieure; rejeter une sœur ; demander un père spirituel : et s'il se trouve d'autres occasions, esquelles le père spirituel et la supérieure treuvent estre expédient que les choses passent au chapitre.
Or, en toutes occurrences esquelles le père spirituel et la supérieure pc se treuvcront pas de mosme avis, oa
COXSTITUTIOiNS. XCVII
recourra à Tevesque,! ou à son \icaire gênerai, qui marquera ce qui devra estre suivy et déterminé.