MONSIEUR CARRON
Sîinl François lui parle de la nécessité d'introduire les PP. de l'Oratoire à Rimiilly, et de rintention de M. de Saunaz, prieur à Chindrieu, d'unir soa i^rieuré à celui de Rumilly
,, . Anneci, 29 nov. 1621.
Monsieur ,
Je vous rends mille actions de grâces du soin qu'il vous a pieu de prendre pour me faire avoir response de Monseigneur le Ser. Prince, en faveur de l'introduction des PP. de rOratoire à Rumilly , oia l'on ne sçauroit dire combien leur venue est nécessaire ; car, Monsieur, imaginés- vous , qu'en cette seule église il y a quatre diverses espèces d'Ecclesiasïiqv.Qs : IMe Prieur, qui est Religieux de l'Ordre de Cluny, dépendant du prieuré deNantua qui est à présent en France; 2** le Sacristain , séculier qui est dépendant du pieuré ; 3° le €uié et le Vicaire, et quatre, cinq, ou six altariens qui font un petit corps à part. Il n'est pas croyable combien cette petite troupe ainsy composée, m'a donné de peine depuis 20 ans, et ça à cause des continuels procès et altercats que les uns ont eus perpétuellement avec les autres, avec un «xtréme scandale du peuple ; or, par l'introduction des PP.. ée l'Oratoire, cette église demeure toute unie, et administrée par un iiusi^ ^ esprit de paix et de douceur. Car les PP. de rOratoire ne sont pas comme les autres Religieux qui ne peuvent pas avoir la charge des paroisses , et de plus encore iiz ne sont pas exempts de la juridiction des Evesques , ains demeurent en leursujettion comme les Curés, de sorte qu'on
• L'autographe en existe aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 286* âiiédite de la collection Biaise,
-n'a pas besoin, en cas de désordre, de sortir du païs pour les ramener au devoir ; et de plus encor il se trouve desja des .très-bons Ecclésiastiques du païs qui n'attendent que leur venue à Rumilly pour s'associer à eux et se ranger à leur Congrégation. Au reste, M. de Saunaz est fîlz de M. de Saunaz qui fut pendu à Genève pour le service de S. A. lors de Tescalade , et va achever aux festes de Noël son noviciat en la mesme Congrégation , et niesme de désir que son prieuré de Chind^ieu soit uny à TEglise de Rumilly pour ce bon œuvre. Et quant au Prieur de Rumilly, on pourra traiter avec luy. Et ce qui est grandement à noter, c'est que le prieuré de Rumilly dépend de Nantua qui en prouvoit. Ce Nantua est hors de Testât de S. A., et encore ledit Nantua a le droit de présenter le curé. Comme aussi le prieuré de Chindrieu dépend de Cluny, et bien que le Prieur moderne n'ayt pas esté institué de la part de M. de Cluny, c'a esté par une grâce spéciale que lit le Pape Clément à ce jeune gentilhomme qui estant lors un enfant, à ma remonstrance et supplication , en considération de la mort du père qui mourut à moytié martyr dans Genève, en faveur dequoy sa Sainteté se contenta de donner ce morceau en commande pour cette fois tant seulement. Or, Monsieur, je vous escris ainsy au long tantost toutes ces particularités , afin que vous voyés que cette introduction des PP. de l'Oratoire sera non seulement utile au service de la gloire de Dieu et des âmes , mais encore selon le service de S. A. S"* et l'utilité de nostre patrie , qui me fait d'autant plus hardiment vous supplier de nous procurer au plustost les expéditions que je demande, puis que je n'ay plus presque que deux moys de loysir pour disposer de la cure de Rumilly , après lesquelz la provision tombera es mains du Pape. Monsieur , J3 suis tout à
^stit,
Vostre très humble et très affectionné serviteur,;
François , Evesque de Genève.
LETTRE
A S. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.
&mt François marque à S. A. qu'il n'attend que les ordres nécessaires pour remettre l'église de Rumilly aux PP. de l'Oratoire, qui seroient également d'un grand secours à la sainte-maison de Thonon.
Anneci, 3 février 1622.
Monseigneur, Je suis tousjours attendant les despeches nécessaires pour remettre l'Eglise de Rumilly entre les mains des PP. de l'Oratoire, bien en peyne dequoy je n'ay plus que seize jouri? de loysir pour disposer de la cure vacante , après quoy ellevacqueraen cour de Rome , et c*est sans doute qu'il ne manquera pas d'impetrans , qu'il sera par après malaysé de ranger au salutaire dessein de V. A. Que si elle me permet de joindre à cette remonstrance un mot pour la mayson de Thonon , je luy diray , qu'elle n'a pas moins besoin de la venue desmesmes PP. de l'Oratoire que l'Eglise de Rumilîy, parce que sans cela tout ce qui regarde l'Eglise de nostre Pâme et les bastimens qui en dépendent s'en va ruiné, ainsy que MM. les députés de la chambre ont reconnu et ont tes— moigné à V. A., la providence et pieté de laquelle je réclame-
en toute humilité , qui suis ,
» Monseigneur,
Vostre très humble , très obeyssant et très fidelle orateur et serviteur ,
François , Evesque de Genève., ,
« L'autographe en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. Cést^ b 387e inédite de la collection Biaise.
LETTRE
A MADAME DE TREVERNEY,
Sur des affaires de famille.
17 février 162S.
Madame ma très chère fille ,
J'ay loué Dieu de vostre santé et du contentement gue Madame la comtesse de saint Maurice vous a donné et àtoub ceux qui Fhonnorent , par sa grossesse , et si mes voeux sont exaucés, il reûscira à la parfaite jouissance du fruit que vous en desirez.
Quant aux papiers que vous avés désirés de mes frères pour les affaires qu'il z ont eues avec feu M. de Treverney, puis qu'ilz ne les treuvent pas, il vous plaira d'en faire dresser telle déclaration pour l'acquit que vostre conseil jugera convenable , et ilz la passeront vous suppliant de croire que l'égarement a esté fait sans dol ni dessein par seule inadvertance. Et pour lacedule des interetz remise à M. Rollant, quand il sera revenu de Paris oii il est allé prendre Madame de Chantai pour l'accompagner à son retour, je lesluy feray chercher, et en tout je m'essayeray de vous tesmoigner que c'est de toute mon affection que je suis à jamais,
Madame ,
Vostre très humble et très fidelle compère et serviteur,
François , E?'tîsque de Genève.
* L'original s'en conserve au monastère de la Visitation de Turin. C'est la 288e inédite de la collection Biaise.
DE S. i'-RANCOIS DE SALES. 489
LETTRE
A S. A. CHARLES EMMANUEL l*', DTÎC DE SAVOIE.
Privilège de la confrérie de la -Sainte -Croix de Chamhéry, d'avoir le Jeudi- Saint la délivrance d'un criminel. Saint François supplie cette année pour un galérien d'Annecy.
Février 1622.
Monseigneur ,
Il a pieu à S. A. d'accorder à la confrairie de la sainte Croix , autrement dite du Crucifix de Chamberi , la délivrance d'un criminel prisonnier tel qu'elle nommeroit <;hasque année le jeudi saint , en révérence de la mort et passion de nostre Seigneur ; et la pitoyable famille d'un homme de ce mandement d'Annessi a obtenu que il lust nommé et demandé en grâce cette année par ladite confrairie pour estre libéré de la galère. Et parce, Monseigneur, q 10 véritablement sa femme et ses enfans qui sont en grand nombre sont dignes de compassion, et qu'en la grâce du père est enclose la grâce des enfans , de la femme et de toute la famille , qui ne peut vivre sans l'assistance actuelle de ce pauvre homme, je joins à la très humble supplication que la confrairie fait à V. A. pour ce sujet ma très humble recommandation , qui suys ,
Monseigneur
Vostre très humble , très obeyssant et très Cdeîle orateur et serviteur,
François , Ev. de Genève.
« L'original en est conservé aux Archives da la Cour de Turin. C'est la 9.B9* 4fis lettres inédites de la coUectivWi Biaise.
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LETTRE