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Oeuvres complétes Volume 4

En succedant a M. 1 abbe Crelier dans la fonction de parer cette nouvelle edition des QEuvres de saint Francois Sales , c a ete pour nous un devoir, ou pour mieux dire , une necessite d adopter le plan et de suivre la methode de notre docte et pieux confrere. Nous continuerons en consequence a reproduire, autant qu il nous sera possible, la maniere dont le Saint ecrivait les mots , et nous nous attacherons encore davantage a le faire revivre lui-meme dans ses ecrits , en les presentant tels qu ils sont sortis de sa plume , au lieu de les defigurer par des corrections mal-avisees.

La partie des Sermons nous a fourni acet egard une ample matiere. Grace a 1 obligeance de Madame la Superieure de la Visitation de Reims , qui a bien voulu mettre a notre dispo sition Texemplaire de 1641 que possede cette maison, nous avons ete assez beureux pour pouvoir travailler sur cette edi tion, dans laquelle les Sermons du Saint ont ete publics pour la premiere fois ; et comme nous avions d avance la seconde edition de ces Sermons qui est de 1643, il nous a ete aise de reconnaitre avec combien peu de gout on avait entrepris de corriger Tceuvre primitive.

Aussi nous gardons-nous bien de faire preceder ces Ser mons, comme 1 a fait encore tout recemment M. Blaise, de TEpitre dedicatoire de cette edition de 1643, si servilement copiee dans toutes les autres qui se sont succede iusqu a nos

Vi AVERTISSEMENT

jours. Plein de respect pour les motifs qui ont pu porter sainte Jeanne-Franchise de Chantal a provoquer les corrections opertes dans cette seconde edition, deux ans, il est vrai, apres la mort de la Sainte, nous croyons que ses intentions ont 6ti mal comprises , ou qu elles ont ete mal executees.

Le lecteur pourra du reste en juger, en comparant avec toute autre edition, soit ancienne, soit nouvelle, le texte que nous donnons ici a partir de la page 129 de ce volume , qui est le point precis ou commence a proprement parler notre travail personnel.

Nous ne terminerons pas cet avant-propos sans reclamer conire une assertion rgcente , peu propre , nous semble-t-il , & donner une idee avantageuse des Sermons de notre Saint. Les Sermons imprimes de 1 Eveque de Geneve, a-t-on dit, laissent sans doute beaucoup a desirer ; mais la faute n en est pas au pre dicateur : nous n avons guere que le Sermon pour FAssomption qui soit ecrit de sa main , les autres ou ont ete recueillis par les auditeurs, qui les ont arranges a leur fagon , ou ne sont que des canevas traces par le saint ^veque et remplis par les editeurs.

Nous en demandons pardon a Teloquent ecrivain ; mais nous trouvons beaucoup a redire dans ces lignes echappees de sa plume. 1 II n est pas du tout exact d affirmer que nous n avons guere que le Sermon de 1 Assomption qui soit 6crit de la main du saint eveque : Tediteur de la premiere edition de ces Sermons, publiee en 1641 , assure au contraire de VINGT-CINQ de ces Sermons qu ils sont ESCRITS DE SA MAIN. Beaucoup de ces Sermons , il est vrai , ne sont que des canevas; mais ces canevas ont ete sans aucun doute respectes par 1 editeur, qui les donna pour ce qu ils etaient; et dans les Editions subsequentes, on n y a fait d autres additions que celle de la traduction francaise raise a cot6 des textes latins , ni d autres corrections c^ue ceUes qu ont par u uecessiter les regies

PRfeLTMINAlRE. VH

de la grammaire et la nettete de 1 expression. Et quant aux autres recueillis par les auditeurs, ils n ont point ete arranges a leur facon; mais, comme le temoigne 1 edition de 1641 , ils ont 6te fidellement recueillis par les auditeurs, qui etaient tout bonnement les religieuses de la Visitation Sainte-Marie d Annessy. On ne peut pas supposer que ces ferventes reli gieuses, pe*netrees comme elles 1 etaient d estime pour leur saint fondateur, aient arrange ces Sermons a leur facon , au lieu de les reproduire tels qu elles les lui avaient entendu prononcer lui-meme. La lenteur de debit qu on reprocbait quelquefois a saint Francois de Sales, comme i ont observe ses historiens, favorisait on ne peut mieux cette fidelite.

Disons-le encore une fois : Tinfidelite ne se trouve que dans les e"diteurs venus depuis la mort de sainte Chantal , qui ont efiectivement arrange a leur facon les materiaux laisses entre leurs mains , tant6t en supprimant des details de moeurs , des comparisons ingSnieuses, tant6t en y ajoutant des mots superflus, ou en s avisant meme de corriger certaines expres sions du Saint, pour accommoder son langage a des opinions erronSes. Nous avons trouve en effet dans un de ces Sermons ces paroles de saint Francois de Sales, tons sont appele s, remplacees par celles-ci , plusieurs sont appele s; ailleurs, toute une ligne ajoutee pour obliger le Saint a parler de la grace, sans autre intention peut-etre que de le faire abonder dans le sens des schismatiques du temps. Get artifice , on le sail , n e"tait que trop famiUer a ces sectaires.

Pour dire maintenant un mot de Fordre adopte dans la dis tribution de ces Sermons, nous y avons suivi, autant qu il nous a ete possible, le cours de Tannee ecclesiastique, en entremSlant suivant les occurrences le propre du temps avec les fetes mobiles , et rangeant a la fin les discours qui se rapportent a d autres sujets particuliers. Nous donnons a la fin de ce pre mier volume les deux Sermons sur 1 oraison ou la priere ,

VIII AVERTISSF.MENT PP.f T T1 \TTNATRE.

comme pouvant se rapporter aux deux derniers dimanches apres Paques; ce qu on ne trouvera dans aucune edition anterieure a celle-ci; il est vrai, pour tout dire, qu un certain pas sage de Fun de ces deux sermons semble indiquer qu ils ont plut6t ete preches 1 un et Fautre vers Fentree da careme. Nous avons de meme affecte au dix-septieme dimanche apres la Pentec6te un Sermon qui dans les editions precedentes &ait marqu6 pour la fete de la Dedieace , uniquement parce qu il avait ete preche le jour de la Dedicace d une eglise, celebree le dix-septieme dimanche. En revanche , nous avons compte comme Sermon compose pour la Dedicace celui qui a pour sujet la perpetuite de F Eglise, parce que le texte mis en t6te de ce Sermon se compose des premieres paroles de Fepitre du jour de la Dedicace.

Quant a la lettre de saint Francois de Sales a Farcheveque de Bourges sur la maniere de bien precher, qu il a plu a quelques editeurs d intituler Trait 4 de la predication, comme nous ne Favons pas trouvee imprimee a la tete de ses Sermons, nous la donnerons a la fin, si Fespace nous le permet; sinon, nous la rejetterons parmi les lettres ou elle se trouvait dans les anciennes editions , comme c est en effet sa place la plus naturelle.

Reims, le 1 DScembre 1857.

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