‹ Œuvres complétes Volume 3Chapitre 64 sur 135 · TRAITÉ X · texte numérisé non relu

TRAITÉ X

Considération sur le symbole des apostres , pour confîrmation de la foj catholique , touc'iant le saint sacrement de l'autel.

Je croy.

Si je considère sur vos saints autels , ô mon Sauveur et mon Dieu , vostre sacré corps , que vous avez assaisonné par tant de miracles , pour nous nourrir en ces déserts , et que tout ravy en admiration , autre parole ne me demeure en bouche, que ceste protestation de mon insuffisance ^ : « Qu'est )) cecy, qu'est, cecy? 0 Seigneur, regardés à moy : mon ju- » gement naturel , ma chair, mes sens me livrent mille y> assauts : Hé! ce me disent-ilz*, comme se peut-il faire » que le Sauveur ayt donné sa chair à manger? 0 que ceste )) parole est dure, et qui la peut ouyr ny croire? » Mais c'est par vostre grâce, mon Dieu, que ces séducteurs n'ont encore rien gaigné sur moy : je leur ay tousjours opposé le mot et symbole que vos apostres enseignoient jadis à vos anciens serviteurs , suivant le conseil de ces deux grands serviteurs de vostre Majesté, S. Ambroise et S. Augustin. Je m'en suis armé comme de la marque de vostre sauve garde ;j'ay fermé et cacheté mon cœur de ce sceau, afin qu'il ne fust ouvert à ces suggestions, et m'a esté comme un carquois qui m\ fourny mille et mille traits pour les combattre : Hé quoy, disois-je, ceste sacrée parole qui est sur le tin commencement de ce symbole, ne suiïiroit-elle pas, quand il n'y auroit autre chose , pour rompre tous les efforts de ces séditieux ? je croy , c'est le mot que j'ay desja prononcé dés mon bap-

« Exod., XVI, 15. — a Joaii., VI, 53.

fesme, par la bouche de ceux qui m'y présentèrent ; je suis donc croyint et fidelle , non pas entendeur ou compreneur ; et partant, plus on me rend ce sacrement mal-aysé à entendre et comprendre, plus on me le rend croyable et vénérable, la foy ayant plus de lustre où l'entendement a plus d'obscurité.

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