‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 17 sur 145 · A M. DE BÉRULLE · texte numérisé non relu

A M. DE BÉRULLE

ui SdiLi j'engage beaucoup à tenir la promesse qu'il lui avoit faite de venir passer le temps de la retraite à Annecy, et lui fait part de son sacre.

Annecy, le 18 décembre 1602.

Monsieur , la vostre que M. Santrul m'apporta , m'a extresmement consolé par le tesmoignage qu'elle me rend , de la continuation de vostre bienveillance en mon endroit, bien que je n'en eusse aucun doute. Assuré de vostre bonté et constance , j'ay veu que vous penchés encore à l'opinion que vous me communiquastes de venir quelque tems à la recollection et retraitte en ces quartiers. Dieu vous vueille dire luy mesme en vostre cœur ce qu'il en désire. Mais si ce bonheur m'arrivoit, je le mettrois au premier rang de ceux que j'ay eus, cy-devant tout auprès de celluy que j'ay receu en vostre connoisscince, car aussi en seroit-ce l'accroissement et perfection. Les deux conditions que vous mettes pour l'exécution de ce dessein ne me sembleroif i, revenir qu'à une seule, d'autant que si vous avés la liberté, je ne doute point que N. S. ne vous fasse connoistre qu'il se veut servir de vous pour l'administration de son saint Evangile. Je suis Evesque consacré dés le jour N. D. 8 de ce mois, qui me fait vous conjurer de m'ayder toujours plus chaudement par vos prières, comme de ma part je ne vous oublie pas, surtout en la re-

* Cette lettre fait partie de la collection des autographes de M. le marquis de Chôteaugiïon , publiée dans l'Isographie des hommes célèbres. Paris, 1828, S vol. in-fol. C'est la 886e cle la collection de Biaise.

commandation de la Messe. J'ay eu le bien de faire un peu de recollection et exercice en Passistance du P, Forier, l'un des excellens Jésuites que j'aye rencontrés, avant mon sacre. Ce que je vous dis parce que je vous veux rendre compte de mon esprit, comme vous me faites du vostre, disant, que vous continués en une grande variété d'occupations et multitude d'imperfections. Il n'y a remède. Nous aurons tousjours besoin du lavement des piedz, puis que nous cheminons sur la poussière. Nostre bon Dieu nous face la grâce de vivre et mourir en son service. Je vous supplie , Monsieur , de croire entièrement qu'il n'y « *»omme au monde qui vous soit plus dédié et affectionné que je suis et seray toute ma vie cour demeurer. Monsieur,

Votre très humble et très affectionné serviteur.

François de Sales, Evesque de Genève.

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