AUX CURÉS ET CONFESSEURS DU DIOCÈSE DE GENÈVE
Mes tres-chers Frères ,
L'office que vous exercez est excellent , puis que vous estes establis de la part de Dieu pour juger les âmes avec tant d'autorité , que les sentences que vous prononcez droitement en terre sont ratifiées au Ciel. Vos bouches sont des canaux par lesquels la paix coule du Ciel en terre sur les hommes de bonne volonté ; vos voix sont les trompettes du grand Jésus, qui renversent les murailles de l'iniquité, qui <îst la mystique Jéricho.
C'est un honneur extrême aux hommes d'estre eslevés à cette dignité, à laquelle les Anges mesmes ne sont point appelles. Car auquel des Ordres Angéliques fut-il oncques dit : Recevez le saint Esprit ; de ceux desquels vous remetterez les péchés, ils seront remis? Cela néanmoins fut dit aux Apostres, et en leurs personnes à tous ceux qui, par succession légitime, recevroient la mesme autorité. Estant donc employés pour cet admirable office , vous y devez nuict et jour appliquer vostre soin, et moy une grande partie de mon attention. A cette cause, ayant, il y a quelque temps, fait un amas de plusieurs remarques que j'estime propres pour vous ayder en cet exercice , j'en ay extrait ce petit mémorial que je vous présente, estimant qu'il vous sera bien utile.
* Cette lettre est la 644* de la collection de Biaise.