FONDÉE PAR S. A. A THONON
Les liir/ Prestres de la Congrégation qui font le service en l'église de iN. D. et portent la charge des âmes, vivent véritablement en bons ecclésiastiques séculiers sans scandale , et ceîeluent les saintes messes journalières qui ont esté establies.
Mays premièrement Feglise n'est pas entretenue proprement, ny assortie des meubles convenables , parce que les ditz Prestres tirant un chacun son gage à part, il n'y a pas dequoy fournir aux nécessités communes, lesquelles ensuite sont négligées ; secondement l'Office des heures canonicales n'y est pas fait avec la bienséance et dévotion extérieure qu'il seioit requis, les ditz Ecclésiastiques n'estant pas duitz et nourris à cela, ains seulement assemblés sous la condition des gages.
Tiercement les maysons sont en mauvais estât, parce que la dite Congrégation n'en a point de soin, et ce d'autant que tout le revenu d'icelle s'employe à l'entretenement des personnes et payement des gages : de sorte que Ta.gent de S. A., manquant, il n'y a pas où prendre les commodités requises aux réparations.
Quartement le revenu de la ditte Congrégation n'est pas bien ramassé, parce que chascun y estant à gage particulier, nul ne fait le mesnage commun, ains donnent tout le bien à
« L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 274* parmi les lettres inédites de la collection Biaise.
censé, cl Taiîmodiateurgaigne une grande partie, de laquelle par consenuent la Congrégation est privée.
L'unique remède à ces inconveniens seroit de composer cette Congrégation non de Prestre? à gages, mays de vrays Prestres de l'Oratoire, ainsy que la bulle fondamentale delà sainte Mayson porte , puis que mesmement il y en a en France qui pour la communion du langage pourront faire convenablement la charge des âmes , et qu'il y en a qui sont sujetz de S. A., et que tous demeurent entièrement sousmis à la jurisdiction des Evesques, en sorte que l'Evesque de Ceneve qui sera tousjours dépendant de S. A. aura l'authorité de les, contenir sans qu'il soit nécessaire de recourir hors de Testât. Et ainsy le revenu que possèdent à présent les Ecclesiasti(jues séculiers de N. D. n'estant point employé en gages partie u^ liers, ains estant mis tout en commun, il y aura de quoy faire une Congrégation de beaucoup davantage de Pères, qui mesnageant par leurs frères les biens, auront de (]uoy entretenir les meubles de l'église, les offices et ce qui despendra d'eux en une grande révérence et politesse : et cette partie de la Sainte Mayson qui est la fondamentale et la quelle paroist le moins , paroistra indubitablement le plus et ediQera infiniment. Et d'autant que les Prestres qui y sont maintenant sont gens de bien , on pourra leur prouvoir d'entretenement convenable leur vie durant, estans presque tous vieux, cependant que l'on introduira les PP. de l'Oratoire petit à petit par les moyens qui seront advisés.
Il y a encore un défaut notable en la Sainte Mayson , car il n'y a point de refuge pour les convertis , qui néanmoins y doit estre selon la première intention pour laquelle fut érigée cett' œuvre : de sorte que mesme le sieur de Corsier converti auquel on avoit assigné entretien , n'en a nulle sorte de commodité, et mourroit de faim, si d'autres gens que ceux de la Sainte Mayson ne s'incommodoyent pour luy; et néanmoins 3 est gentilhomme de bon lieu, et duquel la parenté a beau-
coup souffert pour le service de S. A. ; il est très homme de bien et bon ecclésiastique, mais non pas propre pour la charge des âmes. Et de plus il se convertit de tems en tems des honnestes hommes , comme de nouveau le sieur de Prez sujet de S. A. et homme de grande capacité , qui demeure tout à fait rans secours de ce costé-là.
Or à cela il n^ a point de remède , si non en faysant biea revenir les deniers de la fondation de S. A., et ordonner que Ton fasse un estahlissement particulier pour ce membre de la Sainte Mayson.
fîk6 OPUSCULES
CXLÎX.
LETTRE
A S. A. VICTOR AMÉDÉE, PRINCE DU PIÉMONT
SBôxii François reco-mmande à S. A. le frère Adrian , la réformation des monastères, et i-'élablissement des frères de l'Oratoire, à Thonon.
Anneci, 30 avril 1621.
Monseigneur,
Ce porteur, frère Adrian, va auprès de Y. A. Ser., pour
des affaires de si bonne condition pour le service de Dieu et
du publiq, et lui mesme est si zélé sujet de S. A., qu'il n'est
Bul besoin que je le recommande à la bonté de V. A. Mais
puis qu'il le veut, je le fay très humblement. Monseigneur, et
;ivec luy encor l'affaire de la reformation des monastères de
deçà les Montz , et l'establissement si nécessaire des PP. de
J'Oratoire à Thonon et Kumilly , qui suis à jamais de V.
A. Ser.,
Monseigneur,
Très humble, très obeyssant et très fidèle orateur et serviteur,
François, Evesque de Genève.
* L'ongtïïal en est conservé aux Aichives de la Cour de Turin. C'est la î.70» inédite de la uoUectiou Biaise.
LETTRE
A s. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.
Sai::t François met sous les yeux de S. A. la pauvreté de la maison des eafans de Bressieu-Rouer, et recommande une affaira que cette maison a es Piémont.
Annecy, 13 mai 1621.
Monseigneur,
La multitude des enfants et notamment des filles, qui soirt en la mayson de Bressieu-Roûer, est véritablement digne d'extrême compc*5sion ; or ils ont une prétention en Piedmoat laquelle ilz sollicitent il y a longtems; et ne peuvent ea voir l'issue , qui retient toute cette famille en langueur, et parce qu'ilz ont désiré mon intercession auprès de V. A,, alFin qu'il luy playse d'ordonner au Magistrat de leur faire bonne et briefve justice , je la supplie en toute humilité. Monseigneur, de leur départir cette si juste et charitable faveur, qu'elle ne refuse à personne, et que plus que nul aultre je me prometz de la véritable bonté et équité de V. A. Ser., de laquelle j'ai l'honneur d'estre.
Monseigneur,
Très humble , très obeyssan' et très fidèle orateur et serviteur,
François, Ev. de Gène va
» L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la V»
Inédite de la collection Biaise.
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LETTRE'
A S. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.
Sui son voyage à la sainte maison de Thonon.
-- . Annecy, 14 mai 1621.
Monseigneur,
Ayant receu le commandement de V. A. pour m'achemi- «er à la sainte Mayson , je ne manqueray pas de me rendre à Thonon au premier jour, et de luy rendre compte de tout ce que j'y auray fait et treuvé , puis que je suis, De Y. A. Serenissime,
Monseigneur,
Très humble, très obeyssant et très fidèle orateur et serviteur,
François, Ev. de Genève,
* L'original en existe aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 271» iué» iBte de la collectiou Biaise.
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LETTRE
A S. A. VICTOR AMÉDÉE, PRINCE DU PIÉMONT. Saiut François recommande à S. A., M. de UEspine.
Thoiion , 1 juin 1621.
Monseigneur,
Ce porteur, le sieur de L'Espine, se treuvant accablé de la recherche qui se fait par la Chambre des Comptes des restatz et deniers des quelz feu son père estoit demeuré débiteur et obligé , sans moyen quelconque ni espérance de pouvoir exiger les ditz restatz qui sont deuz par les Communes les quelles ont assés à faire de fournir aux charges présentes, il recourt à l'unique remède , qui est la bonté et debonnaireté de S. A. et à la vostre, Monseigneur, affin qu'il luy playse d'estre propice à son impuissance, et le délivrer de cette recherche , et parce qu'il est grandement chargé d'enfans et d'ailleurs homme d'honneur , je Faccompaigne de ma très humble supplication et recommandation auprès de V. A. Ser., de la quelle je suis,
Monseigneur,
Très humble, très obeyssant et très fidèle serviteur et orateur,
François, Ev. de Genève.
- L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 275* àiédite ie la collection Biaise.
LETTRE
A S. A. VICTOR AMÉDÉE, PRINCE DU PIÉMONT
gaint François envoie à S. A. le rapport sur la saintp maison de Thonon, éi. lui parle du besoin de réformer Je clergjé, tant séculier que régulier de la Savoie.
Annecy, 12 juin 1621.
Monseigneur,
V. A. verra par le résultat cy joint ce qui a esté treuvé bon par les sieurs de Lescheraine et Bertier et moy touchant Testât présent de la Mayson de Tlionon , en la visite que par le commandement de S. A. et de la vostre, Monseigneur, j'y ay faite ces jours passés.
Mais les moyens de remédier aux manquemens qui y sont , je les ay mis à part en un feuillet que je joins à cette lettre , laquelle je finis suppliant très humblement V. A. de ne se point lasser en la poursuite et resolution que Dieu luy a inspirée de faire au plus tost reformer Testât ecclésiastique tant régulier que séculier de la Province de deçà , estant chose très asseurée, que Dieu contre-eschangera ce soin de V. A. de mille et mille bénédictions que luy souhaitte incessamment ,
Monseigneur,
Vostre très humble , très obeyssant et très fidèle orateur et serviteur,
François , Ev. de Genève.
» L'original en appartient aux Archives de la Cour de Turin. G'e^t 'a iTÔ» inédite de la collection Blaiso.
LETTRE
A S. A. CHARLES EMMANUEL l*"", DUC DE SAVOIE,
Sur la sainte maison de Notre-Dame de Compassion , et sur les moyens
de la faire fleurir.
Annecy, 12 juin 1621.
Monseigneur,
Ayant visité la sainte Mayson de nostre Dame de Compassion , elle en recevra la relation , qui est toute la mesme que celle de Messieurs de la Chambre des Comptes , et verra , s'il luy plaist, les nécessités qu'il y a d'y faire des establissemens permanens pour la faire fleurir selon la très pieuse intention de V. A. qui l'a fondée , de quoy escrivant un Mémoire à part dans le paquet que j 'adresse à Monseigneur le Ser . Prince, pour moins importuner Y. A., il ne me reste que de continuer mes supplications à Dieu qu'il fasse de plus en plus abonder V. A. en ses saintes bénédictions, qui suis à jamais et invariablement ,
Monseigneur,
Yostre très humble , très obeyssant et très fidelle orateur et serviteur,
François , Ev. de Genève.
« L'autographe en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'«* la 277» inédite de la coUectiuû Biaise.
482 OPUSCITLES
€LVo
LETTRE
AS. A. CHABLES EMMANUEL l"*, DUC DE SAVOIE.
^fiaint François parle a S. A. de la réformation âes Religieuses au-delà de» monts, et de celle des Chartreux de Ripaille et d'Aux.
Annecy, 12 juin 1621.
Monseigneur,
Puis que j'ay occasion d'escrire à Y. A. Ser., je la supplie très humblement d'avoir aggreable que je luy représente Textreme besoin qu'ont les Religieuses de Cisteaux de deçà les Mons , et celle de Sainte-Claire hors la ville de Chamberi (sujettes au gênerai des Conventuels surnommés de deçà de la Grand'Manche) , d'estre ou reformées, ou changées selon le projet ci-devant envoyé à V. A., et cela est d'autant plus désirable que la plu spart des Religieuses mesme le désirent et souspirent après ce bien.
J'adjousteray de plus, Monseigneur, qu'il seroit requis pour l'establissement des PP. Chartreux à R paille et en l'Abbaye d'Aux , que V. A. commandast et fit commander par leur gênerai au P. D. Laurensde Saiut-Sixt, leur procureur en Savoye, de se rendre auprès d'elle terminer ce projet ainsi qu'il est requis.
Car, Monseigneur, de reformer ces Religieux d'Aux qui y sont maintenant , il est impossible. M. l'Abbé de Tamie a fait ce qu'il a peu pour cela ; et M. le Président de Lescheraine ayant esté là cette semaine au retour de Tonon, y a trouvé
» I/original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 278» inédite do la colleclion Biaise.
un si extrême scandale, qu'il ne sçait plus qu'en dire. Et par aventure, Monseigneur, qu'il seroit à propos que V. A. ou Bionseigneur le Prince Cardinal appelast le dit sieur Président pour ouyr plus de particularités sur ce sujet et sur eeîuy de la sainte Mayson que les escritz n'en peuvent déclarer, ce que je dis d'autant plus volontiers quej'ay reconnu au dit sieur de Lescheraine une grande suffisance d'esprit et beaucoup de bon zèle. Dieu par sa bonté fasse de plus en flus prospérer V. A., de laquelle je suis tout à fait ,
Monseigneur,
Très humble, très obeyssant et très fidelle orateur et serviteur,
François, Ev. de Genève.
LETTRE
A s. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.
Saint François recommande à S. A. l'affaire de la restauration de la discipline ecclésiastique, et lui envoie la note du nécessaire pour établir les PP. de l'Oratoire à Rumilly.
Anneci, 29 novembre 1621.
Monseigneur ,
Je loue Dieu dequoy V. A. persévère au dessein de la restauration de la discipline ecclésiastique en cepaïs, asseuré que je suys qu'à mesure que le zèle de V. A. fera croistre en ses estatz la gloire de la Divine Majesté, vostre couronne^ Monseigneur, fleurira de plus en plus ; et selon qu'il a pieu à V. A. de m'ordonner, je luy envoyé ce qui est présentement requis pour Testablissement des PP. de l'Oratoire à^ Rumilly, qui est une chose pressante, et demeure cependant
de toutes mes affections ,
Monseigneur ,
Vostre tres-humble , treB-obeyssant et tres-fidelle orateur et: serviteur,
François , Evesque de Genève.
• L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 28a*^ Inédite de la collection Biaise.
LETTRE