‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 33 sur 145 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

IM ia disposition intérieure du Confesseur à l'égard de luy-mesme

et à l'égard des Penitens.

Ayez une grande netteté et pureté de conscience, puis que VOUS prétendez de nettoyer et purger celle des autres , afin que l'ancien proverbe ne vous serve de reproche ; Médecin , gueris-toy toy-mesme; et le dire de l'Apostre : En ce que tu juges les autres, tu te condamnes toy-mesme.

Si doncques estant appelle pour confesser vous vous trouvez en péché mortel, ce que Dieu ne veuille, vous devez premièrement aller à confesse, recevoir l'absolution; ou, si vous ne pouvez avoir ce bien faute de Confesseur, vous devez exciter en vous la sainte contrition.

Ayez un ardent désir du salut des âmes , et particulièrement de celles qui se présentent à la pénitence , priant Dieu qu'il luy plaise de coopérer à leur conversion et avancement spirituel.

Souvenez-vous que les pauvres Penitens, au commencement de leurs confessions , vous nomment Père , et qu'en

1 Cet avertissement et les suivants f irent dressés dans un synode général que S. François de Sales tint au mois d'octobre 1603, où il fit plusieurs règlements pour le bon ordre de son clergé, et furent mis au jour la même année. ( Voyez les Statuts du premier synode, pag. 119 et sui^,)

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effet vous devoî avoir vn cœur patv3rne\ «n leu iHidioli. les recevant avec un extrême amour, supportant patiemment leur ruiticité , ignorance , imbécillité , tarJiveté el autres imperfections; ne vous lassant jamais de les ayder et secourir, tant qu'il y a quelque espérance d'amendement en •eux. Suivant le dire de S. Bernard , la charge des Pasteurs n'est pas des âmes ^)rtes , mais des foibles et débiles ; car les fortes vont assez d'elles-mesmes , mais il faut porter les foibles. Ainsi, quoyque l'enfant prodigue revinst tout nud, crasseux et puant d'entre les pourceaux , son bon père néanmoins l'embrasse, le baise amoureusement, et pleure de.^sus lui ; pa'xe qu'il estoit son père , et que le cœur des pères est tendre sur celuy des enfants.

Art. u. De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des différentes espèces

de Penitens.

Avez la prudence d'un médecin , puis qu'aussi les péchés sont les maladies et blessures spirituelles; et considère! attentivement la disposition de vostre pénitent, pour le traiter selon icelle.

§ 1. De la manière de traiter ceux que la honte retient.

Si donc , par exemple , vous le voyez travaillé de honte et de vergongne , donnez-luy asseurance et confiance que vous n'estes pas ange non plus que luy ; que vous ne trouvez point estrange que les hommes pèchent ; que la confession et pénitence rendent infiniment plus honnorable ^'homme, que le péché ne Tavoit rendu blasmable; que Dieu premièrement , ny les Confesseurs n'estiment pas les hommes selon qu'ils ont esté par le passé, mais selon ce qu'ils sont à présent ; que les péchés en la confession sont ensevelis devant Dieu et le Confesseur, en sorte que jamais ils ne soient remdr morés.

DE SAINT rnANÇOIS DE SALES. 131

§ 2. De cenx ^ui n'ont point de honte et de crainte de Dieu.

Si vous le voyez effronté et sans appréhension , faites-luy Men entendre que c'est devant Dieu qu'il se vient prosterner ; qu'en cette action il s'agit de son salut éternel ; qu'à rheure de la mort il ne rendra compte d'aucune cliose si estroitement , que des confessions qu'il aura faites ; qu'en l'aLsolution on employé le prix et le mérite de la mort et passion de nostre Seigneur.

§ 3. De ceux qui manquent de confiance et perdent courage.

Si vous le voyez craintif, abbatu, et en quelque défiance robtenir le pardon de ses péchés, relevez-le, en luy montrant le grand playsir que Dieu prend à ia pénitence des -grands pécheurs; que nostre misère estant plus grande, la miséricorde de Dieu en est plus glorifiée ; que nostre Seigneur pria Dieu son Père pour ceux qui le crucilîoient, pour nous faire connoistre que , quand nous l'aurions crucifié de nos propres mains, il nous pardonneroit fort libéralement ; que Dieu fait tant d'estime de la pénitence , que la moindre pénitence du monde, pourveu qu'elle soit vraye, luy fait oublier toutes sortes de péchés ; de façon que si les damnés et les diables mesmes la pouvoient avoir, tous leurs péchés leur seroient remis : que les plus grands Saints ont esté grands pécheurs : S. Pierre, S. Mathieu, Sainte Magdelaine, David, etc. ; et enfin, que le plus grand tort qu'on peut faire à la bonté de Dieu et à la mort et passion de Jesus- Christ, c'est de n'avoir pas confiance d'obtenir le pardon de aos iniquités ; et que par article de foi nous sommes obligés de croire la remission des péchés , afin que nous ne doutions |KHût de îa recevoir , lors que nous recourons au Sacrement jque nostre Seigneur a institué pour cet effet.

§ 4. Des personnes scrupuieuses qui ne se souviennent pas de leurs péchés.

Si vous le voyez en perplexité pour ne sçavoir pas bien

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dire ses péchés, ou pour n'avoir sceu examiner sa conscience^ promettez-luy vostre assistance , et Tasseurez que, moyennant Tayde de Pieu, vous ne laisserez pas pour cela de luy faire faire une bonne et sainte confession.

Sur tout soyez charitable et discret envers tous les penitens, mais spécialement envers les femmes, pour les ayder en la confession des péchés honteux.

§ 5. De ceux qui se servent d'expressions grossières et obscures.

S'ils s'accusent d'eux-mesmes, quelques paroles deshonnestes qu'ils prononcent, ne faites nullement le délicat ny^ aucun semblant de les trouver estranges , jusqu'à ce que la confession soit achevée , et lors doucement et amiablement , vous leur enseignerez une façon plushonneste de s'exprimer en ces matieres-là.

§ 6. De ceux qui embrouillent leur accusation par des excuses et des

histoires inutiles.

Si en ces péchés honteux ils embrouillent leur accusation d'excuses , de prétextes et d'histoires , ayei^ patience et ne les troublez nullement, jusqu'à ce qu'ils ayent tout dit; et alor& vous commencerez à les interroger sur le péché , pour leur faire faire plus parfaitement et distinctement la déclaration de leurs fautes, leur monstrant amiablement et faisant connoistre leurs superfluités , impertinences^ jt imperfections qu'ils avoient commises en s' excusant , paL.ant et déguisant leur accusation ; sans toutefois les tancer en aucune façon.

§ 7. Comment il faut en user à l'égard de «ieux qui n'osent s'accuser

des péchés honteux.

Si vous vovez cni'ils avent de la difficulté de s'accuser eux-mesmes de ces /..ciiés honteux, vous commencerez à les interroger des choses les plus légères, comme d'avoir pris plaisir à ouïr parler de choses deshonnestes, d'en avoir eu des pensées ; et ainsi petit à petit descendant de l'un à l'autre, à

fçavoii' de l'ouïe aux pensées et des pensées aux désirs , aux volontés, aux actions : à mesure qu'ils se descouvriront, vous les ii'f'Z encourageant à tonsjours passer plus avant, leur <liFrn! pnr telles ou semblables paroles : Que vous estes hciucux do vous bien confesser ! Crnyrz que Dieu vous fait une grande grâce. Je cQunois que le saii.t Esprit vous touche au cœur, pour vous faire faire une bonne confession; ayez bon courage, mon enfant; dites hardiment vos péchés, et ne vous mettez nullement en peine : vous aurez tantost un grand contentement de vous estre bien confessé, et ne voudriez pour chose du monde n'avoir si entièrement deschargé vostre conscience : ce vous sera une grande consolation à l'heure de la mort, d'avoir fait cette humble confession. Dieu bénisse vostre cœur qui est si bien disposé à se bien iiccuser. Eî; ainsi vous presserez tout bellement et doucement leurs belles âmes à faire une bonne et parfaite confession.

§ 8. De ceux qui sont chargés de péchés énormes.

Quand vous rencontrerez des personnes qui , pour des 'énormes péchés, comme sànt les sorcelleries, accointances diaboliques , bestialité , massacres , et autres telles abominations , sont excessivement espouvantées et travaillées en leur conscience , vous devez par tous moyens les relever et •consoler, les asseiu^ant de la grande miséricorde de Dieu, qui est iniînimeiil plus grande pour leur pardonner, que tous les péchés du monde pour damner; cf leur promettez de les assister en tout ce qu'ils auront besoin de vous pour le salut de leurs âmes.

CHAP. 11. De la lisposition extérieure du Confesseur et du Pénitent.

S'il y a aucun Sacrement en l'administration duquel il faille paroistre en gravité et majesté , c'est celuy de la pénitence, puis qu'en iceluy nous sommes juges députés de la

part de Dieu. Vous y serez donc en robbe et surplis , et Tes» tôle au cou et le bonnet en testé , assis en lieu apparent de l'église , avec une face amiable et grave , laquelle vous ne devez jamais changer par aucuns gestes ou signes extérieurs qui puissent tesmoigner de Fennuy ny du chagrin , de peur de donner quelque occasion à ceux qui vous verront , de soupçonner que le pénitent vous dit quelque chose de fascheux et exécrable.

Vous ferez que vostre pénitent tourne son visage à costé du vostre , en sorte qu'il ne vous voye , ni ne vous parle pas droit dans l'oreille , ains à costé d'iceîle.

CHAP. III. Des interrogations qu'il faut faire au Pénitent avant la v^onfession.

Le pénitent estant arrivé , il faut avant toutes choses s'enquérir de luy quel est son estât et condition , c'est à dire s'il est marié ou non , Ecclésiastique ou non, Religieux ou séculier, Advocat ou Procureur, artisan ou laboureur ; car selon sa vocation il faudra procéder diversement avec luy.

Il faudra voir après cela , s'il n'a pas intention de bien s'accuser de toutes ses fautes sans rien celer à son escient ,. comme aussi de quitter et détester entièrement le péché , et de faire ce qui luy sera enjoint pour son salut : que s'il n'a pas cette volonté, il faut s'arrester là, et l'y disposer, si fair« se peut : que s'il ne se peut faire , il le faut rer^ oyer, après luy avoir fait entendre le dangereux et misérable fcstat auquel. il est.

CHAP. IV. Des choses dont le pénitent doit s'accuser.

C'est un abus intolérable , que les pécheurs ne s'accusent de nul péché d'evx-mesmes, sinon en tant qu'on les interroge. Il leur faut c^onc apprendre à s'accuser premièrement eux-mesmes en ce qu'ils pourront ; et puis les ayder et secourir par les demandes et interrogations.

Ai;t F. Des (lifTôrcntes espèces de péchés dans chaque genre, on des ci; cuti-Lances qui i-egardent l'espèce e l qui la clKiiigcu

Il ne suifil pas que le pénitent accuse seulement le genre de ses péchés, comme seroit à dire d'avoir esté homicide,

fuxurieux , larron ; mais est requis qu'il nomme l'espèce : comme, par exemple ,.s'il a esté meurlrior de son père ou dp sa mère, car c'est une espèce d'homicide différente des autres, et s'appelle parricide ; s'il a tué dans l'Eglise, car en celai! y a sacrilège ; ou bien s'il a meurtry un Ecclésiastique^ car c'est un parricide spirituel, et est excommunié. De mesme au péché de luxure , s'il a defleuré une vierge , car c'est un isiupre ; s'il a connu une femme mariée , c'est un adultère ; et ainsi des autres.

Akt. II. De 1j circonstance du nombre.

Non seulement on doit s'enquérir de l'espèce du péché y mais aussi du nombre d'iceilx, afin que le Pénitent s'en accuse, disant combien de fois il a commis tel péché ou environ plus ou moins , au plus prés qu'il pourra selon sa souvenance ; ou au moins disant combien de temps il a persévéré en son péché , et s'il y est fort adonné ; car il y a bien de la différence entre celuy qui n'aura blasphémé qu'une fois , et celuy qui aura blaspbemé cent fois , ou qui en fait mestier.

Art. m. Des différents degrés d'un mesme péché.

Il faut de plus examiner le Pénitent sur la diversité des degrés du péché. Par exemple il y a bien de la différence entre se courroucer, injurier, frapper du uoing ou avec un i)aston , ou avec l'espée , qui sont divers péchés de colère» Item , il y a bien à dire entre le regard charnel et l'attouchement deshonneste , et la conjonction charnelle , qui sont divers degrés d'un mesme péché. Il est vray que celuy gai a confessé une action mauvaise , n'a besoin de confesser

les autres qui sont nécessairement requises pour faire cellelà : ainsi , celny qui s'est accusé d'avoir violé une fille une seule fois , n'est pas obligé de dire les baisers et attouchemens qu'il a faits parmi cela et à cette occasion , car cela s'entend assez sans qu'on le dise; et l'accusation de tels péchés est comprise en la confession de r~»ction finale du péché.

'.RT. IV. De la multiplication des péchés dans un seul acte, et du scandale.

J'en dis an mosme des péchés desquels la malice se peut redoubler et multiplier en une seule action. Par exemple, ceîuy qui dérobe un escu fait un péché , et celuy qui en derobe deux ne fait aussi qu'un péché ; et tout de mesme espèce ; mais toutefois la malice de ce second péché est double au prix du premier. De mesme il se peut faire qu'avec un mauvais exemple on scandalisera une seule personne , et avec un autre mauvais exemple de mesme espèce on en scandalisera trente ou quarante; et n'y a point de proportion en l'un et en l'autre péché. C'est pourquoy il faut particulariser, tant qu'il se peut bonnement faire, la quantité de ce qu'on adesrobé, et des gens qu'on a scandalisés par une seule action ; et ainsi consécutivement des autres péchés, desquels îa malice croist et decroist selon la quantité de l'objet et de la matière

A AT. V. Des désirs et des péchés de pure volonté.

Encore faut-il pénétrer plus avant , et examiner le pénitent touchant les désirs et volontés purement intérieurs, comme seroit s'il a désiré ou voulu faire qucilque vengeance, det'honnesteté , ou semblables choses ; <^ar ces mauvaises affections sont péché.

Art. VI. Des péchés de pensées volontaires ou deliherées.

' ïl faut passer plus outre , et esplucher les mauvaises pensées , encore qu'elles n'ayent esté suivies de désirs et

:'7o In voîoTité. Par exemple, ce! ti y qui prend playsir à p('nsvv en sov-mesnie à la mort, ruine et desastre de son enfiemv , encore qu'il ne désire point tels effets , néanmoins, s'il a volontairem-^nt et h son escient pris délectation et resjonissance en telles imagination? et pensées , il a péché contre la charité , et doit s'en accnser rigOTn^^i^sement. C'est tout de mesme de celoy qui volontairenx'.il a pris playsir aux pensées et imaginations des voluptés charnelles; car il a péché intérieurement contre la chasteté , dont il se doit .confesser, d'autant que s'il n'a pas voulu appliquer son corps

"au péché , il y a néanmoins appliqué son cœur et son ame : or, le péché consiste plus h l'application du cœur qu'à celle du corps; et n'est nullement loisible de prendre à son escient playsii' et contentemejit au péché, ny parles actions du corps, ny parcelles du cœur.

J'ay Hit , à son escient, d'autant que les mauvaises pen-

' sées qui îioiis arrivent contre nostre gré, ou sans que nous y prenions entièrement garde , ne sont nullement péchés , ou ne sont pas péchés mortels.

Art. vil. Des péchés d'autruy dont on est cause.

Outre tout cela , encore faut-il que le Pénitent s'accuse des péchés d'autruy, à l'exemple de David : car si par mauvais exemple ou autrement il a provoqué quelqu'un à pécher, il en est coupable ; et cela s'appelle proprement scandale.

Au contraire , il faut empescher le Pénitent de ne point nommer, ny donner à connoistre ses complices au péché , tant que faire se pourra.

CHAP. V. Du soin que doit avoir le Confesseur de ne point absoudre ceux qui ne sont point capables de )a grâce de Dieu.

Le Confesseur après cela doit connoistre si le Pénitent est capable de recevoir l'absolution , laquelle ne doit estre coaf'erée à certaines sortes de personnes, desquelles je vouspro-

nf^^'ornv nnolqn's exemples, qui vous servironl de lumières pour îoiiL l(? l'esie.

Art j. Des excommuniés.

Ceux qui sont euexcommunicdtion majeure, le Confesseuiîie les en peut absoudre sans l'autorité duSupérieui',sinûti qu'elle i\e t'ust point réservée par iceluy.

Art. II. Des personne.s qui ont des cas réserves.

Item , ceux %\{\ ont quelque péché réservé au Pape , ou à l'Evesque , ne peuvent estre absous sans leur autorité : il les faut donc renvoyer à ceux qui ont pouvoir, ou bien les faire attendre jusques à ce qu'on Fait obtenu, si cela se peut ayséinent.

Art. .^ri. De ceux ^i sont dans le cas de quelque restiti'''ion ou reparatioôL

Item y les faussaires, faux tesmoins, larrons, usuriers, usurpateurs , détenteurs des biens , tiltres , droits et honneurs d'autruy ; et de mesme les détenteurs de legs pieux , an mosnes, primes , décimes , plaideurs iniques , calomniateurs, détracteurs; et gei^eralement tous ceux qui tiennent tort au prochain , ne peuvent estre absous , s'ils ne font réparation du tort 'ît dommage en la meilleure façon que faire se pourra ; ati moins qu'ils promettent de satisfaire par effet.

Art. IV. Des personnes mariées qui font mauvais ménage ou qui soss^

séparées.

Item, les mariés qui vivent en dissension l un sans l'autre, ou qui ne veulent se rendre les devoirs du mariage , ne doivent estre absous, pendant qu'ils t^erseverent cji cette mauvaise volonté.

Art. V. Des Ecclésiastiques pourvcus de bénéfice? contre les régies, et de ce»>or. qui ne s'acquittent pas fie \ey^^ «J^voir».

Les Ecclésiastiques mal pourr«us de letaïAs .Wnefiôe^, ô«

DS S. FRA-VÇSTS DE î^ràLEâ.'

qui en ont d'incumpatibles sans légitime dispense, on qm n»î résident pas sans suffisantes excuses . ou qui font mestier àe ne point dire rOffice, et ne se vestir eccîesiastiquement; t®us '•«ux-îà ne doivent estrs absous, qu'ils n^ pïioinsttent d'y mettre ordre , et corriger tous ces défauts.

Art. VI. De ceux qui sont dans des h^oitudes criminelles.

Ifem, les concubinaires , adultères, yvrognes, ne doivei^ estre absous, s'ils ne tesmoignent un ferme propos, noii seulement de laisser leurs péchés, mais aussi de quitter les occasions d'iceux, comme sont aux concubinaires ei adultères leurs garces, lesquelles ils doivent esîoigner d'e-ux; aux yvrognes les tavernes , aux blasphémateurs les jeux : c« qui s'entend de ceux qui font coutume de tels péchés.

Abt. vu. Des personnes qui ont des rancunes ou des inimitiés.

Eniin , les querelleurs qui ont des rancune* et inimitiés » ne peuvent recevoir l'absolution s'ils ne veulent de leur costé pardonner et se reconcilier avec leurs ennemis.

CHAP. VI. De la prudence avec laquelle il faut ordonner les restitutioos

et les réparations d'honneur.

Apres donc que le Confesseur a bien connu Testât de là conscience du Pénitent, il doit disposer et ordonner ce qu'U voit estre nécessaire pour rendre capable de la grâce de Dieu, tant en ce qui concerne la restitution du W a d'autruy, et la réparation des torts et injures qu'il a faites , comme aussi en ce qui regarde l'amendement de sa vie , et fuite ou esloignement des occasions.

Art. I. Qu'il faut ménager la réputation /3u Pénitent.

Et pour le regard des réparations et restitutions que l'on doit faire au prochain , il faut trouver moyen , s'il est possible , de les faire secrettement , sans que le Pénitent puisse «stre diffamé ; et par ainsi , si c'est un larcin , il le faut faire

rendre , ou choses équivalentes , par quelque personne discreUe, qui ne nomme ni décelé en aucune façon le restituant. Si c'est une fausse accusation ou imposture , il faut procurer dextrement. que le Pénitent donne , sans en faire semblant, contraire impression à ceux devant lesquels il avoit commis ia faute , disant le contraire de ce qu'il avoit dit, sans faire semblant d'autre chose.

Art. II. Des conjonctures où la réparation est plus difficile.

Mais quant aux usures , faux procès et autres semblables embrouillements de conscience , il est besoin d'en ordonner ]es réparations avec une exquise prudence , de laquelle si le Confesseur ne se trouve pas pourveu suffisamment , il doit doucement demander au Pénitent quelque loisir pour y penser, puis s'addresser aux plus doctes, comme sont les députés des quartiers, lesquels , si le cas le mérite , prendront nostre avis ou de nostre Vicaire gênerai.

Mais sur toutes choses , il faut prendre garde que ceux desquels on prend le conseil, ne puissent en façon quelconque connoistre ou deviner le Pénitent, si ce n'est par son congé tres-exprés : encore ne le faut-il faire avec son congé, si ce n'est pas une grande nécessité , et qu'il en prie le Confesseur hors ei après la confession.

CHAP. VII. Qui sont les cas réservés au Pape, et ceux du Diocèse de Genève. Deux règles à observer à l'égard des Penitens qui ont des reserves.

Art. I. Des cas réservés au pape.

Or, les cas réservés à sa Sainteté sont en assez grand nombre ; mais néanmoins la plus part sont tels , qu'ils n'adviennent presque point deçà les Monts ■ et quant à ceux qui peuvent arriver, ils ne sont pas en granù nombre. Il y en a cinq hors la Bulle in Cœiia Domini.

1 . ïuer ou frapper griefvement une personne Ecclésiastique ; parce que , quand le coup est léger et le mal de peu U'importance , il peut estre absous par l'Evesque ; sinon que

Ip roT7p , quoy que léger de soy-mesme , fust grandemeiît ficandaîeiix, comme par exemple , estant dc/nné à un Prestie faisant TOffice, ou en un lieu et compagnie de grand respect et conDÎder.^ble.

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