SUR LA CONFESSION
en mal passé et une bonne resolution de ne le plus commettre ; et à cet effect le Confiteor qui est la confession gène* raie des Chrestiens se doit dire bien dévotement devant Dieu.
^les chères Filles, ne nous amusons point à tous ces discernemens ny à vouloir pleurer et sentir nostre contrition, suffit qu'elle soit solide au fond du cœur et en la résolution d'amendement : si Pamendement i. ) suit pas tousjours, ne laissons pas de tousjours travailler à cela, c'est nostre vraye besongne.
L'on demande si en l'examen il est bon de discerner le péché véniel d'avec les imperfections? Oui, ma chère Fille, mais entre deux cents il ne s'en trouvera pas deux qui le «cachent faire, sinon es choses bien grosses.
En voicy un exemple : je viens vous dire qu'une telle personne vous salue, se recommande à vous, m'a parlé de vous avec estime, et de tout cela il n'en est rien; voila un péché véniel tres-volontaire : mais je raconte quelque chose, .et dans mon discours il se glisse quelques paroles qui ne sont pas du tout véritables , dont je ne m'apperçois qu'après les avoir dites, voila une imperfection dont je ne suis pas obligé de me confesser, sinon que je n'eusse rien autre. Il faut que je vous dise une chose qui m'arriva à Paris, confessant la B. IL Marie de l'Incarnation *, qui estoit encore séculière; après l'avoir confessée deux fois avec beaucoup d'attention, en fin je dis une fois à cette B. H. que je ne luy pouvois donner l'absoliaion, parce que les choses dont elle se confessoit n'estoient que minces imperfections et non péché, et luy en fis dire un qu'elle eust fait autresfois, comme vous faites à la Visitation , elle s'estonna fort que je luy dis ne trouver pas péché véniel, et me remercia gran-
» 11 y a nécessairement ici l'effet d'une distraction de la part du premier éditeur, la B. Marie de l'Iucarnatiou n'ayact son titre de Bienheureuse que depuis l'an 1791, qu'elle fut iDéatiiiée liai le pape Pie VI.
Ô/2 FRAGMENT SîIR LA CONFESSION.
dément de luy avoir donné cette lumière, m*asseurant qu'elle n'avoit jamais pensé à cette distinction , par oii vous voyez que cela est difficile, puis que cette ame si saincte et si esclairée estoit neantmoins dans cette ignorance.
Guy, vrayement, mes chères Filles, vous pouvez vous approcher de la Communion a^yec un péché véniel , sinon que par humilité vous vous en voulussiez priver avec congé, ou bien demander licence de vous confesser, mais certes je répugne fort que Ton se confesse plus souvent que les autres, cela ne sert qu'à donner soupçon que Ton a quelque grande chose.
Les péchez véniels sont effacez par un abbaissement devant Dieu , en prenant de Peau bénite , en disant un meà culpâ avec humilité ; ce qui fait que la bénédiction des Evesques efface les péchés véniels, c'est à cause de l'humilité et acte de sousmission que font ceux qui la demandent; humilionsnous devant Dieu et il nous pardonnera; faisons resolution de nous confesser à la première occasion , et passons chemin en la voye de Dieu; si neantmoins le scrupule est grand, et la faute grosse , la Supérieure trouvant bon que vous vous retiriez de la Communion , faites-le doucement, par révérence envers la grandeur et îa pureté de Dieu , certes cela est louable, mais la confiance filiale plaist beaucoup à Dieu» Ton fait une grande perte que perdre la Communion.
f IN DU TOME TROISIEAIS.